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31/05/2017

Comment relever la France ?

Dans un entretien au Parisien, le 28 mai, François Baroin, chef de file des Républicains pour les législatives, a évoqué un possible « partage de responsabilités » avec Emmanuel Macron en cas de victoire de la “droite” parlementaire aux élections des 11 et 18 juin. Une hypothèse fort improbable, les différents sondages accordant une majorité absolue en sièges à la République en marche. Toujours est-il que le sénateur-maire de Troyes a cru bon de préciser qu’en cas de victoire de son parti, le terme de “cohabitation” ne serait pas le plus adapté. « Ce serait différent » mais « cela n’aura rien de conflictuel ». « Certains parlent de covoiturage, ajoute le franc-maçon Baroin, mais c’est un terme impropre aux institutions. Il s’agit en tout cas d’un partage de responsabilités ». On a connu opposition plus franche à l’égard de l’exécutif. La vérité, c’est que rien sur l’essentiel ne peut indisposer les Républicains dans les orientations du nouveau chef de l’Etat. « Si nous avons la majorité absolue, c’est notre projet qui sera mis en œuvre » assure Baroin au Parisien. Mais en quoi le projet des Républicains est-il fondamentalement différent de celui de la République en marche ? La seule différence perceptible se situe sur le plan de la technique fiscale : là où le chef de l’Etat entend augmenter la CSG, les Républicains préfèrent relever le taux de TVA. Jamais il n’a été aussi patent qu’aujourd’hui que la droite et la gauche de gouvernement font exactement la même politique, servent les mêmes intérêts, obéissent aux mêmes cénacles, sortent des mêmes écoles, ont un cursus analogue et de semblables objectifs. L’on a fait croire depuis des décennies en l’existence de profondes divergences entre le centre gauche et le centre droit alors qu’il s’agit d’une complète imposture. Aujourd’hui en Macronie les choses ont-elles au moins le mérite d’être claires.

Mais allons plus loin. Existe-t-il encore dans notre pays une droite authentique ? Et sinon est-il possible de la reconstruire ? L’hebdomadaire Valeurs actuelles consacre un long dossier dans son numéro du 25 mai à ce sujet (« comment sauver la droite », tel est le titre de couverture), exhorte « la droite conservatrice à se réinventer » après la victoire du macronisme et s’interroge sur une droite déstabilisée par le triomphe du nouveau président, « fragilisée par un gouvernement d’ouverture qui séduit jusque dans son camp » et qui n’a donc « jamais eu autant besoin de repenser ce qui la constitue et la distingue de ses adversaires ». C’est qu’en vérité tous les partis aujourd’hui ne font que de l’économisme, y compris ceux que les media qualifient de droite et d’extrême droite. La campagne de François Fillon a ainsi été centrée sur la nécessité de réduire les dépenses et les déficits tandis que celle de Marine Le Pen était principalement axée sur la sortie de l’euro et la lutte contre l’austérité imposée par Bruxelles. Or, la conduite d’un peuple et d’une nation ne saurait se limiter aux seules questions économiques, à des affaires d’intendance, aussi importantes soient-elles. 

 

Le grand anthropologue Georges Dumézil a mis en évidence dans ses travaux érudits la tripartition au sein des sociétés indo-européennes. Ces sociétés traditionnelles distinguaient en effet l’activité en trois fonctions politiques correspondant aux domaines religieux, guerrier et économique. On distinguait dans l’organisation sociale les oratores (ceux qui prient), les bellatores (ceux qui combattent) et les laboratores (ceux qui travaillent). Or, explique Dumézil, dans ces sociétés, les fonctions de direction sont occupées par ceux qui prient et ceux qui combattent. Le troisième ordre, qui correspond aux forces de production, est certes nécessaire mais il est strictement soumis aux deux autres ordres, plus élevés, plus nobles. Tel n’est plus le cas dans nos sociétés modernes où Mammon a tout envahi, où domine sans frein le règne de l’argent et où tous les principes, valeurs et institutions traditionnels sont bafoués, détruits, ébranlés, subvertis, minés de l’intérieur. Aucune formation politique en France (mais cela vaut aussi pour les autres pays occidentaux) ne défend des principes intangibles, des valeurs objectives et transcendantes. 

Dans un entretien au Figaro, le 18 avril, soit cinq jours avant le premier tour, Marine Le Pen affirmait que « l’enjeu de cette présidentielle est un enjeu de civilisation ». Mais de quelle civilisation parlait-elle ? Et en quoi la candidate du Front national défend-elle plus que ses concurrents la civilisation, elle qui est pour le droit à l’avortement et son remboursement à 100 %, elle qui défend bec et ongle la laïcité républicaine dans sa version la plus rigoriste, elle qui s’est dite émue par le long hommage rendu au policier Xavier Jugelé par son concubin homosexuel lors de la cérémonie organisée à sa gloire par François Hollande ? Sur la question des valeurs morales et familiales il n’y avait notoirement aucune différence entre les deux finalistes qui ne divergeaient que sur les conséquences légales et quant à l’état civil des GPA (gestations pour autrui) faites à l’étranger ! Sur tout le reste ils sont d’accord : l’avortement et la pornographie de masse, les unions homosexuelles, le divorce par consentement mutuel, l’extension du Pacs, etc. Et l’on pourrait en dire de même de Fillon. On nous a présenté l’ex-député de la Sarthe comme un catholique conservateur attaché aux valeurs familiales et morales alors qu’en réalité Fillon est un tartuffe. Comme parlementaire, à l’occasion des 40 ans de la loi Veil dépénalisant l’avortement, il a voté, le 26 novembre 2014, une résolution pour « réaffirmer le droit fondamental à l’IVG en France et en Europe ». Et le débat de l’entre-deux-tours des primaires entre Fillon et Juppé a montré qu’ils étaient aussi décidés l’un que l’autre à maintenir en tous points le massacre industriel des enfants à naître dans notre pays et tous les droits accordés aux invertis, y compris le droit à l’adoption d’enfants. La seule nuance étant que Fillon était pour un droit à l’adoption simple et Juppé pour un droit à l’adoption plénière ! Quant à Sarkozy, il avait affirmé, dès la campagne présidentielle de 2002, que la droite parlementaire avait eu tort de s’opposer au Pacs, qu’il fallait vivre avec son temps et ne pas être ringard. 

