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20/06/2017

Un jeune agriculteur a été abattu en Saône-et-Loire par des gendarmes dans l’indifférence des grands médias .

 

 

Samedi 20 mai 2017, Jérôme Laronze, 37 ans, éleveur à Trivy en Saône-et-Loire, persécuté par l’administration jusqu’à prendre la fuite durant 9 jours, a été abattu lors de son interpellation par des gendarmes à Sailly prés de son exploitation sans que cette mort d’un fils de la terre de France, trop intelligent, n’intéresse les gros médias occupés à promouvoir le candidat du mondialisme, Emmanuel Macron.

Au bout de neuf jours de fuite, arrivé avec sa voiture blanche prés de Sailly sur un chemin de terre,  il a aperçu les gendarmes et leur a alors foncé dessus. Ils étaient six selon l’enquête, mais un seul aurait tiré, alors que semble-t-il, il suffisait de s’écarter. l’éleveur avait prévenu qu’il ne se rendrait pas.

Pour comprendre il convient, avant de laisser parler sa famille et les témoins, de laisser en premier la parole à la victime. Déjà en février 2016, le jeune éleveur avait déclaré dans une interview :

« Les agriculteurs sont plutôt des taiseux et souvent ils retournent la violence contre eux-même. C’est pour cela qu’il y a un ou deux suicides par jour dans notre profession. Mais peut-être que la violence va finir par se retourner vers les autres… » (cités par le JSL le mercredi 17 mai 2017).

« Comme Jésus avec les marchands du Temple »

« Cultivé, maniant aisément les références littéraires ou évangéliques », commence le rédacteur du journal local. Jérôme Larouze, lors de sa fuite avait contacté le Journal de Soâne-et-Loire (JSL):

« Il a notamment évoqué un épisode survenu le 6 juin 2016. Ce jour-là, des fonctionnaires de la Direction Départementale de la Protection des Populations (DDPP) procèdent à une identification de ses bovins dans leurs pâtures. Mais les bêtes paniquent et selon le récit de l’agriculteur, une vingtaine d’entre elles se précipitent dans un ruisseau. Cinq n’y survivront pas. « Plus tard on m’a demandé de ne rien dire concernant ces bêtes pour que mon dossier soit régularisé, » affirme-t-il.

Les services administratifs causent la mort de 5 de ses vaches

« Traumatisé par cet épisode qu’il relate en détail dans un mail adressé au JSL, l’éleveur admet ne pas avoir été très rigoureux concernant les déclarations de traçabilité des bêtes. Il dénonce surtout « l’hyper administration qui n’apporte rien aux agriculteurs, sinon de l’humiliation et des brimades. Cela ne rapporte qu’aux marchands et aux intermédiaires. Mon cas est anecdotique, mais il illustre l’ultra-réglementation qui conduit à une destruction des paysans.. Les dossiers de la politique agricole commune sont devenus tellement compliqués que les paysans payent des gens pour faire leurs déclarations. Ils perdent ainsi la main sur leurs propres exploitations. il y a une solitude de l’agriculteur face aux nombreuses questions des contrôleurs. Pour avoir la paix, le paysan va signer tous les papiers qu’on lui tend. » Concernant la récente charte départementale destinée à « humaniser » les contrôles des agriculteurs par les services de l’État, Jérôme Laronze les considère comme un « simple instrument de communication. C’est le bal des hypocrites« .

Le pot de terre contre le pot de fer

Interrogé sur l’épisode du tracteur. L’éleveur avait déclaré avoir simplement voulu « effaroucher » les gendarmes: Quand ils sont arrivés, les contrôleurs et tous ces gens en armes, j’étais sur mon tracteur et j’y suis resté, car c’était pour moi le seul et unique moyen d’avoir droit à la parole. J’ai toujours été courtois et je n’ai jamais manqué d’égards avec les contrôleurs. Mais ce jour-là j’ai été pris de la colère du juste, comme Jésus avec les marchands du Temple. Les paysans on les fait culpabiliser du martin au soir. Et le jour où ils se déculpabilisent on leur envoie les gendarmes. »

 

Exploitation familiale de Jérôme Laronze. Que sont devenus ses animaux ?

