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28/06/2017

La démocratie et l’électoralisme sont consubstantiels au vol, à la triche, à l’escroquerie, au racket et à la perversion du peuple .

Son succès n’aura duré que l’espace de quelques semaines. En démissionnant du gouvernement le 21 juin, avec sa fidèle Marielle de Sarnez, François Bayrou a sans doute signé sa mort politique. Car on voit mal a priori comment son parti, le Modem, pourra être lavé de tout soupçon dans l’affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen. Dans un entretien accordé au journal Sud-Ouest, le maire de Pau confesse d’ailleurs que le MoDem avait recasé des salariés dans les institutions européennes. « Dans une période de mauvaise passe comme toutes les formations politiques en ont connu, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, des gens de confiance. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux. On leur a recommandé ces gens-là. Les deux parties étaient bien contentes », déclare au quotidien le ministre de la Justice démissionnaire. Le problème, c’est que plusieurs anciens assistants parlementaires du Modem affirment n’avoir jamais travaillé dans les faits pour le Parlement européen mais seulement pour le parti du Béarnais. « Les temps partiels qui étaient financés par l’Europe servaient les ambitions de François Bayrou… Certains eurodéputés centristes se plaignaient de ne pas pouvoir disposer de ces assistants qui étaient pourtant censés être à leur service. Mais il était difficile de s’opposer à ce système sous peine de ne pas être investis aux prochaines élections. » a ainsi déclaré le 23 juin sur France Info un ancien assistant parlementaire. Voilà des pratiques et des méthodes qui ressemblent fortement à celles qui sont reprochées au Front national accusé d’avoir mis en place un système industriel et mafieux pour faire payer par le Parlement européen (donc par les contribuables des pays de l’UE) des personnes travaillant en réalité pour le parti. C’était ce qu’avait massivement fait le RPR du temps de Chirac à la mairie de Paris où étaient embauchés à l’hôtel de ville des militants du mouvement chiraquien ne travaillant en réalité que pour le parti afin de permettre au Corrézien d’assouvir son ambition présidentielle.

 

La démocratie et l’électoralisme sont consubstantiels au vol, à la triche, à l’escroquerie, au racket. Ils reposent sur des systèmes mafieux et ne peuvent se perpétuer, se consolider que dans le viol permanent de la loi et de la morale la plus élémentaire. Sans recours à l’argent sale aucun des présidents de la République successifs n’auraient pu parvenir à leurs fins. Sans le système Urba-Graco, jamais François Mitterrand n’aurait accédé à l’Elysée. De même Jacques Chirac n’aurait jamais obtenu la magistrature suprême s’il n’avait préalablement mis en coupe réglée pendant de longues années la mairie de Paris. Il y a une trentaine d’années, Michel Rocard avait mis en place une première loi de moralisation de la vie publique octroyant aux différents partis politiques un financement public annuel non négligeable. Cela n’a nullement empêché ni ralenti le rythme des affaires car pour faire campagne il faut beaucoup d’argent et c’est en général celui qui dépense le plus, qui dispose de la manne la plus considérable qui l’emporte. Sans le soutien de puissances financières et médiatiques particulièrement influentes et opulentes, jamais Emmanuel Macron n’aurait réalisé le destin qui est le sien aujourd’hui. Et si Jacques Chirac en 1995 et en 2002 et Nicolas Sarkozy en 2007 n’avaient pas été les candidats les plus dépensiers, auraient-ils été élus ? Dans leur système, sans argent à foison, on ne peut rien faire. Aurait-on les meilleures idées, les meilleures intentions, les plus belles vertus, si l’on ne dispose pas de dizaines voire de centaines de millions d’euros, on ne peut arriver à rien. On voit à quel point les dés sont pipés, le jeu truqué. 