 

La vérité, c’est qu’il n’y a plus de droite en France, et cela déjà depuis de longues décennies. Et cela s’explique par l’effondrement sociologique du catholicisme, la perte générale de la foi, l’apostasie universelle depuis au moins demi-siècle désormais. Même si naguère les gens se réclamant de la droite n’étaient pas tous des catholiques pratiquants et fervents, la droite historiquement a toujours défendu la morale catholique, la loi naturelle, le Décalogue. Elle défendait l’institution du mariage (entre un seul et même homme avec une seule et même femme, cela va sans dire), les familles nombreuses, s’opposait donc résolument à la contraception et à l’avortement. Elle professait, avec le maréchal Pétain, que la nation est « une famille de familles » et qu’il est vain d’assurer la grandeur, la pérennité, la vitalité, la permanence d’un peuple et d’une nation sans familles solides, nombreuses et homogènes, sans l’apprentissage et la consolidation des vertus domestiques, sans une stricte moralité, sans une acceptation joyeuse de l’effort et du dévouement, sans le souci permanent de la transmission et du dépassement de soi, sans le sens de l’honneur et des responsabilités, sans le respect des engagements, de la parole donnée, sans lutte implacable contre les égoïsmes destructeurs et l’individualisme mortifère, sans stabilité des couples, des foyers, des familles, sans élévation de l’âme. Mais comment peut-on continuer à adhérer de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces à une morale exigeante, à des principes intangibles dans le cadre d’un athéisme et d’un agnosticisme de masse ? Dostoïevski le disait déjà : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis. » 

Autrefois, même les non-croyants étaient imprégnés, comme malgré eux, par des réflexes et une vision du monde catholiques. Même si l’on n’allait pas à l’église tous les dimanches, il y a des choses qu’on ne faisait pas, qu’on ne se permettait pas. On ne se séparait pas, on était pudique, on s’habillait décemment, on répugnait à la vulgarité et à la grossièreté, on attachait de l’importance à la politesse, on était fidèle à ses engagements, à ses promesses et on se serait senti déshonoré si l’on avait manqué à sa parole. Aujourd’hui même de nombreuses personnes qui se réclament du catholicisme se comportent et vivent dans les faits comme si elles ne l’étaient pas, n’hésitent pas à mentir, à tricher, à tromper leur prochain, à violer sans cesse dans leur vie privée ou professionnelle les principes qu’elles sont censées défendre. Certes l’homme est imparfait et l’on ne fait pas toujours le bien que l’on voudrait faire mais une chose est la faiblesse humaine, une autre est l’absence totale de convictions, de certitudes et de principes directeurs. Et cela ne concerne pas que les laïcs. Lorsque l’on prétend combattre le modernisme, cet égout collecteur de toutes les hérésies, comme le disait saint Pie X, on ne négocie pas avec les usurpateurs modernistes une place au soleil, on ne trahit pas le combat de la foi par soudaine lassitude, intérêt sordide, odieux chantage ou sotte naïveté. 

Compte tenu du degré de corruption inouïe, de prévarications tous azimuts de notre époque où toutes les digues, tous les verrous, tous les tabous, même les plus immémoriaux et les plus justifiés, ont sauté, on peut se demander dans quelle mesure il existe encore des chefs que l’on peut suivre et des structures saines auxquelles l’on peut se rattacher. A qui peut-on encore faire confiance ? N’est-on pas sans cesse trahi, trompé, manipulé ? On l’oublie souvent mais un chef ne se décrète pas, il se sécrète. Notre société décomposée, putréfiée, atomisée, est-elle encore en état d’en sécréter, tant d’ailleurs sur un plan politique que religieux, temporel que spirituel ? Ne nous propose-t-on pas aujourd’hui que des solutions qui n’en sont pas, des chefs autoproclamés parfaitement indignes, des hommes faisandés, des marchandises avariées, des dirigeants corrompus, sans principe, sans colonne vertébrale, sans conviction, sans idéal ? Faut-il d’ailleurs que l’extrême droite elle-même (ou ce qui en tient lieu) soit tombée bien bas pour que la plupart de ses militants, de ses publications, de ses mouvements aient placé leurs espérances en une Marine Le Pen parée de toutes les vertus, au point qu’on ait parfois vu en cette virago sans foi ni loi une nouvelle Pucelle .

 

Oui, la question reste entière. Comment reconstruire un pays, redonner sens à la vie, développer un projet collectif mobilisateur si l’on ne croit plus en rien, si tout se vend et tout s’achète, si seules les valeurs qu’on défend sont mobilières, si le matérialisme et l’hédonisme sont l’horizon indépassable de la vie sur terre, si l’on est coupé de ses racines, de sa foi, de son terroir, si plus rien n’a de sens, si un homme et une femme c’est pareil, si un homosexuel, un transsexuel ou un hétérosexuel sont parfaitement interchangeables ? Et comment faire de ses enfants de bons et vrais fils de France si soi-même l’on est vide, si l’on change de partenaire comme de chemises, si l’on a divorcé trois ou quatre fois, si l’on vit dans la débauche et le mensonge, si l’on est sans foi ni loi, si l’on se gave de télévision et de vidéos ? Comment faire pour qu’ils ne soient pas un jour dépendants de la drogue ou de la pornographie ? Comment faire pour qu’ils construisent un foyer stable et aimant ? Comment conserver et transmettre un héritage, ce qui est le fondement du nationalisme, si soi-même l’on est vide, si l’on est tout sauf un exemple, sauf une référence ? On n’aime et on n’imite que ceux que l’on estime, que ceux que l’on admire. Et l’enfant qui grandit doit pouvoir trouver chez son père et chez sa mère des modèles à imiter, fussent-ils imparfaits. Or l’expérience prouve qu’il ne suffit pas de se dire de droite ou d’extrême droite, même la plus radicale, même apparemment la plus intransigeante, pour être quelqu’un de moralement estimable et recommandable. Nous avons ainsi connu des gens décorés de la flamme d’honneur du Front national et qui, dans leur vie professionnelle et familiale, se comportaient comme les pires des ordures et n’avaient nul souci du bien commun. Comme quoi l’habit ne fait pas le moine. 