Interrogé par le JSL sur ses intentions la veille de sa mort, Jérôme Laronze avait répondu qu’il n’avait l’intention ni de se suicider, ni de se rendre.

Ni suicide, ni reddition

« Je n’ai absolument pas l’intention de me suicider » a précisé jeudi matin au JSL, Jérôme Laronze. L’agriculteur affirme également ne pas envisager de se rendre aux forces de l’ordre. « C’est la période électorale, je vais faire campagne », répond-il sous forme de boutade.

France pays de la liberté ?

Comment en France, le pays que certains persistent à appeler « le pays de la liberté »,  un honnête homme, assidu à son travail, successeur dans l’exploitation de son père, qui n’avait ni volé ni assassiné, a-t-il pu être contraint à prendre le maquis comme on dirait en Corse, traqué par les forces de l’ordre en une époque de chômage, d’insécurité et d’attentats, où les islamistes franchissent les frontières avec une facilité déconcertante ?

« Très intelligent »

Jérôme Laronze était catholique, français ,« très intelligent » de l’avis de tous ceux qui le connaissaient comme en témoignent les reportages de la presse et des médias locaux, plus intelligent qu’il n’est admissible pour un paysan qui doit être docile à la dictature des contrôles. Cette petite paysannerie traditionnelle est en but au libéralisme sauvage représenté par le nouveau président Emmanuel Macron. Un libéralisme sauvage qui veut les faire disparaître pour laisser la place à de vastes exploitations industrielles appartenant à des consortiums chinois ou américains, qui, se plaçant au-dessus du harcèlement des fonctionnaires de la DDPP, utiliseront les dangereux produits Monsanto ou autres du même tonneau, ainsi que le Traité Transatlantique actuellement suspendu, mais non abandonné,  le prévoit.

Ils emploieront alors la population locale française dépossédée et soumise pour effectuer les travaux qu’on leur demandera.

C’est ce qu’explique dans l’interview ci-dessous Stéphanie Bignon, présidente de Terre & Famille, association pour laquelle  « les priorités spirituelles nous paraissent urgentes à restaurer pour nous enraciner,  fortifier nos âmes de paysans, de bâtisseurs et ainsi  retrouver une société ouverte vers le haut donnant toute sa place au sacré ».

Stéphanie Bignon relate le drame de Jérôme Laronze qui s’est déroulé dans sa région, emblématique de ceux de la paysannerie française, :

La famille du jeune paysan a réagi dans un communiqué transmis au Journal de Saône-et-Loire:

« Nous, parents, sœurs, neveux et nièces de Jérôme Laronze, sommes profondément choqués et indignés des conditions dans lesquelles celui-ci a été traqué pendant neuf jours puis abattu par plusieurs tirs mortels samedi 20 mai 2017 par deux gendarmes de la brigade de Cluny. »  » Les premiers éléments de l’enquête laissent penser que rien ne justifiait une telle violence à son encontre et que les deux gendarmes ont agi sans discernement et avec précipitation alors que des renforts étaient attendus. Jérôme Laronze n’était ni une personne violente, ni une personne isolée, contrairement aux propos rapportés dans la presse par une organisation syndicale avec laquelle il n’avait aucune relation personnelle. De tels propos sont une insulte à sa mémoire, outre leur violence à l’égard d’une famille en deuil. » « De telles déclarations nous obligent à réagir et à rappeler les conditions humiliantes et inhumaines dans lesquelles Jérôme a subi des contrôles répétés des services vétérinaires de la DDPP, en présence de très nombreux gendarmes, alors qu’il ne s’était jamais montré violent ou menaçant à l’égard des agents de l’administration. Aucun soutien psychologique ne lui a été proposé bien que sa famille ait signalé », dés 2016, son profond désespoir et sa révolte à l’égard d’une administration toujours plus menaçante à son encontre. La famille évoque la « grande souffrance «   dans laquelle les contrôles ont laissé Jérôme. Elle se dit « en droit d’exiger la transparence et la vérité sur les circonstances de sa mort brutale. » et « veille à ce que sa mémoire ne soit pas salie. Jérôme Laronze était un paysan poète idéaliste qui défendait une agriculture de proximité et qui exécrait la bureaucratie administrative et son système de connivence. C’est là son plus grand tort. Une trop grande lucidité doublée d’une liberté de ton dérangeante lui ont valu  un acharnement qui lui a fait perdre pied. »