En plus du système des emplois fictifs, les partis ont volontiers recours au financement occulte, déguisé, aux fausses factures, aux surfacturations : c’est le système Bygmalion pour l’UMP, Urba pour le PS, celui des kits de campagne de la société Jeanne pour le FN marinien. Car les cotisations des adhérents et des élus sont totalement insuffisantes pour couvrir les dépenses considérables des campagnes électorales et assurer le financement du train de vie très dispendieux des dirigeants du mouvement. Des enquêtes journalistiques de l’Obs, de Mediapart, conformes aux témoignages que nous recevons, ont ainsi révélé que les dirigeants du FN, Marine Le Pen et sa cour, ne se refusaient rien, que les plus grands crus étaient commandés en abondance, que le champagne coulait à flot, que les petits fours ne manquaient pas, bref que les frais de bouche et de réception étaient considérables. Mais ce qui est vrai du FN l’est aussi des autres partis : souvenons-nous des frais de bouche de Chirac à la mairie de Paris, des dépenses somptuaires de Sarkozy à l’Elysée, des fonds secrets volatilisés sous Balladur. Non seulement tous ces politiciens ne servent à rien mais de surcroît ils se servent au passage. Ou plutôt s’ils servent à quelque chose, c’est à détruire la France, la civilisation, la morale, toutes les institutions et tous les principes immémoriaux.

 

C’est pourquoi lorsque le gouvernement annonce une nouveau projet de loi de moralisation de la vie politique, il y a de quoi hurler de rire. C’est comme si l’on demandait aux prostituées de dispenser des cours de morale ou aux pyromanes d’éteindre le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé. C’est d’ailleurs tout un symbole que l’homme qui portait ce projet de loi de moralisation soit lui-même suspecté et ait été contraint à la démission. Personne dans leur système ne peut en effet rester propre et vertueux. Tout est irrémédiablement souillé, corrompu, avili. C’est pourquoi, pour garder son âme, il ne faut pas pactiser avec, il ne faut pas se compromettre. Il faut absolument se tenir à l’écart de tout cela, y compris à notre avis en refusant d’urner car par le bulletin de vote on contribue à les financer, à les enrichir, à les engraisser et à les légitimer. Tout cela n’en vaut vraiment pas la peine. Quand on pense à tous ces braves gens qui ont tout donné au FN, y sacrifiant parfois leur femme, leurs enfants, leur situation professionnelle, leurs deniers, leur réputation, et pour quelques-uns d’entre eux leur liberté (on pense à Robert Lagier qui a croupi en prison pour avoir tiré accidentellement sur des Comoriens lors d’un collage nocturne à Marseille qui a mal tourné) voire leur vie (huit morts tués pour leur engagement), à quoi cela leur a-t-il servi ? Cela valait-il la peine de détruire sa vie, sa famille, de ne pas passer du temps avec ses enfants (ce qui est irrémédiable) quand on voit qui aujourd’hui dirige ce parti, une « madone à pédés » sans foi ni loi ? Nous ne le dirons jamais assez : occupons-nous d’abord des nôtres, chérissons notre conjoint, nos enfants, tel est notre premier devoir d’état (après le devoir religieux) plutôt que de céder à des illusions électorales et porter au pinacle des chefs qui ne le méritent pas et qui sont les héritiers de Régine et de Patrick Sébastien et non du maréchal Pétain. Nous en avons connu en effet de ces militants qui nous disaient avoir tout donné pour la cause et qui se retrouvaient bien seuls aujourd’hui. Ils avaient cru voir dans le FN une famille d’adoption et ils ont déchanté, mais bien tard. Et quand ils se retournaient derrière eux, ils se rendaient compte, effrayés, qu’ils n’avaient rien construit et leur vie leur semblait bien vide. 

 