De même, l’on s’aperçoit que ceux qui sont souvent les plus en pointe contre l’immigration de masse, qui n’ont aux lèvres que la défense acharnée de la race blanche sont tout à coup beaucoup moins enthousiastes quand il s’agit de se marier et de fonder une famille nombreuse, l’un des remèdes pourtant au Grand Remplacement. Car eux aussi veulent profiter de la vie, pouvoir s’éclater en boîte de nuit, ce qui, il est vrai, est assez peu compatible avec une vie de famille ! De même qu’il est difficile de reprocher aux mahométans d’avoir des convictions religieuses lorsque l’on n’en a soi-même aucune, de même est-il audacieux de reprocher à d’autres peuples et d’autres races d’être prolifiques et d’avoir une grande vitalité lorsque soi-même l’on a fait sciemment le choix de la stérilité. Qu’il faille inverser le courant de l’immigration est certes une impérieuse nécessité (et à cet égard il serait bon de réfléchir à des solutions réalistes et crédibles, ce qui manque cruellement, car ce n’est pas là une mince affaire), mais il est vain de croire que l’on peut redresser une nation sans une profonde remise en question de modes de vie et de pensée parfaitement suicidaires.

 

13/05/2017

La très sainte Vierge Marie l’a demandée à Fatima… La consécration de la russie : faite ou pas faite ?

 

 

 

La demande exacte de Notre Dame

Après avoir annoncé, le 13 juillet 1917, à Fatima, qu’elle « viendrait demander la consécration de la Russie à (son) Cœur Immaculé », Notre Dame apparut à Lucie, à Tuy, le 13 juin 1929, pour venir lui demander de transmettre au Saint Père cette demande.

La voyante donna des précisions supplémentaires, sur cette demande, dans deux lettres adressées au Père Gonçalves, son confesseur, en mai et juin 1930: «Le bon Dieu promet de mettre fin à la persécution en Russie, si le Saint Père daigne faire, et ordonne aux évêques du monde catholique de faire également, un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie aux très saints Cœurs de Jésus et Marie, et si Sa Sainteté promet, moyennant la fin de cette persécution, d’approuver et de recommander la pratique de la dévotion réparatrice (des premiers samedis)». (1)

Ces lignes indiquent les conditions requises pour accomplir la demande de Notre Dame :

  1. Il doit s’agir d’un acte solennel et public, effectué à la face de toute l’Eglise et du monde entier de manière claire et nette, excluant toute ambiguïté.
  2. Il est demandé un acte de réparation et de consécration de la Russie, c’est-à-dire que l’esprit de réparation, si présent dans l’ensemble du message de Fatima, doit totalement imprégner cet acte.
  3. La Russie doit être l’objet précis et unique de cette consécration.
  4. Le Saint Père doit engager son autorité suprême de chef de l’Eglise universelle, non seulement en faisant cet acte, mais en ordonnant à tous les évêques catholiques du monde de le faire avec lui.
  5. Enfin, le Saint Père doit promettre de promouvoir la dévotion réparatrice envers le Cœur Immaculé de Marie.

 

Les trois bienfaits attachés par Notre Dame à l’acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie q’elle venait demander

Notre Dame, dans son secret du 13 juillet 1917, a attaché l’obtention de trois grandes grâces à l’acte de réparation et de consécration de la Russie à son Cœur Immaculé :

1°) la conversion de la Russie à la foi catholique;
2°) un certain temps de paix dans le monde;
3°) le salut éternel de beaucoup d’âmes.

 

Les différents actes de consécration au Cœur Immaculé de Marie, effectués par les Papes, ont-ils correspondu à la demande de Notre Dame ?

Le Pape Pie XI (1922-1939) : Il refusa de faire l’acte demandé par Notre Dame à Tuy, à tel point que le Ciel s’en plaignit, Notre Seigneur adressant ces terribles paroles à Sœur Lucie (révélation de Rianjo, août 1931) :
« Fais savoir à mes ministres, étant donné qu’ils suivent l’exemple du roi de France en retardant l’exécution de ma demande, qu’ils le suivront dans le malheur. Jamais il ne sera trop tard pour recourir à Jésus et à Marie.» (2)

Le Pape Pie XII (1939–1958) : Devant la grande calamité de la Seconde Guerre mondiale, il fit une consécration du monde au Cœur Immaculé de Marie, le 31 octobre 1942. Voici ce qu’a écrit le grand spécialiste de Fatima, le Père Alonso, à ce sujet : « Cet acte n’était pas la consécration singulière de la Russie et il n’avait pas été réalisé avec tous les évêques du monde. (…) La consécration qui aurait tout obtenu, et d’une manière éminente, eût été la consécration de la Russie » (3).
Le 7 juillet 1952, Pie XII consacrait et vouait « d’une manière très spéciale tous les peuples de la Russie au Cœur Immaculé de Marie », dans la Lettre Apostolique « Sacro Vergente Anno ». Mais ce n’était pas un acte solennel et public, aucun acte de réparation n’y était joint et Pie XII n’avait pas ordonné aux évêques de s’unir à lui.

Les Papes Jean XXIII (1958-1963) et Paul VI (1963-1978) n’ont effectué aucun acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie.

Le Pape Jean-Paul II (1978-2005) a fait deux actes d’offrande du monde au Cœur Immaculé de Marie. Le premier eut lieu le 13 mai 1982 à Fatima. Dès le lendemain, Sœur Lucie faisait savoir que cet acte ne correspondait pas à ce qu’avait demandé Notre Dame, car le Pape n’avait pas ordonné aux évêques de s’unir à lui, et que la Russie n’avait pas été l’objet de cet acte. Or, Dieu voulait « la consécration de la Russie et uniquement de la Russie, sans aucune adjonction ». (4)

Le second eut lieu le 25 mars 1984, à Rome: le texte était à très peu de choses près le même que celui de 1982, mais Jean Paul II avait informé les évêques du renouvellement de l’acte de 1982, sans toutefois leur ordonner de s’unir à lui.

