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20/03/2018

La SNCF touche plus de‭ ‬11‭ ‬milliards d'euros de subventions publiques par an et coûte plus de‭ ‬1‭ ‬000‭ ‬euros par an à chaque contribuable soumis à l'impôt sur le revenu ! ...

Le gouvernement‭ "‬envisage" de mettre un terme au statut des cheminots pour les salariés qui arriveront,‭ ‬dans un futur lointain,‭ ‬à la SNCF:‭ «‬Aux nouvelles générations,‭ ‬aux apprentis,‭ ‬à tous‭ ceux qui veulent s'engager à la SNCF,‭ ‬nous disons qu'ils bénéficieront des conditions de travail de tous les Français,‭ ‬celles du Code du travail‭» ‬A la simple évocation de cette timide réformette,‭ ‬le syndicats sont vents debout et nous promettent le fer et le feu.‭ ‬Qu'en est-il au juste‭?

La SNCF‭ ‬-‭ ‬Société nationale des chemins de fer français‭ ‬-‭ ‬est né par la volonté de Léon Blum,‭ ‬le‭ ‬31‭ ‬août‭ ‬1937.‭
Sous sa houlette,‭ ‬le Front Populaire nationalise par décret les cinq compagnies de chemin de fer existantes.‭ ‬Après la défaite des forces de l‭' ‬Axe‭ (‬tandis que les‭ "‬résistants‭" ‬fusillent à tout-va,‭ ‬plongeant notre pays dans un bain de sang‭) ‬le pouvoir gaullo-communiste renforce encore le caractère marxiste de la structure SNCF,‭ ‬et accorde à la CGT une mainmise de fait sur l‭' ‬ensemble des personnels et sur le recrutement.‭ ‬Depuis cette date,‭ ‬la CGT et l'ultra-gauchiste Sud Rail exercent un chantage quasi permanent sur les gouvernements successifs,‭ ‬brandissant la menace d‭’ ‬une paralysie totale du pays à la moindre velléité de toucher à ces‭ "‬acquis‭" ‬qui sont en réalité de la prébende payée par l'impôt et la course à l'emprunt public.‭


STATUTS ET PRIVILÈGES‭

Quels sont les avantages pour le moins discutables des cheminots‭? ‬C'est ce que‭ ‬vous allez découvrir,‭ ‬mais premier coup de théâtre,‭ ‬il faut savoir que tous les employés ou presque,‭ ‬soit‭ ‬92‭ ‬%‭ ‬des effectifs de la SNCF‭ (‬plus de ‬240‭ ‬000‭ ‬agents)‬,‭ ‬bénéficient du statut dit du‭ "‬cheminot‭"; ‬y compris le scribouillard travaillant‭ ‬32‭ ‬heures par semaine dans son bureau.‭ ‬Quand les syndicalistes évoquent la gorge serrée les conditions de travail soi-disant pénibles,‭ ‬ils mentent effrontément,‭ ‬puisque une infime partie du personnel est‭ "‬roulant‭" ‬,‭ ‬et la majorité‭ (‬neuf salariés sur dix,‭ ‬donc‭) ‬travaille en poste fixe comme tout un chacun.‭

Deuxième injustice par rapport au reste des salariés français‭ ‬:‭ ‬les‭ "‬cheminots‭" (‬en réalité quasiment tout le monde‭) ‬sont à l'abri du licenciement économique.‭ ‬Le statut prévoit seulement trois de départ,‭ ‬à savoir la démission,‭ ‬la traite ou la radiation pour faute grave‭ ‬-‭ ‬qui en pratique n'est‭  ‬jamai appliquée,‭ ‬sauf à commettre un acte délictueux relevant du pénal.‭ ‬Inutile de dire qu‭' ‬avec une telle protection de droit divin,‭ ‬tous les paresseux de naissance développent un ensemble de techniques variées pour tirer au flanc‭ ‬-‭ ‬on notera par exemple un taux de maladie doublé par rapport aux moyennes nationales‭ ‬-‭ ‬l‭' ‬épidémie qui sévit années après années à la SNCF,‭ ‬et en ravage les rangs,‭ ‬relève d'un mystère digne des Pyramides‭ ‬...