Quelques jours seulement après la démission de Bayrou, l’homme de la prétendue moralisation, les media nous tympanisaient sur la Gay Pride qui s’ébranlait à Paris et en province le jour de la saint Jean-Baptiste, qu’on appelait autrefois la Noël d’été tant on avait une dévotion particulière envers le Précurseur et à l’occasion de laquelle on organisait de magnifiques et émouvants feux de la Saint-Jean. La Gay Pride, ce défilé vomitif où s’étale la luxure la plus répugnante et où se donnent libre cours les mœurs les plus contre-nature exigeait cette année « la PMA pour toutes » après le « mariage pour tous ». Année après année, le lobby LGBT va toujours plus loin dans ses revendications qui sont sans cesse satisfaites : historiquement il y eut ainsi la revendication du Pacs, puis de la loi contre la prétendue “homophobie”, puis le droit au “mariage”, puis désormais la PMA pour les lesbiennes avant la GPA pour les pédérastes. Loin d’interdire de telles manifestations, comme en Russie poutinienne, loin de s’opposer à de telles revendications exorbitantes et insensées, les pouvoirs publics n’ont de cesse de cajoler cette minorité bruyante aux relais médiatiques puissants et au pouvoir d’achat considérable. Pendant sa campagne Macron s’est dit ouvert à l’extension de la PMA aux homosexuelles. Et il ne faut pas compter sur les autres partis pour s’y opposer fermement : ils ont tous en leur sein leur lobby LGBT et leurs invertis notoires. Y compris le FN avec l’inénarrable Sébastien Chenu, cofondateur de Gay-Lib et porte-parole de Marine Le Pen. On ne saurait donc compter sur aucun de ces partis vermoulus et corrompus pour défendre la morale traditionnelle et pour tenir ferme sur des principes.

 

D’ailleurs, l’avez-vous remarqué, dans le débat public on ne parle plus jamais de principes mais simplement de valeurs, ce qui n’a rien à voir. Philippe de Villiers avait fondé naguère un combat pour les valeurs. Ce qui ne l’a pas empêché de siéger dans un gouvernement de cohabitation qui appliquait sans sourciller la loi organisant le massacre industriel des enfants à naître ni de participer activement à des majorités approuvant ce crime. C’est qu’en réalité on peut mettre ce que l’on veut derrière le mot valeurs. Ne parle-t-on pas de valeurs mobilières et Jacques Chirac ne clamait-il pas qu’il n’avait pas les mêmes valeurs que Jean-Marie Le Pen sans toutefois jamais les définir ? Il s’agissait en réalité de valeurs, ou plutôt, de mots d’ordre maçonniques.

Autrefois l’on ne parlait pas de valeurs mais de principes. On disait d’un tel : « voici un homme à principes » et d’un autre, de manière péjorative, « celui-là, il n’a pas de principes ». C’était l’époque, aujourd’hui révolue, où l’on avait une foi, des certitudes et des convictions si intimes, si profondes, si éclairantes, si déterminantes qu’on se serait senti déshonoré si on les avait foulées au pied. Mais aujourd’hui nous vivons l’époque du mouchoir jetable : l’on change d’opinion, de parti, de camp et de partenaire comme l’on change de chemise. Ce qui valait hier ne vaut plus aujourd’hui, ce qu’on adulait est tout à coup méprisé. Tout se consomme et tout se jette. Et chaque jour qui passe nous conduit ainsi un peu plus vers l’abîme.

 

03/06/2017

Scandaleuses prises de position pro-Femen et anti-chrétiennes de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa : l’AGRIF demande sa démission .

 

 
Scandaleuses prises de position pro-Femen et anti-chrétiennes de la secrétaire d’Etat Marlène Schiappa : l’AGRIF demande sa démission !
 

 

Bernard Antony, président de l’AGRIF, et Pierre Henri, responsable de la communication, communiquent :

 

La très récente nomination au secrétariat d’Etat « à l’égalité femmes-hommes » de Marlène Schiappa est inquiétante à plus d’un titre, tant par le passé militant de cette dame, proche de la Libre Pensée et de la gauche laïciste anti-religieuse, que par ses prise de position publiques.

 

L’on apprend ainsi que Marlène Schiappa a adressé un soutien explicite par lettre officielle aux Femen inculpées d’exhibition sexuelles, dans laquelle elle « s’interroge sur le sens du délit d’exhibition sexuelle », et « regrette que la persistance de stéréotypes sexistes conduise notre société à considérer […] la nudité des femmes comme offensante, quand celle des hommes est vue comme militante », ce qui ressortit à une mauvaise foi partisane outrancière. Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté, la secrétaire d’Etat légitime l’action des fanatiques Femen en la rattachant aux droits des femmes « à disposer librement de leur corps » et les assure de sa « détermination à combattre, dans [ses] fonctions ministérielles et [son] engagement militant, tout ce qui peut faire obstacle à l’exercice de ce droit et de cette liberté inaliénable ». Un membre du gouvernement peut donc, sans rappel à l’ordre, contester une procédure de justice et cautionner, avec l’alibi du féminisme, les actions de violences hystériques des militantes Femen, en particulier les profanations de Notre-Dame et de la Madeleine pour lesquelles l’AGRIF les a poursuivies devant les tribunaux.