Jusqu’en 1989, Sœur Lucie répéta souvent, dans ses parloirs, que la consécration demandée par Notre Dame n’avait pas été faite. Ainsi elle affirma, en mai 1989, au cardinal Law, archevêque de Boston: « Le Saint Père considère qu’elle a été faite, faite au mieux des possibilités dans les circonstances. Faite sur le chemin étroit de la consécration collégiale qu’elle a demandée et qu’elle désirait? Non, cela n’a pas été fait.» (5)

A partir de 1989, le Vatican exerça une pression formidable sur Sœur Lucie pour lui faire dire que l’acte de 1984 correspondait à la demande de Notre Dame. Il semble que la voyante ait cédé à cette pression. Pourtant, dans son dernier livre, «Appels du Message de Fatima», paru en 2000, Sœur Lucie ne parle absolument pas de la Russie et de la question de sa consécration: silence éloquent et révélateur, qui montre son désaccord avec la position du Vatican. En revanche, elle montre clairement l’absence complète, dans le monde actuel, des deux grandes grâces attachées à cette consécration:

1°) Absence totale de la paix dans le monde: la description du monde actuel qu’elle fait ne laisse aucun doute à ce sujet, et montre la persistance, parmi les gouvernants, d’un fol orgueil qui provoque « toujours plus de sang répandu, sang qui forme une mer dans laquelle ils noient les peuples » (6).

2°) Au sujet du salut éternel de beaucoup d’âmes, Sœur Lucie ne semble guère optimiste, en particulier lorsqu’elle débute les chapitres 29 et 32 où elle traite des sixième et neuvième commandements de Dieu. (7)

La conclusion logique s’impose donc d’elle-même : la consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, telle que Notre Dame l’a demandée à Fatima en 1917, puis à Tuy en 1929, n’a été faite par aucun pape jusqu’à ce jour.

Abbé Fabrice Delestre.

Le troisième secret de Fatima : historique et chronologie .

 

Ce n'est qu'en juin 1943, suite à une grave maladie, que sœur Lucie rédige sur papier le troisième secret. Mis sous enveloppe et cachetée, Mgr da Silva en devint le dépositaire. Il plaça l'enveloppe dans une autre plus grande, cachetée à la cire, et écrivit dessus :

« Cette enveloppe avec son contenu sera remise à Son Éminence le cardinal don Manuel, Patriarche de Lisbonne, après ma mort. Leiria, 8 décembre 1945. José, évêque de Leiria. »

Cette grande enveloppe fut ensuite placée dans un coffre de la curie car le Vatican refusa d'en devenir le dépositaire.

Le troisième secret, selon la demande de Notre-Dame, devait être lu au monde en 1960. Cette date avait été expressément fixée par la Très Sainte Vierge Elle-même car à cette date son contenu aurait été mieux compris.

Au début de l'année 1957, le Vatican demande à la curie de Leira l'envoi photocopié de tous les écrits de sœur Lucie, ainsi que l'enveloppe conservée par Mgr da Silva. C'est donc le 16 avril de la même année que le Saint-Siège accuse réception des documents demandés : les photocopies, ainsi que l'original de la fameuse enveloppe cachetée contenant le troisième secret.

Pourquoi le Vatican qui, en 1943, avait refusé de devenir le dépositaire du troisième secret se décida tout d'un coup à vouloir ce document ?. En 1957, on pouvait penser que ce serait en vu de sa publication en 1960... mais aujourd'hui on se demande si ce n'aurait pas été plutôt pour le faire disparaître selon l'importance de son contenu. Après la publication en 2000 d'un faux secret, le Saint-Siège se refuse toujours à montrer l'enveloppe et à autoriser l'analyse des documents présentés afin d'ôter toute suspicion sur la valeur du dossier dont tous les papes, depuis 1960, refusèrent la publication. On peut penser que Jean-Paul Ier avait l'intention de le faire, mais il disparut trop tôt, dans des circonstances mystérieuses.

Le 25 janvier 1959, le nouveau pape Jean XXIII annonce la convocation d'un Concile qui s'ouvrira le 11 octobre 1962 (1), et le 17 août il prend connaissance du troisième secret et dès lors on ne sait où est passée cette lettre écrite quelques années plus tôt par sœur Lucie.

Arriva l'année 1960 avec cette attente, pour les catholiques du monde entier, de connaître le message du Ciel ; mais le 8 février, l'agence de presse A.N.I. annonce le communiqué suivant qui tombe comme une bombe ! : « Cité du Vatican : Il est probable que le "secret de Fatima" ne sera jamais rendu public ». Que contient donc ce texte pour que le Vatican décide de ne « jamais » le rendre public ?

Face à cette stupéfiante décision, l'évêque de Leiria s'adresse courageusement à tous les évêques du monde, sans demander l'avis du pape. Il envoie donc un courrier dans lequel il demande d'organiser une nuit de prière à Fatima-ville, les 12 et 13 octobre 1960 afin d'obliger le Vatican à écouter les ordres de la Sainte Vierge.

Le 12 octobre, 500 000 pèlerins venus du monde entier, participeront à cette nuit de prières ; mais le pape ne tiendra aucun compte et continua à mépriser la demande de Notre-Dame d'une part, et les catholiques eux-mêmes par la même occasion.

C'est dès ce moment là que, peu à peu, les modernistes purs et durs, les gens d'églises plus ou moins francs-maçons (plutôt plus que moins), entreront en masse dans les hautes sphères de la hiérarchie vaticane !.