Troisième avantage‭ ‬:‭ ‬un régime spécial de retraite,‭ ‬mitonné aux petits oignons.‭ ‬La retraite des cheminots est calculée sur le salaire des six derniers mois,‭ ‬au lieu des‭ ‬25‭ ‬meilleures années pour le régime général.‭ ‬La pension de retraite des cheminots est par conséquent supérieure à la moyenne française‭ ‬:‭ ‬en moyenne à‭ ‬1‭ ‬940‭ ‬euros brut contre‭ ‬1760‭ ‬euros brut pour les salariés du privé au régime général.‭ ‬Ce montant est majoré de‭ ‬10‭ ‬%‭ ‬pour les parents de trois enfants,‭ ‬puis de‭ ‬5‭ ‬%‭ ‬supplémentaires par enfant à partir du quatrième.‭


Quatrième disparité‭ ‬:‭ ‬l‭' ‬avancement de carrière est automatique.‭ ‬Un agent SNCF gravit l‭' ‬échelon supérieur tous les trois ans,‭ ‬quelle que soit son activité réelle,‭ ‬et voit son salaire apprécié mathématiquement.‭

En outre,‭ ‬le salaire moyen d'un salarié SNCF est de‭ ‬3‭ ‬090‭ ‬euros brut,‭ ‬ce qui est loin de I‭' ‬image de damné de la terre que dispensent la CGT et Sud Rail.‭

Cinquième avantage‭ ‬:‭ ‬des congés très supérieurs au privé.‭ ‬L'ensemble des salariés est soumis aux‭ ‬35‭ ‬heures et dispose de‭ ‬28‭ ‬jours de congés annuels,‭ ‬soit trois jours de plus que les cinq semaines légales‭ (‬avec l'usage du samedi et des dimanches qui ne sont pas comptés‭)‬.‭ ‬Les salariés de l'administration disposent,‭ ‬en plus,‭ ‬de‭ ‬10‭ ‬jours de RTT,‭ ‬les conducteurs et contrôleurs de train de‭ ‬22‭ ‬jours et les agents qui travaillent de nuit disposent de‭ ‬28‭ ‬jours de‭ RTT.‭ ‬Bref,‭ ‬on n'est pas loin de deux mois pleins de congés pour beaucoup‭ ‬-‭ ‬sans parler de pseudo-journée de formation,‭ ‬ou des fameuses journées de récupération dès lors qu‭' ‬on est‭ "‬roulant‭" ‬.‭

On ajoutera au tableau que‭ ‬des milliers de logements sont mis à la disposition des agents SNCF,‭ ‬dont une majeure partie à loyers réduits‭ ‬-‭ ‬ce qui revient à un salaire supplémentaire déguisé.‭ ‬Par ailleurs,‭ ‬les billets de train sont gratuits pour chaque agent‭; ‬leurs conjoints et enfants de moins‭
de‭ ‬21‭ ‬ans bénéficient de‭ ‬16‭ ‬billets gratuits par an.‭ ‬Les ascendants‭ ‬-‭ ‬parents et grands-parents‭ ‬-‭ ‬ainsi que ceux de leurs conjoints,‭ ‬ont droit à quatre voyages gratuits par an.‭ ‬Pour une famille de‭ ‬2‭ ‬adultes et‭ ‬2‭ ‬enfants dont le père travaille au chemin de fer donc,‭ ‬pas moins de‭ ‬8‭ ‬personnes voyagent à l'œil,‭ ‬d'où ce constat:‭ ‬selon la Cour des Comptes,‭ ‬plus d'un million de personnes voyagent à prix réduits en France,‭ ‬mais seulement‭ ‬15‭ ‬%‭ ‬d'entre elles sont des salariés directs de la SNCF en activité.‭