« Jérôme Laronze était un paysan poète idéaliste »

Le trentenaire était célibataire et n’avait pas d’enfant, il avait pris la succession de son père dans l’exploitation familiale. Pour un de ses voisins, Jérôme Laronze était un garçon très intelligent” avec un “fort tempérament”.

Ailleurs à Trivy d’autres passants interrogés:

A Trivy, la commune où travaillait et résidait Jérôme Laronze, les habitants rencontrés ce matin  sont sous le chocCet éleveur était connu et apprécié. Ses voisins le décrivent comme un être « intelligent », « intéressant et gentil ». Tous sont stupéfaits que la situation a pu « en arriver là ».

Un habitant de Trivy avait déjà protesté avant le drame, auprès du JSL en ces termes :

« Il n’est pas une personne violente, simplement un homme qui en a marre de cet « acharnement » contre lui.  « Nous le connaissons bien et jamais il n’a fait preuve de violence, c’est une personne très intéressante. »

La confédération Paysanne va se porter partie civile en accord avec la famille

Après la mort de Jérôme Laronze,  la Confédération Paysanne va se porter partie civile en accord avec la famille, lors de l’information judiciaire.

« Jérôme Laronze n’était pas celui qu’on décrit dans la presse comme un forcené ultra-violent », explique au Journal de soâne-et-Loire du 25 mai 2017 Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne.  C’était « un paysan à bout ». «Nous demandons un moratoire pour qu’on retrouve de l’intelligence et de la décence dans la manière dont on fait les contrôles» dans les exploitations.

La voiture dans laquelle Jérôme Laronze a été abattu

« Afin que cet éleveur ne soit pas mort pour rien »

Bruno Guichard, chargé de l’accompagnement des viticulteurs en difficulté, conciliateur de justice pour les tribunaux de Mâcon et de Chalon connaît bien les problématiques de détresse du monde agricole, il a réagi au drame qui a endeuillé le monde agricole:

« Ce dossier a été traité comme un fait divers, dit-il, or il est caractéristique de la société dans laquelle nous vivons. Il souligne l’indifférence qu’il a suscité au niveau national. Si un drame identique c’était passé en banlieue, avec deux policiers tuant un jeune, toute la presse nationale en aurait parlé. or pour un agriculteur pas un mot. »

« Nous avons le devoir de faire en sorte que cette mort ne tombe pas dans l’oubli. Il faut se poser la question: comment en 2017, un éleveur identifié en difficulté depuis des années a pu en arriver là? Pourquoi la force publique a-t-elle été sollicitée ? (…) Il faut quand même admettre qu’il peut y avoir certains comportements inadaptés de la part de l’administration. Cette affaire ne doit pas être enterrée, afin que cet éleveur ne soit pas mort pour rien. »

L’asservissement de la paysannerie française au mondialisme:

A la fin de la seconde guerre mondiale les Américains qui ont concédé le plan Marshall ont demandé en contre-partie l’américanisation de l’agriculture française. De ce fait les exploitations ont été regroupées arbitrairement et autoritairement, les tracteurs ont remplacé les chevaux, les techniques coûteuses d’exploitation ont été promues. L’agriculture française traditionnelle de grande qualité a été en grande partie enterrée. Les subventions ont fait leur apparition au prétexte d’alléger le panier de la ménagère, comme si au bout du compte il ne fallait pas que quelqu’un paye. Les paysans n’ont pas vu venir le piège qui leur était tendu, mais à partir de cela ils ont perdu la liberté du choix de leurs méthodes d’exploitation. La grande distribution a inversé le concept d’une production au service de la demande, pour créer une demande toujours plus grande au service de l’offre.  A son tour l’Union européenne dont les fondateurs émargeaient à la CIA, a imposé ses conditions dans le cadre des différentes PAC. Une administration impérieuse est venue donner ses ordres et ses conditions aux agriculteurs transformés peu à peu en sous-fonctionnaires…

