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28/06/2017

La démocratie et l’électoralisme sont consubstantiels au vol, à la triche, à l’escroquerie, au racket et à la perversion du peuple .

Son succès n’aura duré que l’espace de quelques semaines. En démissionnant du gouvernement le 21 juin, avec sa fidèle Marielle de Sarnez, François Bayrou a sans doute signé sa mort politique. Car on voit mal a priori comment son parti, le Modem, pourra être lavé de tout soupçon dans l’affaire des emplois présumés fictifs au Parlement européen. Dans un entretien accordé au journal Sud-Ouest, le maire de Pau confesse d’ailleurs que le MoDem avait recasé des salariés dans les institutions européennes. « Dans une période de mauvaise passe comme toutes les formations politiques en ont connu, vous cherchez à recaser un maximum de salariés, des gens de confiance. Il se trouve que les parlementaires européens recherchaient des assistants locaux. On leur a recommandé ces gens-là. Les deux parties étaient bien contentes », déclare au quotidien le ministre de la Justice démissionnaire. Le problème, c’est que plusieurs anciens assistants parlementaires du Modem affirment n’avoir jamais travaillé dans les faits pour le Parlement européen mais seulement pour le parti du Béarnais. « Les temps partiels qui étaient financés par l’Europe servaient les ambitions de François Bayrou… Certains eurodéputés centristes se plaignaient de ne pas pouvoir disposer de ces assistants qui étaient pourtant censés être à leur service. Mais il était difficile de s’opposer à ce système sous peine de ne pas être investis aux prochaines élections. » a ainsi déclaré le 23 juin sur France Info un ancien assistant parlementaire. Voilà des pratiques et des méthodes qui ressemblent fortement à celles qui sont reprochées au Front national accusé d’avoir mis en place un système industriel et mafieux pour faire payer par le Parlement européen (donc par les contribuables des pays de l’UE) des personnes travaillant en réalité pour le parti. C’était ce qu’avait massivement fait le RPR du temps de Chirac à la mairie de Paris où étaient embauchés à l’hôtel de ville des militants du mouvement chiraquien ne travaillant en réalité que pour le parti afin de permettre au Corrézien d’assouvir son ambition présidentielle.

 

La démocratie et l’électoralisme sont consubstantiels au vol, à la triche, à l’escroquerie, au racket. Ils reposent sur des systèmes mafieux et ne peuvent se perpétuer, se consolider que dans le viol permanent de la loi et de la morale la plus élémentaire. Sans recours à l’argent sale aucun des présidents de la République successifs n’auraient pu parvenir à leurs fins. Sans le système Urba-Graco, jamais François Mitterrand n’aurait accédé à l’Elysée. De même Jacques Chirac n’aurait jamais obtenu la magistrature suprême s’il n’avait préalablement mis en coupe réglée pendant de longues années la mairie de Paris. Il y a une trentaine d’années, Michel Rocard avait mis en place une première loi de moralisation de la vie publique octroyant aux différents partis politiques un financement public annuel non négligeable. Cela n’a nullement empêché ni ralenti le rythme des affaires car pour faire campagne il faut beaucoup d’argent et c’est en général celui qui dépense le plus, qui dispose de la manne la plus considérable qui l’emporte. Sans le soutien de puissances financières et médiatiques particulièrement influentes et opulentes, jamais Emmanuel Macron n’aurait réalisé le destin qui est le sien aujourd’hui. Et si Jacques Chirac en 1995 et en 2002 et Nicolas Sarkozy en 2007 n’avaient pas été les candidats les plus dépensiers, auraient-ils été élus ? Dans leur système, sans argent à foison, on ne peut rien faire. Aurait-on les meilleures idées, les meilleures intentions, les plus belles vertus, si l’on ne dispose pas de dizaines voire de centaines de millions d’euros, on ne peut arriver à rien. On voit à quel point les dés sont pipés, le jeu truqué. 

En plus du système des emplois fictifs, les partis ont volontiers recours au financement occulte, déguisé, aux fausses factures, aux surfacturations : c’est le système Bygmalion pour l’UMP, Urba pour le PS, celui des kits de campagne de la société Jeanne pour le FN marinien. Car les cotisations des adhérents et des élus sont totalement insuffisantes pour couvrir les dépenses considérables des campagnes électorales et assurer le financement du train de vie très dispendieux des dirigeants du mouvement. Des enquêtes journalistiques de l’Obs, de Mediapart, conformes aux témoignages que nous recevons, ont ainsi révélé que les dirigeants du FN, Marine Le Pen et sa cour, ne se refusaient rien, que les plus grands crus étaient commandés en abondance, que le champagne coulait à flot, que les petits fours ne manquaient pas, bref que les frais de bouche et de réception étaient considérables. Mais ce qui est vrai du FN l’est aussi des autres partis : souvenons-nous des frais de bouche de Chirac à la mairie de Paris, des dépenses somptuaires de Sarkozy à l’Elysée, des fonds secrets volatilisés sous Balladur. Non seulement tous ces politiciens ne servent à rien mais de surcroît ils se servent au passage. Ou plutôt s’ils servent à quelque chose, c’est à détruire la France, la civilisation, la morale, toutes les institutions et tous les principes immémoriaux.

