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26/07/2017

Accord Chine-Vatican : le manifeste communiste du pape François .

 

Un futur accord entre le Vatican et la Chine se profile à l’horizon. Le cardinal émérite de Hong Kong, Joseph Zen, a témoigné plusieurs fois de son opposition envers ce qu’il considère une livraison pieds et mains liés de l’Église catholique au gouvernement communiste chinois.

Ses avertissements n’ont malheureusement pas d’incidence sur la Realpolitik redéfinie par le pape François : d’accord entre les deux parties il est de plus en plus question dans les milieux romains bien en cour à Sainte-Marthe. Animé par l’idéologie du dialogue, moyen de parvenir à un consensus résultat de volontés que l’on suppose non contraintes, consensus qui peut s’avérer nécessaire en politique mais est plus que funeste en religion, puisque cela implique d’abandonner des positions dogmatiques pour complaire à l’autre, Jorge Maria Bergoglio, depuis qu’il est sur le trône pétrinien, veut se rallier tout le monde, rouges marxistes persécuteurs de chrétiens compris. Il est prêt à bien des compromis pour parvenir à « l’harmonie de l’entière société» chinoise, quitte à obliger l’Église catholique à accepter les dogmes sino-communistes.

Un éloquent article du père Joseph You Guo Jiang, membre de la communauté jésuite chinoise, paru récemment sur La Civiltà Cattolica du père Antonio Spadaro, démontre que ce rapprochement entre la Rome bergoglienne et la Chine marxiste avance à grand pas en souscrivant l’abandon officiel de la structure de l’Église catholique aux mains du Parti communiste chinois. Revue des jésuites, La Civiltà Cattolica est la seule publication à être relue par la Secrétairerie d’État du Saint-Siège et à en obtenir l’approbation avant d’être imprimée. C’est dire à quel point elle est la voix de son maître au Vatican. Le « manifeste » du père Jiang, publié avec le sceau vaticanesque, reconnaissant sans hésitation aucune le rôle exclusif, en Chine, de l’idéologie et du parti communiste chinois avec lesquels l’Église doit s’accorder, pourrait donc bien être perçu comme une «profession de foi» communiste de François.

Sur le site web italien, Gli occhi della guerra, le journaliste Roberto Vivaldelli fait une critique pertinente de cet éditorial du père Joseph You Guo Jiang, dont voici ci-dessous la traduction intégrale :

« Le pape François prépare le tournant par rapport à la République Populaire de Chine au nom d’une nouvelle distinction, écrit Roberto Vivaldelli. Le Vatican s’ouvre historiquement à Pékin et au Parti Communiste Chinois. « A l‘époque de la globalisation, la société et les Chinois sont devenus plus ouverts et tolérants envers l’Église catholique, observe le père Joseph You Guo Jiang. Dans certaines régions, la vie et la pratique religieuse ont grandi. Le gouvernement et la société chinoise apprécient le rôle et la fonction des groupes religieux et leur importante contribution envers les services sociaux. »

L’Église catholique pourrait s’ouvrir et traiter avec le gouvernement : « Puisque la Chine a des caractéristiques qui la distinguent du reste du monde, souligne le père Jiang, l’Église catholique chinoise doit apprendre à vivre avec la culture locale et à traiter avec l’autorité politique. En d’autres termes, tout en maintenant sa propre identité, l’Église est appelée à développer une Église catholique chinoise aux traits chinois. Pour cela l’Église devrait adopter de nouvelles stratégies pour toucher le plus grand nombre de personnes, pour dialoguer et communiquer dans une société toujours plus sécularisée. »

Selon le vaticaniste Piero Schiavazzi, dans un article paru sur l’Huffpost, « de quelque manière que nous le lisions, il s’agit d’un tournant. Si Ratzinger, avec sa lettre de 2007 aux catholiques chinois, ouvrait les portes à la collaboration avec le gouvernement, le manifeste de Civiltà Cattolica les ouvre à celle avec le parti. La reconnaissance du rôle de guide du Politburo de la part du Siège Apostolique représente un red carpet chromatique et diplomatique, sur lequel Pékin, de façon inopinée, avance avec des cadences policières mais que le Pontife s’obstine néanmoins à étendre, avec une tapageuse mise en pratique géopolitique du « Tends l’autre joue » ».