Le 3 juin 1963, le pape Jean XXIII meurt et Paul VI lui succède. Il se fait communiquer le texte du troisième secret, mais comme son prédécesseur il n'en tint aucun compte. Lors du Concile Vatican II, les prélats refusèrent même de définir la médiation universelle de la Vierge Marie, Mère de Dieu et supprimèrent plusieurs fêtes de la Vierge dans le nouveau calendrier liturgique, réduisant le culte au strict minimum : suppression du Saint Nom de Marie, de Notre-Dame de la Merci, des Sept-Douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie ; la Visitation a été placée le 31 mai, à la place de Marie Reine, tandis que la fête de "Marie Médiatrice de toutes grâces", célébrée autrefois ce même jour, a disparu définitivement du missel. Le nouvel Ordo ne fait qu'une simple mémoire facultative de la fête du Cœur Immaculé de Marie le samedi après le deuxième Dimanche après la Pentecôte. Cette fête est donc sans office et messe propres, et elle passe après la férie, après les fêtes ordinaires des saints et les mémoires obligatoires. Cette mémoire facultative est donc omise dès qu'il y a une autre mémoire en concurrence. Dans les textes votés lors des sessions dudit concile, n'apparaîtront jamais les mots : « Cœur Immaculé de Marie », « Sacré-Cœur », « rosaire », « chapelet », « corédemptrice » et « médiatrice ». Bref, l'esprit de satan s'infiltrait dans l'église, lui faisant perdre le culte de Marie et de Jésus pour lui ouvrir une nouvelle ère : celle du culte de l'homme, nouveau et seul dieu dans l'esprit inavoué de ce sinistre concile !.

Paul VI se rend à Fatima le 13 mai 1967. On aurait naïvement pensé qu'il révélerait au monde ce qui aurait dû être fait 7 ans plus tôt ; mais déception, il ne fit rien !.

Arrivée à l'aéroport portugais vers 9h30, le pape se rendit en Rolls-Royce à la Cova da Iria. Il dit la messe moderniste qui se fait depuis Vatican II et à la fin de la célébration, la voyante lui fut présentée. Sœur Lucie lui implora à genoux, à plusieurs reprises, un entretien seule à seul, mais — selon le témoignage du Père Almeida — le pape refusa en ces termes :

 Voyez, ce n'est pas le moment ; et puis si vous voulez me communiquer quelque chose, dites-le à votre évêque (de Leiria) ; c'est lui qui me le communiquera. Soyez bien obéissante à votre évêque ».

On ne peut traiter une personne avec plus de mépris !... La voyante se retira donc. Très attristée, elle pleura. Elle qui connaît le troisième secret, sans doute avait-elle de bonnes raisons d'être triste !...

Pourtant, le pape Paul VI accorda une série d'audiences : à l'épiscopat portugais, au corps diplomatique, à un groupe de chrétiens non catholiques, mais non à sœur Lucie. Pourquoi ?

Lors de son voyage, il refusa de se rendre à la chapelle des Apparitions située sur l'esplanade même. Pourquoi ? Tout n'était que discours à la gloire et au culte de l'homme ; comme dans ces paroles lors de son homélie :

Hommes, rendez-vous dignes du don divin de la Paix ;
Hommes, soyez des hommes ;
Hommes, soyez bons, sages, ouverts à la considération du bien général du monde ;
Hommes, soyez magnanimes ;
Hommes, sachez voir votre prestige et votre intérêt, non comme étant contraires, mais comme étant solidaires avec le prestige et l'intérêt d'autrui.
Hommes, pensez aux projets de commun bien-être ;
Hommes, recommencez à vous approcher les uns des autres avec la volonté de construire un monde nouveau : le monde des hommes vrais ».

Quelques mois plus tard, sœur Lucie remit une lettre à l'évêque de Leiria qui devait se rendre à Rome pour un pèlerinage. Le 27 septembre 1967, l'évêque remettait donc ladite lettre au pape, qui n'en donna aucune suite, ni verbale, ni écrite... l'a t-il au moins lu ? On ne le sait... ! Quoi qu'il en soit, de 1967 à 1978 Notre-Dame de Fatima est complètement oubliée au Vatican !... Personne, derrière les murs de cette cité ne parlera plus de la Vierge du Portugal.

Le 26 août 1978, le cardinal Luciani devint Pape et prend le nom de Jean-Paul Ier. On sait que Mgr. Lugiani, patriarche de Venise, a vu sœur Lucie à Fatima. Selon le livre : « El diario secreto de Juan Pablo I », (éd. Planeta, 1990) ("Le journal secret de Jean-Paul I") l'auteur, Ricardo de la Cieva y de Hoces, raconte sous forme de fiction littéraire et d'une manière romancée, les faits suivants : Dans son journal secret le pape écrivit le 21 septembre 1978, huit jours avant son martyr :

« Le 11 juillet 1977, don Diego Lorenzi m'accompagnait à la concélébration dans l'église des carmélites de Coimbra. Sœur Lucie, qui vivait dans le couvent, demanda à me voir. J'acceptais avec quelques défiances. Ces choses me causent une certaine perturbation.

Lucie était une petite religieuse vive et communicative qui m'entretint deux longues heures alors que j'avais prévu quelques minutes pour la bénir et puis m'en aller. Elles me passèrent comme un souffle.

Elle ne parla pas des Apparitions, ni du fameux Secret, mais d'une préoccupation qui lui tourmentait l'âme à propos de la dégradation du clergé et de la foi des fidèles. Elle resta alors comme assoupie et quelques moments de silence passèrent. Elle me parlait avec les yeux baissés, mais soudain elle me regarda fixement pendant quelques secondes : « Quant à vous monsieur le patriarche, me dit-elle avec des paroles qui manifestement n'étaient pas les siennes, la couronne du Christ et les jours du Christ. » Elle retomba dans le silence pendant que je me taisais très ému.