 

Mme Schiappa s’était déjà illustrée, avant sa prise de fonction, par de consternantes déclarations, en particulier devant la Fondation Jean Jaurès à l’automne 2016, quand elle osait dire que « les religieux s’entendent entre eux » pour opprimer les femmes, opposent à l’avortement « un pseudo-droit à la vie », que la Doctrine sociale de l’Eglise tend à limiter les droits des femmes. Mais elle va plus loin encore dans l’ineptie, elle qui se veut pourfendeuse du « joug religieux », conforme en cela à l’esprit d’athéisme radical de la Libre Pensée : les messes diffusées sur France 2 sont une « infraction à la loi de 1905 » et propagent l’idée qu’il y a une « inégalité naturelle, de substance, entre les hommes et les femmes ». Cette risible énormité prouve bien que Mme Schiappa, dans une ignorance crasse tant du texte de la loi de 1905 que des religions, voue à ces dernières une haine idéologique systématique, en particulier au christianisme qui n’attire aucunement sa mansuétude, au contraire de l’islam des « quartiers populaires » et des « mères qui accompagnent les sorties scolaires voilées ».

 

C’est en effet dans une lettre ouverte à Manuel Valls, en 2014, que Marlène Schiappa affirmait que les « quartiers populaires » (comprendre les banlieues islamisées) ne sont pas antisémites, et avançait cette démonstration stupéfiante : « L'article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République "ne reconnaît, ne salarie, ne subventionne aucun culte". Ni plus ni moins. Interdire le voile c'est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l'école est donc contraire à la loi de 1905. » Selon Mme Schiappa, la loi de 1905 interdit de reconnaître l’existence même des religions ! Il faudrait donc laisser libre cours à tous les signes religieux, ce que par ailleurs elle contestera fermement ! Ce propos hallucinant lui a été rappelé à juste titre par l’essayiste Alain Finkielkraut et montre que, derrière le laïcisme anti-religieux, se cache aussi une sourde complaisance pour l’islam, religion des « quartiers métissés» que cette adjointe au maire du Mans vante tant.

 

Ces différentes prises de position conduisent l’AGRIF à demander la démission de la secrétaire d’Etat. Il n’est en effet pas concevable qu’un membre du gouvernement de la France puisse, ne serait-ce que verbalement, adhérer à une idéologie anti-religieuse totalitaire. L’AGRIF étudiera tous les moyens de recours contre Mme Schiappa et incite ses sympathisants et adhérents à signer la pétition de l’Observatoire de la Christianophobie :

 

https://www.christianophobie.fr/cartes-des-evenements/2017/052017/marlene-schiappa-ne-veut-plus-de-messe-a-tele-petition#.WS_vqza1vIU

 

31/05/2017

Comment relever la France ?

Dans un entretien au Parisien, le 28 mai, François Baroin, chef de file des Républicains pour les législatives, a évoqué un possible « partage de responsabilités » avec Emmanuel Macron en cas de victoire de la “droite” parlementaire aux élections des 11 et 18 juin. Une hypothèse fort improbable, les différents sondages accordant une majorité absolue en sièges à la République en marche. Toujours est-il que le sénateur-maire de Troyes a cru bon de préciser qu’en cas de victoire de son parti, le terme de “cohabitation” ne serait pas le plus adapté. « Ce serait différent » mais « cela n’aura rien de conflictuel ». « Certains parlent de covoiturage, ajoute le franc-maçon Baroin, mais c’est un terme impropre aux institutions. Il s’agit en tout cas d’un partage de responsabilités ». On a connu opposition plus franche à l’égard de l’exécutif. La vérité, c’est que rien sur l’essentiel ne peut indisposer les Républicains dans les orientations du nouveau chef de l’Etat. « Si nous avons la majorité absolue, c’est notre projet qui sera mis en œuvre » assure Baroin au Parisien. Mais en quoi le projet des Républicains est-il fondamentalement différent de celui de la République en marche ? La seule différence perceptible se situe sur le plan de la technique fiscale : là où le chef de l’Etat entend augmenter la CSG, les Républicains préfèrent relever le taux de TVA. Jamais il n’a été aussi patent qu’aujourd’hui que la droite et la gauche de gouvernement font exactement la même politique, servent les mêmes intérêts, obéissent aux mêmes cénacles, sortent des mêmes écoles, ont un cursus analogue et de semblables objectifs. L’on a fait croire depuis des décennies en l’existence de profondes divergences entre le centre gauche et le centre droit alors qu’il s’agit d’une complète imposture. Aujourd’hui en Macronie les choses ont-elles au moins le mérite d’être claires.

