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Défense Nationale

  • La France va-t-elle continuer à faire tuer ses soldats pour défendre des pays dans lesquels ils sont insultés?

     

    Après le décès de 13 militaires français au Mali le 25 novembre dernier, bien de Français s’interrogent sur la pertinacité de l’opération militaire Barkhane menée au Sahel et au Sahara par l’armée française, et qui vise à lutter contre les groupes armés salafistes djihadistes dans toute la région du Sahel. Lancée le 1er août 2014, elle prend la suite des opérations Serval et Épervier. Elle mobilise plusieurs milliers de soldats contre quelques centaines de salafistes djihadistes.

    Un récent communiqué du spécialiste de l’Afrique mondialement reconnu, le professeur Bernard Lugan, donne des éléments de réponse.

    La France va-t-elle continuer à faire tuer ses soldats pour défendre des pays dans lesquels ils sont insultés?

    Au Sahel, alors que des soldats français tombent pour la défense de pays menacés par le jihadisme, des manifestations désormais quasi quotidiennes accusent la France de « néocolonialisme » et exigent le départ de l’armée française 

    Une telle indécence a conduit le président Macron à « convier » les chefs des cinq Etats du G5 Sahel à une réunion d’ « éclaircissement » qui se tiendra 16 décembre à Pau, base du 5e Régiment d’Hélicoptères de Combat, unité qui vient de subir de lourdes pertes au Mali.

    Lors de ce sommet de la dernière chance, trois points devront  être abordés :

    1) Les accusations de « néocolonialisme » portées contre la France doivent cesser car :

    – L’armée française ne combat pas au Sahel pour des intérêts économiques puisque la région totalise moins de 0,25% du commerce extérieur de la France. Elle ne combat pas davantage pour son uranium. Sur les 63.000 tonnes extraites de par le monde, le Sahel n’en produit en effet que 2900… Quant à l’or du Burkina Faso et du Mali, il est extrait par des sociétés canadiennes, australiennes et turques. Au point de vue économique, le Sahel est donc inexistant pour la France.

    – La France consacre 0,43% de son PIB à l’APD (Aide publique au développement), soit un peu plus de 12 milliards d’euros en 2018 (7,8 mds de dons et 4,3 de prêts dont tout le monde sait qu’ils ne seront jamais remboursés…).

    Les trois-quarts le sont à destination du Sahel, soit 9 milliards d’euros directement pris dans la poche des contribuables français. Soit le prix de trois porte-avions. Employée en France, cette somme colossale aurait permis de régler définitivement la question du financement des hôpitaux et de la Justice, tout en effaçant la dette de la SNCF…

    Cependant, paraissant davantage préoccupé par le sort des habitants du Zambèze que par celui de ses compatriotes de la Corrèze, le gouvernement vient de décider, par oukase, de porter cette APD à 0,55% du PIB de la France d’ici 2022… Les « restos du cœur » n’auront donc qu’à s’adresser à la générosité publique…cependant que les « porteurs de valises » continueront à parler de « néocolonialisme » !!!

    2) L’armée française n’a pas pour vocation de combattre à la place des Africains. C’est ainsi que des dizaines de milliers de Maliens en âge de porter les armes vivent en France, notamment à Montreuil, « deuxième ville du Mali ». Touchant des subventions et percevant des allocations généreusement versées par le « néocolonialisme » français, ils laissent nos soldats se faire tuer pour eux… et à leur place.  Le comble est qu’au sein de cette diaspora, des blogs très suivis déversent quotidiennement des tombereaux  de haine sur la France et son armée.

    S’il veut être crédible, le président Macron devra donc annoncer que les animateurs de ces blogs, ainsi que leurs contributeurs les plus virulents seront expulsés de France et remis à l’armée malienne pour incorporation éventuelle.

    3) Trois questions devront ensuite être posées aux chefs des Etats du G5 Sahel, plus particulièrement à ceux du Mali et du Burkina Faso, le cas du Tchad étant différent car l’armée tchadienne a loyalement et efficacement combattu aux côtés de nos forces :

    – Combattons-nous le même ennemi ? Si oui, vous devez en fournir rapidement la preuve.

    – Désirez-vous le maintien d’une présence militaire qui coûte à la France plus d’un million d’euros par jour ? Si oui, il n’est plus question de tolérer les indécentes manifestations anti-françaises qui se déroulent à Bamako et à Ouagadougou.

    – Quels sont vos buts de guerre ? S’il s’agit du retour à l’état antérieur, quand, adossés à l’ethno-mathématique électorale, vous exploitiez vos minorités ethniques (Touareg et Peul), ce qui a provoqué la guerre actuelle, alors, votre combat n’est pas le nôtre.