Depuis lors je n'ai pas cessé de penser à cela une seule nuit. La couronne du Christ, quelque chose me le dit à l'intérieur de moi-même, est peut-être ce que j'appelle "oppression" : les jours du Christ seront mes jours, mes semaines, mes années... je ne sais pas. Aujourd'hui est le 25 ème jour de mon pontificat. Les années du Christ on été 33... Je ne sais pas ! »

L'hebdomadaire Gente Veneta daté du 23 juillet 1977 (voir aussi le bulletin de la CRC n° 325, septembre 1996, p.8), dans lequel fut publié l'article du Cardinal Luciani sur sa rencontre avec sœur Lucie, ne parle pas de la confidence ci-dessus. Toutefois, à en croire Ricardo de la Cieva y de Hoces, lors de cet entretien, la religieuse lui avait prédit « la Couronne du Christ », c'est-à-dire la couronne du martyr, et « les jours du Christ » qui ont été les 33 jours de son bref pontificat.

« La Couronne du Christ et les jours du Christ », cette phrase ne cessa d'envahir la pensée de Mgr. Lugiani, surtout à partir du 26 août 1978 où il fut élu Pape. Il confia alors à un théologien ami, don Germano Pattaro :

« Ce que sœur Lucie m'a dit au mois de juillet 1977 m'était devenu un poids sur le cœur. Cette pensée était trop embarrassante, trop contraire à tout mon être. Ce n'était pas croyable, et pourtant la prévision de sœur Lucie s'est avérée. Je suis Pape. Si je vis, je retournerai à Fatima pour consacrer le monde et particulièrement les peuples de la Russie à la Sainte Vierge, selon les indications que Celle-ci a données à sœur Lucie ».

Son très bref pontificat de 33 jours ne lui a pas permis de dévoiler au monde [l'authentique] dernier message de Notre-Dame de Fatima, mais quelques confidences de gens très bien placés permettent de penser qu'il en avait l'intention. Voulait-il en outre chasser les prélats francs-maçons du Vatican ? Tout restaurer dans le Christ ? On ne le sait au juste, mais pour l'en empêcher, il aurait été assassiné par empoisonnement !.

Puis, le 16 octobre 1978, Jean Paul II lui succède et annonce tout de suite la couleur : il ne divulguera pas l'ultime secret, mais continuera l'ouverture prônée par le concile Vatican II.

Après l'attentat du 13 mai 1981 (64 ans, jour pour jour, après la première apparition de Notre-Dame, à Fatima), place st. Pierre à Rome, le pape se rend à Fatima les 12 et 13 mai de l'année suivante. Il rencontre sœur Lucie et lui accorde un entretien.

La voyante lui parla du troisième secret, de sa divulgation voulue par Dieu, et le questionna sur le procès de béatification de François et de Jacinthe. Sur le premier point, Jean-Paul II dit : « Il n'est ni nécessaire ni prudent de révéler maintenant le contenu du secret » ; quant à la Consécration de la Russie, en communion avec tous les évêques du monde, il ne la fera pas !. Sur le second point, il ne promit rien : « Priez, ma fille, pour que cela se réalise durant votre vie et durant la mienne », lui a t-il répondu.

Donc, de ce voyage à Fatima, comme ce fut le cas lors du pèlerinage de Paul VI quelques années auparavant, rien ne serait fait pour répondre aux demandes de la Très Sainte Vierge ; et s'il était besoin encore d'offenser d'avantage Notre Mère du ciel, il mentionna publiquement dans une prédiction, la prière de Notre-Dame en ces termes : « Ô Jésus, c'est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés ». Jusqu'à preuve du contraire, cette prière se termine ainsi : « ... commis contre le Cœur Immaculé de Marie ». Hors, il ne mentionna pas cette fin de phrase. Détail direz-vous ? La religion new look instaurée par Vatican II peut bien évidement se passer de ce détail et de beaucoup d'autres d'ailleurs... !

Au soir du 13 mai, Jean-Paul II n'avait pas accompli la demande de Notre-Dame.

Neuf ans plus tard, il se rend de nouveau à Fatima. Il y rencontra seul à seule sœur Lucie pendant 22 minutes, mais aucune information ne filtra de cet entretien. D'après les comportements de Jean-Paul II et de la voyante, avant et après l'entretien ; il semble bien que le Vatican ne dévoilera jamais le dernier message que la Sainte Vierge fit connaître à Lucie en 1917, pas plus qu'il ne consacrera la Russie au Cœur Immaculé de Marie, en communion avec tous les évêques du monde.

Pourtant, le 13 mai 2000 au Portugal, à l'occasion de la béatification de Jacinta et Francisco Marto, le pape Jean-Paul II chargea le cardinal Angelo Sodano de lire un communiqué de la plus haute importance qui, selon le Vatican, « semble concerner ce qu'on appelle 'la troisième partie' du secret de Fatima ».

Cet acte fut officialisé le 26 juin 2000 par la publication d'un document de la Congrégation pour la doctrine de la foi, présenté par le cardinal Ratzinger au cours d'une conférence de presse. L'analyse approfondie du document prouve en fait que le Saint-Siège a délivré au monde un FAUX SECRET !.