Le tournant, éclatant, dans les relations diplomatiques avec le Parti Communiste est invoqué par le père Joseph You Guo Jiang lui-même. Ce qui ne signifie pas en épouser l’idéologie mais en reconnaître l’autorité : « Tant que la Parti Communiste chinois restera le seul parti de gouvernement, le marxisme continuera à être la référence idéologique de la société, souligne-t-il. Donc l’Église catholique chinoise est appelée à redéfinir son rôle et ses relations avec le Parti Communiste et avec son idéologie. Cela ne signifie pas être d’accord avec la politique et avec les valeurs du parti, mais plutôt qu’elle doive trouver des solutions flexibles et efficaces pour continuer sa mission et son ministère en Chine. » Une ouverture impensable il y a seulement quelques années.

Officiellement, le Saint-Siège entretient des relations officielles avec environ 180 pays dans le monde. Son réseau diplomatique s’est notablement agrandi sous le pontificat de Jean-Paul II, en passant de 84 pays à 174 à la fin de son règne. Le Vatican a établi des rapports officiels aussi avec Taïwan, tandis qu’il n’a pas de relations avec la Chine, l’Arabie Saoudite, le Vietnam, l’Afghanistan et la Corée du Nord. Le pape François est-il prêt au tournant diplomatique ? » conclut Roberto Vivaldelli. (Traduction de Francesca de Villasmundo)

Si tournant diplomatique il devait y avoir pour le Saint-Siège vis-à-vis de la Chine communiste et si l’on saisit le message délivré par le père jésuite Joseph You Guo Jiang avec l’imprimatur du Vatican, cela irait donc de pair avec une volte-face idéologique vis-à-vis du Parti Communiste chinois, reconnu ainsi comme partenaire valable de cette fameuse harmonisation sociale désirée par le pape régnant. En clair cela entraînera une dépendance, avec la bénédiction du pape François, de l’Église catholique et des fidèles envers le Parti Communiste et son idéologie… Afin que « une fois instauré ce dialogue, écrit le père Jiang, l’Église catholique et la société chinoise ne s’affrontent plus. »

Ce dialogue n’est en fait qu’un dialogue de traîtres et de faux-frères puisqu’il signe le reniement et le lâchage par le Vatican actuel de l’Église clandestine chinoise et de ses martyrs qui ont résisté et résistent encore au rouleau compresseur marxiste de la République populaire de Chine.

On comprend donc toujours plus l’opposition ferme du cardinal Joseph Zen, qui a connu la persécution communiste à cause de son engagement contre le régime maoïste chinois, à tout accord entre le Vatican et la Chine marxiste, ralliement vu comme une trahison du Christ ! Et on s’associe à son cri de douleur lancé au pape François : « Maintenant nous allons mourir des mains de notre Père. »

Francesca de Villasmundo

 

31/05/2017

Comment relever la France ?

Dans un entretien au Parisien, le 28 mai, François Baroin, chef de file des Républicains pour les législatives, a évoqué un possible « partage de responsabilités » avec Emmanuel Macron en cas de victoire de la “droite” parlementaire aux élections des 11 et 18 juin. Une hypothèse fort improbable, les différents sondages accordant une majorité absolue en sièges à la République en marche. Toujours est-il que le sénateur-maire de Troyes a cru bon de préciser qu’en cas de victoire de son parti, le terme de “cohabitation” ne serait pas le plus adapté. « Ce serait différent » mais « cela n’aura rien de conflictuel ». « Certains parlent de covoiturage, ajoute le franc-maçon Baroin, mais c’est un terme impropre aux institutions. Il s’agit en tout cas d’un partage de responsabilités ». On a connu opposition plus franche à l’égard de l’exécutif. La vérité, c’est que rien sur l’essentiel ne peut indisposer les Républicains dans les orientations du nouveau chef de l’Etat. « Si nous avons la majorité absolue, c’est notre projet qui sera mis en œuvre » assure Baroin au Parisien. Mais en quoi le projet des Républicains est-il fondamentalement différent de celui de la République en marche ? La seule différence perceptible se situe sur le plan de la technique fiscale : là où le chef de l’Etat entend augmenter la CSG, les Républicains préfèrent relever le taux de TVA. Jamais il n’a été aussi patent qu’aujourd’hui que la droite et la gauche de gouvernement font exactement la même politique, servent les mêmes intérêts, obéissent aux mêmes cénacles, sortent des mêmes écoles, ont un cursus analogue et de semblables objectifs. L’on a fait croire depuis des décennies en l’existence de profondes divergences entre le centre gauche et le centre droit alors qu’il s’agit d’une complète imposture. Aujourd’hui en Macronie les choses ont-elles au moins le mérite d’être claires.