Mais allons plus loin. Existe-t-il encore dans notre pays une droite authentique ? Et sinon est-il possible de la reconstruire ? L’hebdomadaire Valeurs actuelles consacre un long dossier dans son numéro du 25 mai à ce sujet (« comment sauver la droite », tel est le titre de couverture), exhorte « la droite conservatrice à se réinventer » après la victoire du macronisme et s’interroge sur une droite déstabilisée par le triomphe du nouveau président, « fragilisée par un gouvernement d’ouverture qui séduit jusque dans son camp » et qui n’a donc « jamais eu autant besoin de repenser ce qui la constitue et la distingue de ses adversaires ». C’est qu’en vérité tous les partis aujourd’hui ne font que de l’économisme, y compris ceux que les media qualifient de droite et d’extrême droite. La campagne de François Fillon a ainsi été centrée sur la nécessité de réduire les dépenses et les déficits tandis que celle de Marine Le Pen était principalement axée sur la sortie de l’euro et la lutte contre l’austérité imposée par Bruxelles. Or, la conduite d’un peuple et d’une nation ne saurait se limiter aux seules questions économiques, à des affaires d’intendance, aussi importantes soient-elles. 

 

Le grand anthropologue Georges Dumézil a mis en évidence dans ses travaux érudits la tripartition au sein des sociétés indo-européennes. Ces sociétés traditionnelles distinguaient en effet l’activité en trois fonctions politiques correspondant aux domaines religieux, guerrier et économique. On distinguait dans l’organisation sociale les oratores (ceux qui prient), les bellatores (ceux qui combattent) et les laboratores (ceux qui travaillent). Or, explique Dumézil, dans ces sociétés, les fonctions de direction sont occupées par ceux qui prient et ceux qui combattent. Le troisième ordre, qui correspond aux forces de production, est certes nécessaire mais il est strictement soumis aux deux autres ordres, plus élevés, plus nobles. Tel n’est plus le cas dans nos sociétés modernes où Mammon a tout envahi, où domine sans frein le règne de l’argent et où tous les principes, valeurs et institutions traditionnels sont bafoués, détruits, ébranlés, subvertis, minés de l’intérieur. Aucune formation politique en France (mais cela vaut aussi pour les autres pays occidentaux) ne défend des principes intangibles, des valeurs objectives et transcendantes. 

Dans un entretien au Figaro, le 18 avril, soit cinq jours avant le premier tour, Marine Le Pen affirmait que « l’enjeu de cette présidentielle est un enjeu de civilisation ». Mais de quelle civilisation parlait-elle ? Et en quoi la candidate du Front national défend-elle plus que ses concurrents la civilisation, elle qui est pour le droit à l’avortement et son remboursement à 100 %, elle qui défend bec et ongle la laïcité républicaine dans sa version la plus rigoriste, elle qui s’est dite émue par le long hommage rendu au policier Xavier Jugelé par son concubin homosexuel lors de la cérémonie organisée à sa gloire par François Hollande ? Sur la question des valeurs morales et familiales il n’y avait notoirement aucune différence entre les deux finalistes qui ne divergeaient que sur les conséquences légales et quant à l’état civil des GPA (gestations pour autrui) faites à l’étranger ! Sur tout le reste ils sont d’accord : l’avortement et la pornographie de masse, les unions homosexuelles, le divorce par consentement mutuel, l’extension du Pacs, etc. Et l’on pourrait en dire de même de Fillon. On nous a présenté l’ex-député de la Sarthe comme un catholique conservateur attaché aux valeurs familiales et morales alors qu’en réalité Fillon est un tartuffe. Comme parlementaire, à l’occasion des 40 ans de la loi Veil dépénalisant l’avortement, il a voté, le 26 novembre 2014, une résolution pour « réaffirmer le droit fondamental à l’IVG en France et en Europe ». Et le débat de l’entre-deux-tours des primaires entre Fillon et Juppé a montré qu’ils étaient aussi décidés l’un que l’autre à maintenir en tous points le massacre industriel des enfants à naître dans notre pays et tous les droits accordés aux invertis, y compris le droit à l’adoption d’enfants. La seule nuance étant que Fillon était pour un droit à l’adoption simple et Juppé pour un droit à l’adoption plénière ! Quant à Sarkozy, il avait affirmé, dès la campagne présidentielle de 2002, que la droite parlementaire avait eu tort de s’opposer au Pacs, qu’il fallait vivre avec son temps et ne pas être ringard. 