Chronologie de la troisième partie du secret

1941 ●  Juillet-août : En rédigeant son 3ème MÉMOIRE, sœur Lucie mentionne pour la première fois la division du Secret de Fatima en trois parties distinctes : « Le Secret comprend trois choses distinctes, écrit-elle, et j'en dévoilerai deux. »
●  7 octobre : Au chanoine Galamba qui lui demande de rédiger le Secret, sœur Lucie répond qu’elle n’en a pas encore reçu la permission du Ciel.
●  Octobre-décembre : Dans le 4ème MÉMOIRE, souur Lucie écrit la première phrase du Secret : « Em Portugal se conservará sempre o dogma da fé », qu’elle fait suivre d’un « etc. ».
1943 ●  Juin : Une pleurésie frappe sœur Lucie et fait craindre au chanoine Galamba et à Mgr da Silva qu’elle ne disparaisse avant d’avoir révélé l’ultime Secret.
●  Été : Une entrevue mémorable à Valença do Minho : Le chanoine Galamba suggère à Mgr. da Silva de demander à sœur Lucie d'écrire dès maintenant le texte du troisième Secret, puis qu'elle le place dans une enveloppe cachetée à la cire.
●  15 septembre : À Tuy, Mgr da Silva demande à la voyante de rédiger le Secret.
●  Mi-octobre : Mgr da Silva lui donne l’ordre formel d’en écrire le texte. sœur Lucie ressentit alors, pendant presque trois mois, une mystèrieuse et terrible agonie.
1944 ●  2 janvier : À l’infirmerie de Tuy, la TSV apparaît à sœur Lucie, la réconforte et lui confirme que c’est bien la volonté de Dieu qu’elle écrive les paroles de l’ultime Secret
●  9 janvier : Elle avertit Mgr da Silva que le Secret est rédigé.
●  Printemps : Elle confie à son directeur son désir de s’entretenir avec le Pape Pie XII.
●  Mai : le père belge jésuite Edouard Dhanis, publie une thèse qui met en doute l'authenticité du secret du 13 juillet 1917.
●  17 juin : L’enveloppe contenant le Secret est remise à Mgr da Silva, qui refuse de l’ouvrir.
●  Mgr da Silva propose au Saint-Office de transmettre le Secret à Rome qui refuse.
1945 ●  8 décembre : Mgr da Silva insère l’enveloppe de sœur Lucie dans une autre enveloppe, cachetée également à la cire, précisant qu’après sa mort le Secret devra être transmis au cardinal Cerejeira, patriarche de Lisbonne.
1946 ●  Jusqu’en 1960 : De nombreux témoignages affirment que le Secret devra être lu au monde en 1960, parce que la sainte Vierge le veut ainsi.
●  Mai : Elle se rend à Fátima. Il est question qu’elle aille à Rome pour faire connaître le Secret au Saint-Père.
1952 ●  2 septembre : Le P. Schweigl l’interroge notamment sur le Secret.
1955 ●  Mai : Le cardinal Ottaviani s’entretient avec elle et l’interroge sur le Secret.
1956 ●  Fin 1956 - début 1957 : Le Saint-Office réclame une copie de tous ses écrits ainsi que le manuscrit du Secret que Mgr da Silva n’a pas voulu lire.
1957 ●  Mi-mars : Mgr Venãncio porte au nonce apostolique à Lisbonne l’enveloppe scellée contenant le Secret.
●  16 avril : L’enveloppe parvient au Vatican. Elle fut sans doute placée presque aussitôt par le Pape Pie XII dans son bureau personnel, dans un petit coffre portant la mention "Secretum Sancti Officii".
●  14 mai : Mère Pascalina confie à Robert Serrou que le Secret se trouve dans l’appartement du Saint-Père, dans le coffret des « secrets du Saint-Office ».
●  4 décembre : Mort de Mgr da Silva.
●  26 décembre : Elle dit au Père Fuentes au sujet du Secret : « Seuls le Saint-Père et Mgr l’évêque de Fátima pourraient le savoir, mais ils ne l’ont pas voulu ».
1958 ●  9 octobre : Pie XII meurt sans avoir lu le Secret.
●  Le Père Fuentes publie son entrevue avec Lucie. On la lit partout sans que son authenticité soit mise en doute.
1959 ●  2 juillet : Un rapport anonyme émanant de la chancellerie épis-copale de Coïmbre dénonce l’entrevue Lucie / Fuentes comme étant entachée de fraude. À ce jour, aucun officiel n’a pris ce rapport à son compte.
●  25 janvier : Jean XXIII annonce la convocation du IIème Concile du Vatican.
●  17 août : Jean XXIII, à Castelgandolfo, reçoit l’enveloppe du 3e Secret et le lit dans les jours suivants. Il prend la décision de ne pas publier le texte, alors que la Vierge Marie voulait cette publication en 1960 ; mais rien n'est encore annoncé.
●  Le monde catholique reste donc dans l'attente unanime et anxieuse de la divulgation du Secret.
1960 ●  Février (?) : Jean XXIII fait lire le Secret au cardinal Ottaviani.
●  8 février : En dépit du désir exprès de la Très Sainte Vierge, des promesses répétées de l’évêque de Fátima et du Patriarche de Lisbonne, un simple communiqué de l’agence de presse portugaise A.N.I. annonce : Le Vatican fait savoir que le Secret ne sera pas divulgué.
●  24 février : Jean XXIII jete publiquement la plus infamante suspicion sur la crédibilité du témoignage de sœur Lucie et sur l'ensemble du Message de Fatima. Selon Mgr. Capovilla, Jean XXIII aurait demandé conseil à plusieurs prélats de la Curie, mais le cardinal Cerejeira déclare : « J'affirme catégoriquement que je n'ai pas été consulté. »
●  17 mai : Mgr Venãncio adresse une lettre aux évêques du monde entier.
●  Mai-juin : Jean XXIII reçoit Mgr Venãncio.
●  18 juin : Un article mensonger du P. Caprile, sj, dans Civilta cattolica.
●  Septembre : On espère à Fátima un geste de Jean XXIII à l’occasion du 13 octobre.
●  13 octobre : Journée mondiale de prière et de pénitence, à l'initiative de Mgr. Venancio. Le Vatican fit la sourde oreille. Rien ne fut fait.
●  Sœur Lucie est officiellement bâillonnée en ce qui a trait au Secret.
1961 ●  Le Père Fuentes, sur la foi du rapport anonyme de Coïmbre, est démis de ses fonctions de postulateur de la Cause de béatification de François et de Jacinthe.
1963 ●  3 juin : Jean XXIII meurt sans avoir fait de déclaration publique au sujet du Secret.
●  Été : Paul VI, peu après son élection [21 juin], réclame le texte du Secret.
●  15 octobre : La revue allemande Neues Europa publie une fausse version du Secret.