Mais allons plus loin. Existe-t-il encore dans notre pays une droite authentique ? Et sinon est-il possible de la reconstruire ? L’hebdomadaire Valeurs actuelles consacre un long dossier dans son numéro du 25 mai à ce sujet (« comment sauver la droite », tel est le titre de couverture), exhorte « la droite conservatrice à se réinventer » après la victoire du macronisme et s’interroge sur une droite déstabilisée par le triomphe du nouveau président, « fragilisée par un gouvernement d’ouverture qui séduit jusque dans son camp » et qui n’a donc « jamais eu autant besoin de repenser ce qui la constitue et la distingue de ses adversaires ». C’est qu’en vérité tous les partis aujourd’hui ne font que de l’économisme, y compris ceux que les media qualifient de droite et d’extrême droite. La campagne de François Fillon a ainsi été centrée sur la nécessité de réduire les dépenses et les déficits tandis que celle de Marine Le Pen était principalement axée sur la sortie de l’euro et la lutte contre l’austérité imposée par Bruxelles. Or, la conduite d’un peuple et d’une nation ne saurait se limiter aux seules questions économiques, à des affaires d’intendance, aussi importantes soient-elles. 

 

Le grand anthropologue Georges Dumézil a mis en évidence dans ses travaux érudits la tripartition au sein des sociétés indo-européennes. Ces sociétés traditionnelles distinguaient en effet l’activité en trois fonctions politiques correspondant aux domaines religieux, guerrier et économique. On distinguait dans l’organisation sociale les oratores (ceux qui prient), les bellatores (ceux qui combattent) et les laboratores (ceux qui travaillent). Or, explique Dumézil, dans ces sociétés, les fonctions de direction sont occupées par ceux qui prient et ceux qui combattent. Le troisième ordre, qui correspond aux forces de production, est certes nécessaire mais il est strictement soumis aux deux autres ordres, plus élevés, plus nobles. Tel n’est plus le cas dans nos sociétés modernes où Mammon a tout envahi, où domine sans frein le règne de l’argent et où tous les principes, valeurs et institutions traditionnels sont bafoués, détruits, ébranlés, subvertis, minés de l’intérieur. Aucune formation politique en France (mais cela vaut aussi pour les autres pays occidentaux) ne défend des principes intangibles, des valeurs objectives et transcendantes. 

Dans un entretien au Figaro, le 18 avril, soit cinq jours avant le premier tour, Marine Le Pen affirmait que « l’enjeu de cette présidentielle est un enjeu de civilisation ». Mais de quelle civilisation parlait-elle ? Et en quoi la candidate du Front national défend-elle plus que ses concurrents la civilisation, elle qui est pour le droit à l’avortement et son remboursement à 100 %, elle qui défend bec et ongle la laïcité républicaine dans sa version la plus rigoriste, elle qui s’est dite émue par le long hommage rendu au policier Xavier Jugelé par son concubin homosexuel lors de la cérémonie organisée à sa gloire par François Hollande ? Sur la question des valeurs morales et familiales il n’y avait notoirement aucune différence entre les deux finalistes qui ne divergeaient que sur les conséquences légales et quant à l’état civil des GPA (gestations pour autrui) faites à l’étranger ! Sur tout le reste ils sont d’accord : l’avortement et la pornographie de masse, les unions homosexuelles, le divorce par consentement mutuel, l’extension du Pacs, etc. Et l’on pourrait en dire de même de Fillon. On nous a présenté l’ex-député de la Sarthe comme un catholique conservateur attaché aux valeurs familiales et morales alors qu’en réalité Fillon est un tartuffe. Comme parlementaire, à l’occasion des 40 ans de la loi Veil dépénalisant l’avortement, il a voté, le 26 novembre 2014, une résolution pour « réaffirmer le droit fondamental à l’IVG en France et en Europe ». Et le débat de l’entre-deux-tours des primaires entre Fillon et Juppé a montré qu’ils étaient aussi décidés l’un que l’autre à maintenir en tous points le massacre industriel des enfants à naître dans notre pays et tous les droits accordés aux invertis, y compris le droit à l’adoption d’enfants. La seule nuance étant que Fillon était pour un droit à l’adoption simple et Juppé pour un droit à l’adoption plénière ! Quant à Sarkozy, il avait affirmé, dès la campagne présidentielle de 2002, que la droite parlementaire avait eu tort de s’opposer au Pacs, qu’il fallait vivre avec son temps et ne pas être ringard. 

