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Industrie

  • La France est devenue le pays le plus désindustrialisé des pays du G7 !

     

     

    La question de la désindustrialisation en France a pris une place importante dans les débats publics . Les politiques de tous bords parlent maintenant de « relocalisation » ou de « réindustrialisation ». Dans ce contexte, France Stratégie, un organisme dépendant du Premier ministre et chargé d’étudier les politiques publiques, publie un rapport très détaillé (plus de 600 pages) et instructif sur les politiques industrielles en France. Il indique clairement les ressorts de la désindustrialisation qui a frappé le pays au cours des 30 dernières années. Le principal responsable de ce phénomène est la fiscalité française beaucoup trop pénalisante pour son industrie.

     

    À partir du milieu des années 1980, notre industrie a entamé un long déclin qui ne s’est jamais arrêté. Le nombre d’emplois industriels ainsi que la part de la valeur ajoutée de l’industrie dans le PIB du pays ont été divisés par deux en 50 ans (figure 1). La France a abandonné son industrie au profit des services.

    Figure 1 : Nombre d’emplois industriels (milliers) et part de l’industrie dans l’emploi total

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    La désindustrialisation a toujours des conséquences graves pour les zones géographiques où elle se produit. La fermeture d’une usine est vécue comme un choc économique et social très violent.  Par ailleurs, l’industrie est le secteur d’activité le plus porteur de productivité. Son érosion va de pair avec une baisse de productivité de son économie.

    La comparaison internationale est sans appel pour la France : son économie est la plus désindustrialisée des pays du G7 (figure 2).

    Figure 2 : Part de la valeur ajoutée industrielle dans l’économie (prix courants)

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    Source : OCDE (Stan database), calculs France Stratégie

     

    Les grandes entreprises françaises ont bien plus délocalisé leur production à l’étranger que leurs semblables des autres pays développés, conservant seulement leur activité de recherche & développement sur le territoire.

    Comment expliquer ce phénomène ? Le rapport France Stratégie s’est penché sur les différents facteurs qui pourraient être responsables de ce déclassement.

     

    La spécificité fiscale française

    La première explication souvent avancée est la mondialisation. Les frontières physiques, économiques, politiques s’atténuant, les sites de production se déplaceraient aux endroits où la main d’œuvre est la moins chère. Cependant, cette explication est trop simpliste car si la désindustrialisation des pays développés est une tendance de fond, elle est anormalement plus importante en France. Par ailleurs, certains pays développés comme l’Allemagne ou la Corée du Sud sont parvenus à préserver leur industrie alors que les secteurs industriels propres à leur économie sont plus exposés à la mondialisation (figure 2).

    La France possède la 6ème économie mondiale, des taux d’intérêt faibles, une main d’œuvre compétente, de bonnes infrastructures et une place privilégiée au sein du marché unique européen, ce qui devrait favoriser son industrie. Les facteurs externes tels que la demande de nos principaux partenaires commerciaux ou la santé des secteurs industriels les plus représentés au sein de notre économie (automobile, aéronautique, etc.) sont à écarter car ils n’ont pas connu d’évolution significative. Le taux de change de l’Euro n’intervient pas non plus car l’Italie ou l’Espagne n’ont pas connu une désindustrialisation aussi importante que la nôtre.

    Le seul critère déterminant est la fiscalité. La France est en tête des pays européens et de l’OCDE en matière de prélèvements obligatoires (47,4% en 2019).

    Figure 3 : Pourcentage des prélèvements obligatoires par rapport au PIB des pays d l’OCDE (2019)

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    En outre, plus que dans les autres pays, ces prélèvements sont concentrés en plus grande proportion sur la production et, au sein même de la production sur le secteur de l’industrie.
    Dans l’ensemble, les prélèvements obligatoires pesant sur les facteurs de production sont à hauteur de 17,7% du PIB en France, 13,6% en Italie, 11,7% en Espagne et 9,3% en Allemagne. Certains impôts français sont inédits en Europe ou dans le monde. C’est le cas de l’impôt sur la valeur ajoutée ou de la taxation directement appliquée aux chiffres d’affaire.

    En parallèle, l’État a gardé un rôle prépondérant dans l’industrie : la France se classe troisième parmi les pays de l’OCDE pour la participation publique dans les entreprises (figure 4).

    Figure 4 : Indice de participation publique dans les entreprises et intervention de l’Etat dans l’activité des entreprises

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    La réindustrialisation est elle possible ?

    Une prise de conscience a eu lieu ces dix dernières années quant aux problèmes systémiques de compétitivité du pays. De légères mesures d’allègement des prélèvements obligatoires touchant l’industrie ont été prises, telle la baisse de 20 milliards des impôts de production annoncée par le gouvernement Macron dans le cadre du plan de relance (les impôts de production restent cependant près de 6 fois plus importants qu’en Allemagne). Le rapport note une très légère amélioration après ces mesures qui, note-t-il aussi, restent très insuffisantes. Cela est confirmé par le récent sondage Opinionway paru ce mois-ci qui indique que seuls 4% des industriels français se disent prêts à rapatrier leurs activités de production sur le territoire national.