On le constate,‭ ‬la dictature qu'exerce la SNCF sur les comptes publics,‭ ‬sur l'infortuné contribuable,‭ ‬et sur le reste de la société qui travaille,‭ ‬au nom d'un prétendu‭ « ‬Service Public‭» (‬qu'il est interdit de remettre en cause malgré ses dysfonctionnements,‭ ‬et qui ne souffre d'aucune critique‭) ‬semble difficile à soutenir sur le plan intellectuel.‭

La SNCF coûte plus de‭ ‬1‭ ‬000‭ ‬euros par an à chaque contribuable soumis à l'impôt sur le revenu,‭ ‬et l'entreprise touche plus de‭ ‬7‭ ‬milliards d'euros de subventions publiques par an...

‭ ‬D'après une étude interne,‭ ‬son fonctionnement coûte au moins‭ ‬30‭ ‬%‭ ‬plus cher que ses concurrents européens ...

 La France a pris du retard ! Si elle avait lancé la réforme de la SNCF plus tôt, peut-être celle-ci aurait-elle pu entrer dans la concurrence avec certains atouts. Aujourd’hui, l’absence de changement et sa situation financière la mettent dans une position très difficile. Et ce ne sont pas les projets annoncés qui suffiront à la rendre compétitive. Le document officiel énumère les points à réformer. Il sera débattu à la mi-avril au Parlement. L’article 1 autorise le gouvernement à « modifier les missions, l’organisation, la gouvernance et la forme juridique du groupe public ferroviaire et des entités qui le composent », mais… « sans remettre en cause leur caractère public ». La SNCF restera donc une entreprise publique alors qu’il aurait fallu la restructurer en profondeur afin de la rendre plus efficiente et lui permettre d’attirer des investisseurs. L’Etat français se réserve même le droit de « déterminer le calendrier d’ouverture de ces services, les modalités de la période de transition ainsi que les conditions dans lesquelles il pourra être dérogé, le cas échéant, aux obligations de mise en concurrence". Inquiétante précision qui permettrait d’invoquer on ne sait quels prétextes pour ne pas adapter l’entreprise à la concurrence comme ce fut le cas dans le passé, avec Air France par exemple.
Il est vrai, on annonce « l’arrêt des recrutements au statut [de cheminot] des nouveaux agents", ce qui est courageux de la part du gouvernement, mais le texte s’empresse de préciser que "les contrats de travail actuels se poursuivront en cas de transformation juridique de l’entreprise". C’est un peu comme dans les blagues avec une bonne et une mauvaise nouvelle… Car la SNCF emploie plus de 240 000 agents et doit payer – avec l’argent des contribuables, 3.2 Mds d’euros par an – la retraite des 270 000 pensionnés.

Rappelons qu’un agent de la SNCF peut prendre sa retraite à partir de 50 ou 55 ans contre 62 ans en moyenne dans le privé et qu’il bénéficie de plein d’autres privilèges (base de calcul à 75 % sur les 6 derniers mois, bonifications diverses, niveau de pension garanti…). Embaucher hors statut – à condition que cela soit bien fait – est un bon pas dans la bonne direction, mais cela ne résoudra pas le problème de la dette de l’entreprise (46 Mds d’euros) et ne réduira (peut-être) qu’à très long terme les besoins d’argent public de la SNCF qui représentent tous les ans 11 Mds d’euros (en plus des retraites). Le gouvernement ne va pas toucher aux « petites » lignes déficitaires, ni aux voyages gratuits accordés aux cheminots et à leurs familles. Tout un symbole.


Ce prétendu « bing bang » de la SNCF rappelle la prétendue « réforme des régimes spéciaux » de novembre 2007. Beaucoup de bruit pour des mesures qui finalement ont accordé encore plus d’avantages aux agents des services publics.