1965 ●  Le Père Alonso est nommé archiviste de Fátima et se dit d’accord avec le rapport anonyme de Coïmbre concernant le Père Fuentes.
●  13 mai : Le cardinal Cento, légat de Paul VI, présente la Rose d’Or à NDF lui confiant l’Église entière. Dans son homélie, il résume en deux mots le message de Fátima : Prière et pénitence !.
1966 ●  15 novembre : Le nouveau Droit canonique permet à quiconque dans l’Église de parler ouvertement des apparitions sans qu’il soit nécessaire d’obtenir un imprimatur, mais sœur Lucie pour en parler doit avoir la permission directe du Vatican.
1967 ●  11 février : Déclaration du cardinal Ottaviani concernant le Secret.
●  13 mai : D’après un expert de Fátima, elle aurait insisté en vain auprès de Paul VI pour qu’il divulgue le Secret.
1975 ●  Après dix années d’étude des documents, le P. Alonso reconnaît que l’entrevue du P. Fuentes, en 1957, rapportait bien les vues de sœur Lucie.
1977 ●  7 juillet : Le cardinal Ottaviani répond à trois questions à propos du Secret.
1980 ●  Novembre : Problématiques déclarations de Jean-Paul II à Fulda (Allemagne).
1981 ●  13 septembre : L’évêque de Fátima se refuse à dire quoique ce soit du contenu du Secret ; il dément les faux secrets s’inspirant du texte de Neues Europa, et précise qu’il avait consulté sœur Lucie à ce sujet.
●  12 décembre : Le P. Alonso meurt, laissant 14 volumes inédits de documentation sur Fátima. Ses articles et opuscules expriment sa pensée, surtout concernant le 3ème Secret : il s’agirait de la crise de la foi et de la responsabilité de la Hiérarchie à cet égard.
1982 ●  Jean-Paul II, avant son pèlerinage du 13 mai à Fátima, consulte un prêtre portugais de la Curie et se fait traduire le Secret selon les nuances de la langue.
●  Mai : Sœur Lucie aurait dit au cardinal Oddi que de son entretien avec le Pape avait résulté la décision de Jean-Paul II de ne pas révéler le Secret, de peur qu’il soit mal interprété. ND voulait pourtant qu’il fut divulgué en 1960.
1984 ●  10 septembre : L’évêque de Fátima déclare à Vienne que le contenu du 3ème Secret ne concerne que notre foi, la perte de la foi.
●  Octobre 1984 - juin 1985 : Variations du card. Ratzinger au sujet du Secret.
1985 ●  Février : Le P. Messias Dias Coelho relaie la déclaration de l’évêque de Fátima à propos du Secret.
1986 ●  20 janvier : Mgr do Amaral, contraint (?), rétracte ses propos sur le contenu du Secret. Ceux qui savent la vérité ne doivent donc pas la faire connaître ou la laisser deviner…
●  Juin : Frère Paul Leonard signe l’article : The Plot to Silence Our Lady, in : The Fatima Crusader.
●  14-19 septembre : Laurentin fait allusion au symposium de Fátima à l’œuvre monumentale du frère Michel mais pour stigmatiser la secte fatimiste.
●  Le témoignage du cardinal Oddi sur le Secret et Jean XXIII confirme le fait que Jean XXIII a lu ce document en 1960 et qu’il le scella, parce qu’il n’aimait pas les « prophètes de malheurs ».
●  Laurentin édulcore la thèse du P. Alonso, publiée dès 1976, et de nouveau en 1981. L’annonce des déficiences de la hiérarchie et des papes eux-mêmes explique tout.
1987 ●  Avril : Fr. Leonard précise son précédent article par : The [USA] Blue Army Leadership Has Followed a Deliberate Policy of Falsifying the Fátima Message où il évente le faux du magazine Soul (1982) et la désinformation subséquente concernant la consécration que ND a demandée.
●  Le Messagem de Fátima rapporte plus vraisemblablement que, d’après le cardinal [Oddi], Jean-Paul II avait passé pratiquement les vingt minutes de l’entretien du 13 mai 1982 à tenter de convaincre Lucie qu’il n’était pas nécessaire, ni prudent de divulguer maintenant le contenu du Secret, vu que le monde ne le comprendrait pas.
1988 ●  Le cardinal Édouard Gagnon gronde Frère Nicholas Gruner pour avoir publié le rapport de l’Abbé Pierre Caillon. Le cardinal admet avoir parlé à l’Abbé Caillon, et dit que ce rapport n’était pas pour publication.
1989 ●  Février : Mgr Luciano Guerra écrit dans Voz da Fátima que tout est lié au secret de Fátima, dont l’étendue nous semble atteindre les dimensions de la planète.
●  Le Secret, selon le P. Freire, ne concernerait que le Portugal. Cette réaction ne viserait pas tant à contrer des esprits déséquilibrés [de la secte fatimiste !] qu’à faire barrage à la thèse du P. Alonso, gênante pour Rome.
●  Le cardinal Seper pousse le P. A.M. Martins, sj, à se rallier finalement à la thèse Freire.
●  Novembre : Fr. Gruner lance une campagne mondiale demandant la libération de sœur Lucie, et encourageant le Saint-Père à divulguer le Secret.
●  Le cardinal Oddi : La consécration de la Russie n’a pas encore été effectuée ; il ne sera possible d’exécuter la demande de Notre-Dame qu’après la révélation du Secret.
1990 ●  Août-septembre : René Laurentin annule pratiquement la thèse du Père Alonso, reprise par le frère Michel, en soutenant que le Secret ne vise qu’une époque révolue : 1960 à 1980. Il pousse l'audace jusqu'à publier dans Chrétiens-Magazine un article intitulé : « Le troisième secret de Fatima est enfin révélé », dans le but d'enterrer définitivement ce Secret.
2000 ●  13 mai : Jean-Paul II charge le cardinal Sodano de faire une annonce sur la troisième partie du Secret et charge la Congrégation pour la doctrine de la foi de rendre public le texte officiel.
●  15 juin : Report au 26 juin de la conférence de presse sur le troisième Secret.
●  19 juin : Pour enlever toute crédibilité au « vrai » troisième Secret, le cardinal Ratzinger n'hésite pas à traiter sœur Lucie d'affabulatrice dans un interview au quotidien « La Repubblica »
●  26 juin : Présentation à la presse du « Message de Fatima » dont l'authenticité semble pour le moins très douteux. Beaucoup parlent déjà d'un « vrai-faux » secret !