« Labourage et pâturage », dont l’intendant Sully disait qu’ils étaient « les deux mamelles de la France », et qui faisaient la fierté de tous les petits écoliers il y a cinquante ans encore, sont en voie de disparition accélérée. Si les Français endormis depuis longtemps et plus encore par Emmanuel Macron ne se réveillent pas, la mémoire de la France profonde, représentée par sa paysannerie, aura complètement disparue dans le magma mondialiste, et quant à leurs enfants, ils seront engraissés aux hormones de la grande industrie chimique d’outre atlantique.

Lire à ce sujet: L’agriculture assassinée de Jean-Clair Davesnes,  paru en 1992, mais réédité récemment pour la troisième fois. Un livre à lire à tout prix pour comprendre l’ampleur du drame qui se joue.

emiliedefresne@medias-presse.info

 

13/05/2017

Migrants en France et allocation pour demandeur d’asile (Ada) ! ...

 

migrants
 
 

12/05/2017 –07H30 Paris (Breizh-info.com)Depuis plusieurs semaines, on peut lire un peu tout et son contraire sur les réseaux sociaux, blogs et médias de la toile, concernant l’accès prochain des « migrants », c’est à dire des immigrés entrés illégalement en France, au RSA (le Revenu de Solidarité Active). Il n’en sera rien, et pas plus le 1er septembre prochain – avec la fin de l’Allocation temporaire d’attente – qu’aujourd’hui.  Explications.

 

Depuis la vague migratoire importante qui a frappé la France ces dernières années – l’État se montrant totalement impuissant à maîtriser ses frontières ou à faire maîtriser celles de l’Europe (seule la Hongrie a pris le problème à bras le corps) –

l’État français a lancé l’allocation pour demandeur d’asile.

En effet, avant la réforme fixée par la loi du 29 juillet 2015, les immigrés pouvaient se trouver dans deux situations et percevoir :

– l’allocation mensuelle de subsistance (AMS), s’ils étaient hébergés en Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA).
– l’allocation temporaire d’attente (ATA), s’ils ne bénéficiaient pas d’un hébergement d’urgence.

Au 1er novembre 2015, elles ont été supprimées et remplacées par une allocation unique : l’allocation pour demandeur d’asile. Voici ce que dit le site du service public à ce sujet :

En tant que demandeur d’asile, vous n’êtes pas autorisé à travailler avant un délai de 9 mois. Toutefois, si vous êtes majeur, une allocation pour demandeur d’asile (Ada) peut vous être versée. Le versement de cette aide est conditionné par le respect de certaines règles et son montant dépend notamment de votre situation familiale.

En tant que demandeur d’asile, vous pouvez bénéficier de l’allocation pour demandeur d’asile (Ada) si vous remplissez les conditions cumulatives suivantes :

  • avoir accepté les conditions matérielles d’accueil qui vous ont été proposées par l’Office français de l’immigration et de l’intégration 
  • avoir au moins 18 ans,
  • être en possession de l’attestation de demandeur d’asile,
  • avoir des ressources mensuelles inférieures au montant du revenu de solidarité active (RSA).

L’allocation, versée en fin de chaque mois, débute à 6,80 euros par jour pour un homme seul (11,20 si il n’a pas eu de place d’hébergement proposée) et monte à 20,8 pour une famille de 5 personnes. Soit 204 euros minimum par mois pour une personne seule (336 si elle n’a pas d’hébergement proposé) et 624 euros pour une famille de 5 personnes. Elle est versée durant tout le temps du traitement des dossiers – ce qui est particulièrement long vu l’état de l’administration française...

Le RSA lui, se chiffre à 536 euros par mois pour une personne seule, et à 1341,95 euros pour un couple avec trois enfants.