 

C’est pourquoi lorsque le gouvernement annonce une nouveau projet de loi de moralisation de la vie politique, il y a de quoi hurler de rire. C’est comme si l’on demandait aux prostituées de dispenser des cours de morale ou aux pyromanes d’éteindre le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé. C’est d’ailleurs tout un symbole que l’homme qui portait ce projet de loi de moralisation soit lui-même suspecté et ait été contraint à la démission. Personne dans leur système ne peut en effet rester propre et vertueux. Tout est irrémédiablement souillé, corrompu, avili. C’est pourquoi, pour garder son âme, il ne faut pas pactiser avec, il ne faut pas se compromettre. Il faut absolument se tenir à l’écart de tout cela, y compris à notre avis en refusant d’urner car par le bulletin de vote on contribue à les financer, à les enrichir, à les engraisser et à les légitimer. Tout cela n’en vaut vraiment pas la peine. Quand on pense à tous ces braves gens qui ont tout donné au FN, y sacrifiant parfois leur femme, leurs enfants, leur situation professionnelle, leurs deniers, leur réputation, et pour quelques-uns d’entre eux leur liberté (on pense à Robert Lagier qui a croupi en prison pour avoir tiré accidentellement sur des Comoriens lors d’un collage nocturne à Marseille qui a mal tourné) voire leur vie (huit morts tués pour leur engagement), à quoi cela leur a-t-il servi ? Cela valait-il la peine de détruire sa vie, sa famille, de ne pas passer du temps avec ses enfants (ce qui est irrémédiable) quand on voit qui aujourd’hui dirige ce parti, une « madone à pédés » sans foi ni loi ? Nous ne le dirons jamais assez : occupons-nous d’abord des nôtres, chérissons notre conjoint, nos enfants, tel est notre premier devoir d’état (après le devoir religieux) plutôt que de céder à des illusions électorales et porter au pinacle des chefs qui ne le méritent pas et qui sont les héritiers de Régine et de Patrick Sébastien et non du maréchal Pétain. Nous en avons connu en effet de ces militants qui nous disaient avoir tout donné pour la cause et qui se retrouvaient bien seuls aujourd’hui. Ils avaient cru voir dans le FN une famille d’adoption et ils ont déchanté, mais bien tard. Et quand ils se retournaient derrière eux, ils se rendaient compte, effrayés, qu’ils n’avaient rien construit et leur vie leur semblait bien vide. 

 

Quelques jours seulement après la démission de Bayrou, l’homme de la prétendue moralisation, les media nous tympanisaient sur la Gay Pride qui s’ébranlait à Paris et en province le jour de la saint Jean-Baptiste, qu’on appelait autrefois la Noël d’été tant on avait une dévotion particulière envers le Précurseur et à l’occasion de laquelle on organisait de magnifiques et émouvants feux de la Saint-Jean. La Gay Pride, ce défilé vomitif où s’étale la luxure la plus répugnante et où se donnent libre cours les mœurs les plus contre-nature exigeait cette année « la PMA pour toutes » après le « mariage pour tous ». Année après année, le lobby LGBT va toujours plus loin dans ses revendications qui sont sans cesse satisfaites : historiquement il y eut ainsi la revendication du Pacs, puis de la loi contre la prétendue “homophobie”, puis le droit au “mariage”, puis désormais la PMA pour les lesbiennes avant la GPA pour les pédérastes. Loin d’interdire de telles manifestations, comme en Russie poutinienne, loin de s’opposer à de telles revendications exorbitantes et insensées, les pouvoirs publics n’ont de cesse de cajoler cette minorité bruyante aux relais médiatiques puissants et au pouvoir d’achat considérable. Pendant sa campagne Macron s’est dit ouvert à l’extension de la PMA aux homosexuelles. Et il ne faut pas compter sur les autres partis pour s’y opposer fermement : ils ont tous en leur sein leur lobby LGBT et leurs invertis notoires. Y compris le FN avec l’inénarrable Sébastien Chenu, cofondateur de Gay-Lib et porte-parole de Marine Le Pen. On ne saurait donc compter sur aucun de ces partis vermoulus et corrompus pour défendre la morale traditionnelle et pour tenir ferme sur des principes.

 

D’ailleurs, l’avez-vous remarqué, dans le débat public on ne parle plus jamais de principes mais simplement de valeurs, ce qui n’a rien à voir. Philippe de Villiers avait fondé naguère un combat pour les valeurs. Ce qui ne l’a pas empêché de siéger dans un gouvernement de cohabitation qui appliquait sans sourciller la loi organisant le massacre industriel des enfants à naître ni de participer activement à des majorités approuvant ce crime. C’est qu’en réalité on peut mettre ce que l’on veut derrière le mot valeurs. Ne parle-t-on pas de valeurs mobilières et Jacques Chirac ne clamait-il pas qu’il n’avait pas les mêmes valeurs que Jean-Marie Le Pen sans toutefois jamais les définir ? Il s’agissait en réalité de valeurs, ou plutôt, de mots d’ordre maçonniques.

Autrefois l’on ne parlait pas de valeurs mais de principes. On disait d’un tel : « voici un homme à principes » et d’un autre, de manière péjorative, « celui-là, il n’a pas de principes ». C’était l’époque, aujourd’hui révolue, où l’on avait une foi, des certitudes et des convictions si intimes, si profondes, si éclairantes, si déterminantes qu’on se serait senti déshonoré si on les avait foulées au pied. Mais aujourd’hui nous vivons l’époque du mouchoir jetable : l’on change d’opinion, de parti, de camp et de partenaire comme l’on change de chemise. Ce qui valait hier ne vaut plus aujourd’hui, ce qu’on adulait est tout à coup méprisé. Tout se consomme et tout se jette. Et chaque jour qui passe nous conduit ainsi un peu plus vers l’abîme.

 

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