 

La vérité, c’est qu’il n’y a plus de droite en France, et cela déjà depuis de longues décennies. Et cela s’explique par l’effondrement sociologique du catholicisme, la perte générale de la foi, l’apostasie universelle depuis au moins demi-siècle désormais. Même si naguère les gens se réclamant de la droite n’étaient pas tous des catholiques pratiquants et fervents, la droite historiquement a toujours défendu la morale catholique, la loi naturelle, le Décalogue. Elle défendait l’institution du mariage (entre un seul et même homme avec une seule et même femme, cela va sans dire), les familles nombreuses, s’opposait donc résolument à la contraception et à l’avortement. Elle professait, avec le maréchal Pétain, que la nation est « une famille de familles » et qu’il est vain d’assurer la grandeur, la pérennité, la vitalité, la permanence d’un peuple et d’une nation sans familles solides, nombreuses et homogènes, sans l’apprentissage et la consolidation des vertus domestiques, sans une stricte moralité, sans une acceptation joyeuse de l’effort et du dévouement, sans le souci permanent de la transmission et du dépassement de soi, sans le sens de l’honneur et des responsabilités, sans le respect des engagements, de la parole donnée, sans lutte implacable contre les égoïsmes destructeurs et l’individualisme mortifère, sans stabilité des couples, des foyers, des familles, sans élévation de l’âme. Mais comment peut-on continuer à adhérer de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces à une morale exigeante, à des principes intangibles dans le cadre d’un athéisme et d’un agnosticisme de masse ? Dostoïevski le disait déjà : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis. » 

Autrefois, même les non-croyants étaient imprégnés, comme malgré eux, par des réflexes et une vision du monde catholiques. Même si l’on n’allait pas à l’église tous les dimanches, il y a des choses qu’on ne faisait pas, qu’on ne se permettait pas. On ne se séparait pas, on était pudique, on s’habillait décemment, on répugnait à la vulgarité et à la grossièreté, on attachait de l’importance à la politesse, on était fidèle à ses engagements, à ses promesses et on se serait senti déshonoré si l’on avait manqué à sa parole. Aujourd’hui même de nombreuses personnes qui se réclament du catholicisme se comportent et vivent dans les faits comme si elles ne l’étaient pas, n’hésitent pas à mentir, à tricher, à tromper leur prochain, à violer sans cesse dans leur vie privée ou professionnelle les principes qu’elles sont censées défendre. Certes l’homme est imparfait et l’on ne fait pas toujours le bien que l’on voudrait faire mais une chose est la faiblesse humaine, une autre est l’absence totale de convictions, de certitudes et de principes directeurs. Et cela ne concerne pas que les laïcs. Lorsque l’on prétend combattre le modernisme, cet égout collecteur de toutes les hérésies, comme le disait saint Pie X, on ne négocie pas avec les usurpateurs modernistes une place au soleil, on ne trahit pas le combat de la foi par soudaine lassitude, intérêt sordide, odieux chantage ou sotte naïveté. 

Compte tenu du degré de corruption inouïe, de prévarications tous azimuts de notre époque où toutes les digues, tous les verrous, tous les tabous, même les plus immémoriaux et les plus justifiés, ont sauté, on peut se demander dans quelle mesure il existe encore des chefs que l’on peut suivre et des structures saines auxquelles l’on peut se rattacher. A qui peut-on encore faire confiance ? N’est-on pas sans cesse trahi, trompé, manipulé ? On l’oublie souvent mais un chef ne se décrète pas, il se sécrète. Notre société décomposée, putréfiée, atomisée, est-elle encore en état d’en sécréter, tant d’ailleurs sur un plan politique que religieux, temporel que spirituel ? Ne nous propose-t-on pas aujourd’hui que des solutions qui n’en sont pas, des chefs autoproclamés parfaitement indignes, des hommes faisandés, des marchandises avariées, des dirigeants corrompus, sans principe, sans colonne vertébrale, sans conviction, sans idéal ? Faut-il d’ailleurs que l’extrême droite elle-même (ou ce qui en tient lieu) soit tombée bien bas pour que la plupart de ses militants, de ses publications, de ses mouvements aient placé leurs espérances en une Marine Le Pen parée de toutes les vertus, au point qu’on ait parfois vu en cette virago sans foi ni loi une nouvelle Pucelle .