En réalité, ce qui a pu faire dire que les migrants toucheraient le RSA au 1er septembre en lieu et place de l’allocation temporaire d’Attente (ATA) c’est justement la non prise en compte de la création de cette allocation spécifique pour demandeurs d’asile, qui ne touchent donc plus l’Ata pae ailleurs supprimée au premier septembre 2017. « Car effectivement, le décret n°2017-826 du 5 mai 2017 prévoit que seules les personnes percevant l’Ata au 1er septembre 2017 pourront continuer à en bénéficier (jusqu’à l’achèvement de leurs droits). À partir du 1er septembre 2017, il n’est plus possible de demander à bénéficier de l’Ata. L’accès au revenu de solidarité active (RSA), à la garantie jeune ou au parcours d’accompagnement contractualisé vers l’emploi et vers l’autonomie restent possible.» explique le site du service public.

Sont donc en réalité concernés par cette mesure au 1er septembre :

  • les apatrides,
  • les anciens détenus libérés,
  • les salariés expatriés non couverts par le régime d’assurance chômage.

Pour les immigrés entrés clandestinement en France et obtenant le statut de demandeur d’asile, l’obtention de l’Ada sonne toutefois comme un jackpot, incomparable avec le RSA comme nous l’avons vu plus haut, mais incomparable non plus avec le salaire moyen dans les pays d’origine (même s’il faut prendre aussi en compte le coût de la vie) : ainsi, un Erythréen a un revenu moyen au pays de 38 dollars par mois – et peut passer, en Europe, à 204 euros (avec un hébergement en plus). Un Afghan a un salaire moyen de 48 dollars par mois.  Une somme dérisoire en France, mais absolument pas dans ces pays, où ces montants sont connus.

Ainsi de facto, par  les allocations proposées en France aux immigrés clandestins qui entament des démarches (demande d’asile) pour y rester, un appel d’air continu a été fabriqué. Appel d’air qui, en plus de fabriquer des tensions sociétales de plus en plus lourdes, déracine des peuples, et leur permet simplement d’être une armée de pauvres un peu plus riches que chez eux, en concurrence toutefois par la suite sur le marché du travail avec les autochtones, lorsqu’ils obtiennent le précieux sésame …

 

09/04/2017

Sortons vite de l' euro .

Effaré par l’ampleur des méconnaissances, mais aussi  par la mauvaise foi, des journalistes et des hommes politiques qui s’expriment sur la question de la sortie de l’Euro, il est absolument nécessaire de rassembler ici certaines des principales questions qui se posent.
On peut parfaitement comprendre que nos concitoyens se posent des questions sur une possible sortie de l’Euro et un retour au Franc.
 
Comment va se faire le passage de l’Euro au Franc ?
 