 

La vérité, c’est qu’il n’y a plus de droite en France, et cela déjà depuis de longues décennies. Et cela s’explique par l’effondrement sociologique du catholicisme, la perte générale de la foi, l’apostasie universelle depuis au moins demi-siècle désormais. Même si naguère les gens se réclamant de la droite n’étaient pas tous des catholiques pratiquants et fervents, la droite historiquement a toujours défendu la morale catholique, la loi naturelle, le Décalogue. Elle défendait l’institution du mariage (entre un seul et même homme avec une seule et même femme, cela va sans dire), les familles nombreuses, s’opposait donc résolument à la contraception et à l’avortement. Elle professait, avec le maréchal Pétain, que la nation est « une famille de familles » et qu’il est vain d’assurer la grandeur, la pérennité, la vitalité, la permanence d’un peuple et d’une nation sans familles solides, nombreuses et homogènes, sans l’apprentissage et la consolidation des vertus domestiques, sans une stricte moralité, sans une acceptation joyeuse de l’effort et du dévouement, sans le souci permanent de la transmission et du dépassement de soi, sans le sens de l’honneur et des responsabilités, sans le respect des engagements, de la parole donnée, sans lutte implacable contre les égoïsmes destructeurs et l’individualisme mortifère, sans stabilité des couples, des foyers, des familles, sans élévation de l’âme. Mais comment peut-on continuer à adhérer de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces à une morale exigeante, à des principes intangibles dans le cadre d’un athéisme et d’un agnosticisme de masse ? Dostoïevski le disait déjà : « Si Dieu n’existe pas, alors tout est permis. » 

Autrefois, même les non-croyants étaient imprégnés, comme malgré eux, par des réflexes et une vision du monde catholiques. Même si l’on n’allait pas à l’église tous les dimanches, il y a des choses qu’on ne faisait pas, qu’on ne se permettait pas. On ne se séparait pas, on était pudique, on s’habillait décemment, on répugnait à la vulgarité et à la grossièreté, on attachait de l’importance à la politesse, on était fidèle à ses engagements, à ses promesses et on se serait senti déshonoré si l’on avait manqué à sa parole. Aujourd’hui même de nombreuses personnes qui se réclament du catholicisme se comportent et vivent dans les faits comme si elles ne l’étaient pas, n’hésitent pas à mentir, à tricher, à tromper leur prochain, à violer sans cesse dans leur vie privée ou professionnelle les principes qu’elles sont censées défendre. Certes l’homme est imparfait et l’on ne fait pas toujours le bien que l’on voudrait faire mais une chose est la faiblesse humaine, une autre est l’absence totale de convictions, de certitudes et de principes directeurs. Et cela ne concerne pas que les laïcs. Lorsque l’on prétend combattre le modernisme, cet égout collecteur de toutes les hérésies, comme le disait saint Pie X, on ne négocie pas avec les usurpateurs modernistes une place au soleil, on ne trahit pas le combat de la foi par soudaine lassitude, intérêt sordide, odieux chantage ou sotte naïveté. 