    Les guerres du Sahel ont en effet des causes historiques, politiques et anthropologiques (voir à ce sujet mon livre Les Guerres du Sahel des origines à nos jours). Quant à l’actuel islamisme, il est d’abord la surinfection de plaies ethno-raciales que les responsables politiques des pays du Sahel refusent de fermer. Barkhane  ne peut évidemment le faire à leur place, sa présence n’ayant qu’un but : éviter la désintégration régionale

    Bernard Lugan

     

  • Il faut ramener nos soldats chez nous. Nous en aurons besoin prochainement ...

    Par le Général DUBOIS –

    La mort récente au combat de treize des nôtres au Sahel, s’ajoutant à d’autres, et avant les suivants, pose une question majeure. Leur sacrifice a-t-il un sens dans l’intérêt de la nation française ? Je ne le pense pas. Évidemment on exalte le sacrifice des sacrifiés. Une fois dit qu’ils sont morts pour la patrie, pour nous défendre, nos chefs semblent être exonérés de tout questionnement sur le sens de ce sacrifice. Une consolation : ceux qui sont tombés auront droit à un hommage présidentiel aux Invalides ; comme de coutume. Morts pour la France ? A 5000 km de chez nous, où ils sont moins de 5000 à lutter depuis cinq ans, par des températures extrêmes, dans un territoire grand comme dix fois la France ? Ces chiffres à eux seuls suffisent à faire pressentir l’inanité à terme de la mission. Bien sûr, dans certaines circonstances, la défense du pays peut commencer loin des frontières. Les risques seraient acceptables s’il pouvait être espéré que leur action là-bas annihile, ou au moins réduit, le danger chez nous.

    Ce n’est pas le cas.

    Malgré les efforts et la qualité de ces troupes, sur leur terrain d’action le danger grandit sans cesse. Les zones infectées par les djihadistes s’étalent. La population, travaillée par la propagande islamique et sans doute désabusée devant l’incurie de ses dirigeants officiels, nous est de plus en plus hostile et nous voit comme une armée d’occupation. Autrement dit nous sommes trop peu, surclassés, mal tolérés par des populations qu’on aurait pu espérer bienveillantes ; pas encore submergés, mais craignons que la menace grandissante contraigne nos maigres forces à consacrer l’essentiel de leurs moyens à se protéger elles-mêmes au détriment de la mission principale de destruction des bandes adverses. Nos alliés locaux ne valent rien. L’Europe n’est pas là, sauf pour un soutien parcimonieux dans les domaines logistique et de formation d’unités indigènes dont la médiocrité semble sans remède. A défaut d’engagement massif des Européens c’est mission impossible.

    Et la ministre des armées ne trouve à dire qu’une chose : le combat sera long. Pas de quoi soutenir le moral ! Quels sont les buts de guerre ? Pas un mot. La lutte contre le terrorisme n’est pas un but. Le terrorisme n’est qu’un moyen. Il faut désigner l’ennemi. Mais on ne le fera pas car ce serait reconnaitre que l’ennemi c’est in fine l’Islam, dont on continue pourtant à accueillir chez nous, légaux ou non, les adeptes par foules de 4 à 500.000 par an.

    On envoie une armée squelettique là-bas pendant que l’invasion consentie continue chez nous.

    L’ennemi est dans la place mais on regarde au loin. Et pendant que nos gens se font tuer au Mali, on héberge chez nous, entre autres, 70 à 80.000 Maliens, au seul mérite d’avoir fui un pays en guerre. Autrement dit, on donne asile à des déserteurs et on envoie les nôtres se battre à leur place.

    Mes compatriotes Français, dans ce pays où tout le monde a autant de droits que vous, quand ce n’est pas davantage, je crois qu’il y a un privilège que personne ne vous disputera. C’est celui d’aller vous faire casser la gueule quand un conflit éclate. Est-ce normal ?

    Nous n’avons pas les moyens de lutter seuls aux limites extrêmes du désert dans l’espoir vain d’assurer notre sécurité ici. On ne peut pas compter sur le sacrifice lointain d’une minorité aussi motivée soit-elle pour pallier l’aveuglement et la lâcheté d’une classe politique qui se rend ici.

     

  • Les incompétents du gouvernement Macron ont laissé Latécoère passer sous giron américain !

    Latécoère, nouvelle victime de l’absence de stratégie industrielle de la France .

     

    Depuis le 4 décembre, le mythique équipementier aéronautique Latécoère bat pavillon américain. Alors que l’exécutif entend stimuler l’innovation et diminuer la dépendance de l’industrie de Défense française aux composants américains, il continuer de laisser passer des actifs industriels clefs sous contrôle étranger. Retour sur ces contradictions.

     

    La défense des intérêts nationaux, un concept visiblement étranger à l’exécutif français.
     
    On l’avait observé de façon flagrante lors du démantèlement d’Alstom, sur fond de chantage américain, puis on l’avait constaté avec les cas de Lafarge, Technip, STX, Alcatel-Lucent et plus récemment Peugeot, ou encore lorsqu’Emmanuel Macron avait voulu faire don du reste d’Alstom à l’allemand Siemens, avant d’être arrêté par la Commission européenne.