L’ensemble des comptes et des contrats en France seront re-dénominés de l’euro au franc au taux de 1 pour 1.
Admettons qu’un foyer dispose
de 1200 euros sur son compte courant,
d’une assurance-vie de 50 000 euros,
qu’il paye un loyer de 800 euros,
et qu’il se soit endetté de 3000 euros pour acheter une voiture.
Du jour ou se fait la conversion,
il a 1200 « nouveaux » francs sur son compte courant,
50 000 francs sur son assurance-vie,
le loyer de son appartement est de 800 francs
et sa dette de 3000 francs.
Lors de la conversion, les règles s’appliqueront à tous les comptes, tous les contrats et toutes les dettes en France.
Seront appliquées les règles établies lors du passage du franc à l’euro
(sauf pour la valeur de la conversion », telles qu’elles sont précisées dans le règlement de l’Union européenne Règlement (CE) nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997 fixant certaines dispositions relatives à l’introduction de l’euro[1], règlement qui précise à ses points n°8 et n°9 :
(8) considérant que l’introduction de l’euro constitue une modification de la loi monétaire de chacun des États membres participants; que la reconnaissance de la loi monétaire d’un État est un principe universellement reconnu; que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l’ordre juridique des pays tiers;
(9) considérant que le terme «contrat» utilisé dans la définition des instruments juridiques englobe tous les types de contrats, indépendamment de la manière dont ils ont été conclus;
L’épargnant français sera-t-il ruiné par le passage de l’Euro au Franc ?
Comme il a été expliqué plus haut, la totalité des comptes bancaires et des contrats d’assurances seront re-dénominés de l’euro vers le (nouveau) franc au taux de 1 pour 1.
Les valeurs mobilières verront, si elles sont cotées à la bourse de Paris, de même leur valeur automatiquement re-dénominée.
Pour les biens immobiliers, cela dépendra de l’évolution du marché de l’immobilier ; mais on peut penser que le passage de l’euro au franc aura tendance à faire monter les prix de l’immobilier.
D’une manière générale l’épargne ne sera pas touchée par cette re-dénomination.
Il faut, pour la suite voir dans quel pays elle sera utilisée, et cela implique de regarder l’impact de la sortie de l’euro sur le taux de change.
La sortie de l’Euro va-t-elle provoquer une explosion des dettes publiques ?
Les dettes négociables émises par le gouvernement français ont été émises à 97% en droit français.
Cela signifie que 97% des montants seront intégralement re-dénominés de l’euro au (nouveau) franc, et ce pour la même valeur.
Ceci correspond au principe de droit international qui s’appelle la « loi monétaire », principe reconnu par la totalité des tribunaux tant français qu’étrangers.
Ce principe fut explicitement mentionné dans le règlement nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997, règlement cité plus haut, et qu’il fut utilisé sans problème lors de l’abandon du franc pour l’euro. L’euro s’était d’ailleurs fortement déprécié pendant les premières années (de 1999 à 2003). Il n’y a eu aucune protestation de détenteurs américains de la dette française (ou italienne, ou allemande).
C’est Nicolas Sarkozy qui, le premier, à parlé de cette « explosion de la dette » qu’une sortie de l’euro provoquerait, et sur ce point soit il ne connaissait pas la loi (étrange.. ?) ...
Admettons que sur le stock des dettes existantes il ne se passe rien. Mais, l’État continuera d’émettre de la dette, ne serait-ce que pour payer une partie des dettes existantes. On estime à 200 milliards par an cette somme. Une sortie de l’euro ne provoquerait-elle pas une forte hausse des taus d’intérêts ?
Il est exact que le besoin d’endettement de la France est d’environ 200 milliards (« nouvelle » dette et « ancienne » dette cumulées).
Les opérateurs étrangers vont pénaliser la dette française par rapport à la dette allemande.
Mais ils le font déjà ! Il faut savoir que les taux auxquels la France emprunte sont plus élevés de 0,50% à 0,75% que ceux de l’Allemagne.
Cet écart pourrait-il augmenter ?
Pas de manière importante car le besoin des investisseurs de placer de l’argent est très important, et le volume des émissions de dettes allemandes sont réduits. La hausse des taux serait alors le produit d’une concurrence entre les taux français et les taux italiens ou espagnols. Et les investisseurs auraient plus confiance dans le Franc que dans la Lire…
Mais, ces 200 milliards peuvent être souscrits par des banques opérant en France (qu’elles soient françaises ou non) si on rétablit la loi rendant impératif à ces banques de détenir un certain pourcentage de leur bilan en dettes publiques françaises.
Ce mécanisme a existé et bien fonctionné, des années 1950 aux années 1980. Il permet au gouvernement de rediriger les investissements des banques françaises, mais aussi des banques étrangères opérant en France. Avec ce mécanisme, les taux n’augmenteraient pas plus que ce qu’autorise de fait le gouvernement.
Voilà pourquoi les annonces catastrophistes sur une « forte » hausse des taux sont irréalistes et irresponsables .
Qu’adviendra-t-il du taux de change du (nouveau) Franc une fois effectuée la sortie de l’Euro ?
Le (nouveau) Franc verra son taux de change fixé par les marchés, sous réserve de mesures conservatoires que le gouvernement pourrait (et devrait) prendre, comme un contrôle des capitaux. A la suite de nombreuses discussions avec des traders opérant sur les taux de change on peut faire le pronostic suivant :
Le taux de change du Franc par rapport à « l’euro-maintenu » (soit l’Allemagne, et les pays qui étaient dans la zone Mark, baisserait. Plus précisément, la sortie de la France de la zone Euro provoquerait un mouvement d’appréciation de l’euro-Mark, mouvement que l’on peut estimer entre 20% et 30%.
Le taux de change du Franc par rapport au Dollar des États-Unis (et à la « zone Dollar ») baisserait entre -5% et -10%. Rappelons que la « zone Dollar » inclut la Chine, la Corée du Sud et Taiwan.
Par rapport aux autres pays européens, dont on peut penser qu’ils imiteraient la France rapidement (dans un délai de 3 à 6 mois), comme l’Espagne, la Grèce, l’Italie et le Portugal, le Franc s’apprécierait d’environ +3%-+5% par rapport à l’Italie et à l’Espagne, +10% par rapport au Portugal, +20%-+30% par rapport à la Grèce.
Une sortie de l’Euro, et la dissolution de fait de la zone Euro que cela entraînerait, conduirait à une redistribution des parités monétaires et non simplement une dévaluation du Franc. Rappelons que le gouvernement français pourrait contrôler ce processus par un mécanisme de contrôle sur les mouvements à court terme des capitaux.
Quelles seraient les conséquences pour le consommateur ? Ne verrait-on pas les prix augmenter subitement très fortement ?
Rappelons d’abord que dans le budget d’un ménage, une large part des dépenses se fait pour des produits ou des services fabriqués en France.
La part dans nos dépenses des produits importés est inférieure, en moyenne, à 40%.
Dans cette part, les prix des produits fabriqués en Allemagne augmenteraient fortement (+20% à +30%).
Les prix des produits issus de la Zone Dollar augmenteraient faiblement (+3% à +5%), les prix des produits importés d’Italie, d’Espagne, du Portugal ou de Grèce baisseraient.