 

Oui, la question reste entière. Comment reconstruire un pays, redonner sens à la vie, développer un projet collectif mobilisateur si l’on ne croit plus en rien, si tout se vend et tout s’achète, si seules les valeurs qu’on défend sont mobilières, si le matérialisme et l’hédonisme sont l’horizon indépassable de la vie sur terre, si l’on est coupé de ses racines, de sa foi, de son terroir, si plus rien n’a de sens, si un homme et une femme c’est pareil, si un homosexuel, un transsexuel ou un hétérosexuel sont parfaitement interchangeables ? Et comment faire de ses enfants de bons et vrais fils de France si soi-même l’on est vide, si l’on change de partenaire comme de chemises, si l’on a divorcé trois ou quatre fois, si l’on vit dans la débauche et le mensonge, si l’on est sans foi ni loi, si l’on se gave de télévision et de vidéos ? Comment faire pour qu’ils ne soient pas un jour dépendants de la drogue ou de la pornographie ? Comment faire pour qu’ils construisent un foyer stable et aimant ? Comment conserver et transmettre un héritage, ce qui est le fondement du nationalisme, si soi-même l’on est vide, si l’on est tout sauf un exemple, sauf une référence ? On n’aime et on n’imite que ceux que l’on estime, que ceux que l’on admire. Et l’enfant qui grandit doit pouvoir trouver chez son père et chez sa mère des modèles à imiter, fussent-ils imparfaits. Or l’expérience prouve qu’il ne suffit pas de se dire de droite ou d’extrême droite, même la plus radicale, même apparemment la plus intransigeante, pour être quelqu’un de moralement estimable et recommandable. Nous avons ainsi connu des gens décorés de la flamme d’honneur du Front national et qui, dans leur vie professionnelle et familiale, se comportaient comme les pires des ordures et n’avaient nul souci du bien commun. Comme quoi l’habit ne fait pas le moine. 

De même, l’on s’aperçoit que ceux qui sont souvent les plus en pointe contre l’immigration de masse, qui n’ont aux lèvres que la défense acharnée de la race blanche sont tout à coup beaucoup moins enthousiastes quand il s’agit de se marier et de fonder une famille nombreuse, l’un des remèdes pourtant au Grand Remplacement. Car eux aussi veulent profiter de la vie, pouvoir s’éclater en boîte de nuit, ce qui, il est vrai, est assez peu compatible avec une vie de famille ! De même qu’il est difficile de reprocher aux mahométans d’avoir des convictions religieuses lorsque l’on n’en a soi-même aucune, de même est-il audacieux de reprocher à d’autres peuples et d’autres races d’être prolifiques et d’avoir une grande vitalité lorsque soi-même l’on a fait sciemment le choix de la stérilité. Qu’il faille inverser le courant de l’immigration est certes une impérieuse nécessité (et à cet égard il serait bon de réfléchir à des solutions réalistes et crédibles, ce qui manque cruellement, car ce n’est pas là une mince affaire), mais il est vain de croire que l’on peut redresser une nation sans une profonde remise en question de modes de vie et de pensée parfaitement suicidaires.

 

13/05/2017

La très sainte Vierge Marie l’a demandée à Fatima… La consécration de la russie : faite ou pas faite ?

 

 

 

La demande exacte de Notre Dame

Après avoir annoncé, le 13 juillet 1917, à Fatima, qu’elle « viendrait demander la consécration de la Russie à (son) Cœur Immaculé », Notre Dame apparut à Lucie, à Tuy, le 13 juin 1929, pour venir lui demander de transmettre au Saint Père cette demande.

La voyante donna des précisions supplémentaires, sur cette demande, dans deux lettres adressées au Père Gonçalves, son confesseur, en mai et juin 1930: «Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice (des premiers samedis)». (1)

Ces lignes indiquent les conditions requises pour accomplir la demande de Notre Dame :

  1. Il doit s’agir d’un acte solennel et public, effectué à la face de toute l’Eglise et du monde entier de manière claire et nette, excluant toute ambiguïté.
  2. Il est demandé un acte de réparation et de consécration de la Russie, c’est-à-dire que l’esprit de réparation, si présent dans l’ensemble du message de Fatima, doit totalement imprégner cet acte.
  3. La Russie doit être l’objet précis et unique de cette consécration.
  4. Le Saint Père doit engager son autorité suprême de chef de l’Eglise universelle, non seulement en faisant cet acte, mais en ordonnant à tous les évêques catholiques du monde de le faire avec lui.
  5. Enfin, le Saint Père doit promettre de promouvoir la dévotion réparatrice envers le Cœur Immaculé de Marie.