Compte tenu du degré de corruption inouïe, de prévarications tous azimuts de notre époque où toutes les digues, tous les verrous, tous les tabous, même les plus immémoriaux et les plus justifiés, ont sauté, on peut se demander dans quelle mesure il existe encore des chefs que l’on peut suivre et des structures saines auxquelles l’on peut se rattacher. A qui peut-on encore faire confiance ? N’est-on pas sans cesse trahi, trompé, manipulé ? On l’oublie souvent mais un chef ne se décrète pas, il se sécrète. Notre société décomposée, putréfiée, atomisée, est-elle encore en état d’en sécréter, tant d’ailleurs sur un plan politique que religieux, temporel que spirituel ? Ne nous propose-t-on pas aujourd’hui que des solutions qui n’en sont pas, des chefs autoproclamés parfaitement indignes, des hommes faisandés, des marchandises avariées, des dirigeants corrompus, sans principe, sans colonne vertébrale, sans conviction, sans idéal ? Faut-il d’ailleurs que l’extrême droite elle-même (ou ce qui en tient lieu) soit tombée bien bas pour que la plupart de ses militants, de ses publications, de ses mouvements aient placé leurs espérances en une Marine Le Pen parée de toutes les vertus, au point qu’on ait parfois vu en cette virago sans foi ni loi une nouvelle Pucelle .

 

Oui, la question reste entière. Comment reconstruire un pays, redonner sens à la vie, développer un projet collectif mobilisateur si l’on ne croit plus en rien, si tout se vend et tout s’achète, si seules les valeurs qu’on défend sont mobilières, si le matérialisme et l’hédonisme sont l’horizon indépassable de la vie sur terre, si l’on est coupé de ses racines, de sa foi, de son terroir, si plus rien n’a de sens, si un homme et une femme c’est pareil, si un homosexuel, un transsexuel ou un hétérosexuel sont parfaitement interchangeables ? Et comment faire de ses enfants de bons et vrais fils de France si soi-même l’on est vide, si l’on change de partenaire comme de chemises, si l’on a divorcé trois ou quatre fois, si l’on vit dans la débauche et le mensonge, si l’on est sans foi ni loi, si l’on se gave de télévision et de vidéos ? Comment faire pour qu’ils ne soient pas un jour dépendants de la drogue ou de la pornographie ? Comment faire pour qu’ils construisent un foyer stable et aimant ? Comment conserver et transmettre un héritage, ce qui est le fondement du nationalisme, si soi-même l’on est vide, si l’on est tout sauf un exemple, sauf une référence ? On n’aime et on n’imite que ceux que l’on estime, que ceux que l’on admire. Et l’enfant qui grandit doit pouvoir trouver chez son père et chez sa mère des modèles à imiter, fussent-ils imparfaits. Or l’expérience prouve qu’il ne suffit pas de se dire de droite ou d’extrême droite, même la plus radicale, même apparemment la plus intransigeante, pour être quelqu’un de moralement estimable et recommandable. Nous avons ainsi connu des gens décorés de la flamme d’honneur du Front national et qui, dans leur vie professionnelle et familiale, se comportaient comme les pires des ordures et n’avaient nul souci du bien commun. Comme quoi l’habit ne fait pas le moine. 

De même, l’on s’aperçoit que ceux qui sont souvent les plus en pointe contre l’immigration de masse, qui n’ont aux lèvres que la défense acharnée de la race blanche sont tout à coup beaucoup moins enthousiastes quand il s’agit de se marier et de fonder une famille nombreuse, l’un des remèdes pourtant au Grand Remplacement. Car eux aussi veulent profiter de la vie, pouvoir s’éclater en boîte de nuit, ce qui, il est vrai, est assez peu compatible avec une vie de famille ! De même qu’il est difficile de reprocher aux mahométans d’avoir des convictions religieuses lorsque l’on n’en a soi-même aucune, de même est-il audacieux de reprocher à d’autres peuples et d’autres races d’être prolifiques et d’avoir une grande vitalité lorsque soi-même l’on a fait sciemment le choix de la stérilité. Qu’il faille inverser le courant de l’immigration est certes une impérieuse nécessité (et à cet égard il serait bon de réfléchir à des solutions réalistes et crédibles, ce qui manque cruellement, car ce n’est pas là une mince affaire), mais il est vain de croire que l’on peut redresser une nation sans une profonde remise en question de modes de vie et de pensée parfaitement suicidaires.