Penons le cas du carburant.
Le pétrole est acheté en dollars, puis raffiné en France.
Mais, dans l’essence (ou le gazole) payé à la pompe, il faut savoir qu’il y a une très forte part d’impôts, de 60% à 75%.
Donc, la hausse à la pompe induite par la dépréciation du Franc par rapport au Dollar serait infime.
Mais, une dévaluation a toujours provoqué une hausse des prix ?
En fait, la situation actuelle est très différente de celle des années 1960 ou 1970.
Plus qu’une « dévaluation », la sortie de l’euro provoquerait un mouvement de redistribution des parités des diverses monnaies par rapport au Franc.
En cumulant les hypothèses les plus négatives, on arrive à une hausse de 3% des prix dans l’année qui suivrait cette sortie de l’euro.
Mais, il faut aussi tenir compte du surcroît d’activité qu’impliquerait cette sortie, surcroît qui se ferait sentir pendant au moins 3 ans, et qui entraînerait un retour à l’emploi de 1,5 millions à 2,5 millions de personnes. Ce retour à l’emploi permettrait de régler les déficits des comptes sociaux et de baisser les cotisations sociales, rendant du pouvoir d’achat aux salariés.
Mais, le contrôle des capitaux dont vous parlez, c’est une inquisition ! L’Etat va vouloir savoir combien on détient quand on partira à l’étranger ?
Le contrôle des capitaux s’appliquera essentiellement aux entreprises financières qui veulent soit placer à court terme de l’argent en France soit en placer (toujours à court terme) à l’étranger.
Ces mouvements sont de la spéculation et celle-ci peut être dommageable pour l’économie.
Ce sont donc ces mouvements là que le gouvernement devra contrôler, par le biais d’une taxe payée (en partie) lors de l’opération et remboursable à partir d’un certain délai.
Les dépenses correspondant à des opérations commerciales, des investissements à long terme, en seraient exemptées.
Pour les particuliers  une franchise de 15 000 euros existera sur les comptes. On ne demandera des documents (factures, notes d’hôtels) que si vos dépenses à l’étranger vont au-delà.
Jacques Sapir ·