 

Les trois bienfaits attachés par Notre Dame à l’acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie q’elle venait demander

Notre Dame, dans son secret du 13 juillet 1917, a attaché l’obtention de trois grandes grâces à l’acte de réparation et de consécration de la Russie à son Cœur Immaculé :

1°) la conversion de la Russie à la foi catholique;
2°) un certain temps de paix dans le monde;
3°) le salut éternel de beaucoup d’âmes.

 

Les différents actes de consécration au Cœur Immaculé de Marie, effectués par les Papes, ont-ils correspondu à la demande de Notre Dame ?

Le Pape Pie XI (1922-1939) : Il refusa de faire l’acte demandé par Notre Dame à Tuy, à tel point que le Ciel s’en plaignit, Notre Seigneur adressant ces terribles paroles à Sœur Lucie (révélation de Rianjo, août 1931) :
« Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.» (2)

Le Pape Pie XII (1939–1958) : Devant la grande calamité de la Seconde Guerre mondiale, il fit une consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, le 31 octobre 1942. Voici ce qu’a écrit le grand spécialiste de Fatima, le Père Alonso, à ce sujet : « Cet acte n’était pas la consécration singulière de la Russie et il n’avait pas été réalisé avec tous les évêques du monde. (…) La consécration qui aurait tout obtenu, et d’une manière éminente, eût été la consécration de la Russie » (3).
Le 7 juillet 1952, Pie XII consacrait et vouait « d’une manière très spéciale tous les peuples de la Russie au Cœur Immaculé de Marie », dans la Lettre Apostolique « Sacro Vergente Anno ». Mais ce n’était pas un acte solennel et public, aucun acte de réparation n’y était joint et Pie XII n’avait pas ordonné aux évêques de s’unir à lui.

Les Papes Jean XXIII (1958-1963) et Paul VI (1963-1978) n’ont effectué aucun acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Le Pape Jean-Paul II (1978-2005) a fait deux actes d’offrande du monde au Cœur Immaculé de Marie. Le premier eut lieu le 13 mai 1982 à Fatima. Dès le lendemain, Sœur Lucie faisait savoir que cet acte ne correspondait pas à ce qu’avait demandé Notre Dame, car le Pape n’avait pas ordonné aux évêques de s’unir à lui, et que la Russie n’avait pas été l’objet de cet acte. Or, Dieu voulait « la consécration de la Russie et uniquement de la Russie, sans aucune adjonction ». (4)

Le second eut lieu le 25 mars 1984, à Rome: le texte était à très peu de choses près le même que celui de 1982, mais Jean Paul II avait informé les évêques du renouvellement de l’acte de 1982, sans toutefois leur ordonner de s’unir à lui.

Jusqu’en 1989, Sœur Lucie répéta souvent, dans ses parloirs, que la consécration demandée par Notre Dame n’avait pas été faite. Ainsi elle affirma, en mai 1989, au cardinal Law, archevêque de Boston: « Le Saint Père considère qu’elle a été faite, faite au mieux des possibilités dans les circonstances. Faite sur le chemin étroit de la consécration collégiale qu’elle a demandée et qu’elle désirait? Non, cela n’a pas été fait.» (5)

A partir de 1989, le Vatican exerça une pression formidable sur Sœur Lucie pour lui faire dire que l’acte de 1984 correspondait à la demande de Notre Dame. Il semble que la voyante ait cédé à cette pression. Pourtant, dans son dernier livre, «Appels du Message de Fatima», paru en 2000, Sœur Lucie ne parle absolument pas de la Russie et de la question de sa consécration: silence éloquent et révélateur, qui montre son désaccord avec la position du Vatican. En revanche, elle montre clairement l’absence complète, dans le monde actuel, des deux grandes grâces attachées à cette consécration:

1°) Absence totale de la paix dans le monde: la description du monde actuel qu’elle fait ne laisse aucun doute à ce sujet, et montre la persistance, parmi les gouvernants, d’un fol orgueil qui provoque « toujours plus de sang répandu, sang qui forme une mer dans laquelle ils noient les peuples » (6).

2°) Au sujet du salut éternel de beaucoup d’âmes, Sœur Lucie ne semble guère optimiste, en particulier lorsqu’elle débute les chapitres 29 et 32 où elle traite des sixième et neuvième commandements de Dieu. (7)

La conclusion logique s’impose donc d’elle-même : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, telle que Notre Dame l’a demandée à Fatima en 1917, puis à Tuy en 1929, n’a été faite par aucun pape jusqu’à ce jour.

Abbé Fabrice Delestre.