     

    C’est donc sans surprise que le 4 décembre l’OPA sur Latécoère, lancée en juin par le jeune fonds d’investissement Searchlight, immatriculé aux îles Caïmans, s’est couronnée de succès. En obtenant 62,76% du capital du champion français des aérostructures (tronçons de fuselage…) et des systèmes d’interconnexion (câblages, équipements embarqués…), le fonds américain n’obtient pas qu’un nouveau trophée à son tableau de chasse, ce sont surtout les brevets d’une entreprise particulièrement innovante dans un domaine hautement stratégique pour la France qui tombent dans l’escarcelle américaine !

    En effet, Latécoère n’était pas simplement une «très belle entreprise» «stratégique», elle était surtout loin d’être une entreprise «musée», comme le rappelait récemment Laurent Izard, auteur de La France vendue à la découpe (Éd, 2019), auprès de nos confrères de Valeurs actuelles. Latécoère a beau avoir soufflé en 2017 sa centième bougie, elle multiplie les dépôts de brevet, souligne ainsi le normalien, aux yeux duquel cette cession touche à la «sécurité militaire» de la France.

     

    The logos of French car maker Peugeot and German car maker Opel are seen at a dealership in Villepinte, near Paris, France, February 20, 2017.
     
    En effet, au-delà d’avoir été une entreprise pionnière dans le transport de passagers (L’Aéropostale), avant de devenir un équipementier historique pour tous les constructeurs aéronautiques de premier plan (Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault Aviation et Embraer), Latécoère innove dans les domaines des télécommunications et d’interconnections, en s’attelant notamment au développement de technologies optiques de transmission de données telles que le Li-Fi (pour «Light Fidelity»). Une technologie qui, d’ici une dizaine d’années, vise à remplacer le Wi-Fi dans les cabines.

     

    Or, avec une prise de contrôle de l’équipementier par une société américaine, ce sont tous ses brevets qui tombent dans l’escarcelle des États-Unis.

    Des technologies développées en France viendront non seulement s’agglomérer à l’outil de puissance économique états-unien, mais elles feront également tomber sous le coup de l’extraterritorialité du droit US tous les appareils intégrant des composants développés par Latécoère. En effet, via la fameuse réglementation ITAR (International Traffic in Arms Regulations), les autorités américaines s’octroient le droit d’imposer à toutes entreprises à travers le monde de demander leur aval avant de procéder à l’exportation de matériels aéronautiques et de défense comportant des composants américains. Une loi d’un État étranger qui s’avère particulièrement contraignante pour les entreprises françaises et européennes, telles qu’Airbus, Thales ou MBDA.

    Un aspect de cette opération de rachat sur lequel mettait en garde tant Laurent Izard que 17 députés (dont 14 issus de la majorité) de la Commission de la Défense nationale des forces armées. Ces derniers, menés par Jean-Charles Larsonneur, député LREM du Finistère, ont interpellé fin novembre le Premier ministre sur ce dossier, estimant qu’une «approche souveraine» devait prévaloir. Un argument de la menace que fait peser sur nos intérêts économiques l’extraterritorialité américaine qui devrait d’autant plus peser au sommet de l’exécutif que la France tient à réduire les dépendances de l’industrie de l’armement aux composants américains. Pourtant, il semble n’en être rien.

     

    Le logo d'Alstom
     
     
    Mi-septembre, c’était Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental régional (CESR) d’Occitanie, qui écrivait à Bruno Le Maire, estimant que «laisser le champ libre à un fonds nord-américain serait une erreur». À ses yeux, avoir «un peu» de patriotisme économique, «face aux États-Unis et à la Chine» n’est «pas un gros mot». Le président du CESR d’Occitanie brandissait alors une autre menace: celle du dépeçage pur et simple de l’entreprise par ses nouveaux propriétaires, prenant pour exemple le cas de Molex, entreprise de connecteurs électriques de la région de Toulouse, rachetée par des Américains, qui s’étaient emparés des brevets avant de délocaliser l’usine.

     

    Un risque également mentionné par Laurent Izard, qui rappelle que face à ce type d’opération, des «garde-fous» juridiques existent pourtant, à commencer par le décret Montebourg, renforcé par la très récente loi Pacte. Pour l’heure, l’État a seulement demandé à l’Américain de laisser monter la société française de gestion d’actifs Tikehau Capital à 10% du capital de Latécoère, au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IEF), une demande du gouvernement français à Searchlight qui pour l’heure reste lettre morte.

    N’est-il pas étonnant qu’à l’heure où le gouvernement budgétise 10 milliards d’euros, mettant en garantie la vente de ses participations dans de grands groupes publics (ADP, Engie, FDJ), afin de constituer un fond pour financer la création de Start-ups innovantes, celui-ci ne trouve pas un centime pour empêcher que des fleurons français innovants, reconnus dans leur domaine d’expertise, ne se fassent racheter par des fonds étrangers?