    Avec la crise Covid-19 et les tensions politiques internationales, la notion « d’État stratège » refait surface dans les propos des dirigeants politiques, laissant présager une réaffirmation du rôle de l’État dans l’industrie et une hausse des prélèvements obligatoires. Il ne faudrait pourtant pas reproduire les erreurs qui ont conduit à l’érosion du tissu industriel au cours des 30 dernières années. Durant cette période, l’État français s’est distingué en augmentant sa participation dans certaines entreprises afin d’éviter les délocalisations, sans que cela ait d’effet positif sur l’économie. Une réindustrialisation est possible, mais seulement en créant les conditions favorables aux investissements et à la production. Une étude complémentaire de France Stratégie montre que si les prélèvements obligatoires français étaient au niveau de la moyenne européenne, alors les investissements extra-européens dans l’industrie sur notre territoire augmenteraient de 17%.

    Les États-Unis, l’Allemagne ou le Royaume-Uni ont su mettre en place de solides dispositifs favorable aux entreprises de production (attractivité et compétitivité renforcées, protection de la propriété industrielle, renforcement des liens entre R&D et production), qui ont prouvé leur efficacité.

    Sources :

    https://www.strategie.gouv.fr/publi ...

    https://www.strategie.gouv.fr/publi ...

    https://data.oecd.org/fr/tax/recett ...

  • Nouvel an, record de voitures brûlées et violences urbaines, la triste réalité de la France multi-culturelle !

     

    En France, Nouvel an rime, dans les zones de non-droit de plus en plus étendues, avec voitures brûlées et violences urbaines en direction notamment des pompiers et des policiers. Du nord au sud, de Strasbourg à Lyon en passant par Paris, et même par Limoges la bouseuse, la France de l’idyllique « vivre-ensemble » se montre telle qu’elle est : en flammes. C’est la technique de la terre brûlée des anciens sarrasins revisitée par leur descendance post-moderne et post-immigration.

    Selon les médias au collier que sont RTL et le Figaro, il y aurait eu plus de voitures brûlées en cette nuit de la Saint-Sylvestre 2019 qu’en 2018. Si c’est eux qui le disent, nous voulons bien les croire puisqu’ils ont plutôt tendance, pour ne pas tomber dans l’amalgame incorrect, à relativiser les exploits de ces nouveaux banlieusards.

    « Vu de la Pologne, la France paraît de plus en plus exotique » commente ironique un journaliste polonais sur le plateau de Pujadas ! ...

  • Les incompétents du gouvernement Macron ont laissé Latécoère passer sous giron américain !

    Latécoère, nouvelle victime de l’absence de stratégie industrielle de la France .

     

    Depuis le 4 décembre, le mythique équipementier aéronautique Latécoère bat pavillon américain. Alors que l’exécutif entend stimuler l’innovation et diminuer la dépendance de l’industrie de Défense française aux composants américains, il continuer de laisser passer des actifs industriels clefs sous contrôle étranger. Retour sur ces contradictions.

     

    La défense des intérêts nationaux, un concept visiblement étranger à l’exécutif français.
     
    On l’avait observé de façon flagrante lors du démantèlement d’Alstom, sur fond de chantage américain, puis on l’avait constaté avec les cas de Lafarge, Technip, STX, Alcatel-Lucent et plus récemment Peugeot, ou encore lorsqu’Emmanuel Macron avait voulu faire don du reste d’Alstom à l’allemand Siemens, avant d’être arrêté par la Commission européenne.

     

    C’est donc sans surprise que le 4 décembre l’OPA sur Latécoère, lancée en juin par le jeune fonds d’investissement Searchlight, immatriculé aux îles Caïmans, s’est couronnée de succès. En obtenant 62,76% du capital du champion français des aérostructures (tronçons de fuselage…) et des systèmes d’interconnexion (câblages, équipements embarqués…), le fonds américain n’obtient pas qu’un nouveau trophée à son tableau de chasse, ce sont surtout les brevets d’une entreprise particulièrement innovante dans un domaine hautement stratégique pour la France qui tombent dans l’escarcelle américaine !

    En effet, Latécoère n’était pas simplement une «très belle entreprise» «stratégique», elle était surtout loin d’être une entreprise «musée», comme le rappelait récemment Laurent Izard, auteur de La France vendue à la découpe (Éd, 2019), auprès de nos confrères de Valeurs actuelles. Latécoère a beau avoir soufflé en 2017 sa centième bougie, elle multiplie les dépôts de brevet, souligne ainsi le normalien, aux yeux duquel cette cession touche à la «sécurité militaire» de la France.

     

    The logos of French car maker Peugeot and German car maker Opel are seen at a dealership in Villepinte, near Paris, France, February 20, 2017.
     
    En effet, au-delà d’avoir été une entreprise pionnière dans le transport de passagers (L’Aéropostale), avant de devenir un équipementier historique pour tous les constructeurs aéronautiques de premier plan (Airbus, Boeing, Bombardier, Dassault Aviation et Embraer), Latécoère innove dans les domaines des télécommunications et d’interconnections, en s’attelant notamment au développement de technologies optiques de transmission de données telles que le Li-Fi (pour «Light Fidelity»). Une technologie qui, d’ici une dizaine d’années, vise à remplacer le Wi-Fi dans les cabines.

     

    Or, avec une prise de contrôle de l’équipementier par une société américaine, ce sont tous ses brevets qui tombent dans l’escarcelle des États-Unis.

    Des technologies développées en France viendront non seulement s’agglomérer à l’outil de puissance économique états-unien, mais elles feront également tomber sous le coup de l’extraterritorialité du droit US tous les appareils intégrant des composants développés par Latécoère. En effet, via la fameuse réglementation ITAR (International Traffic in Arms Regulations), les autorités américaines s’octroient le droit d’imposer à toutes entreprises à travers le monde de demander leur aval avant de procéder à l’exportation de matériels aéronautiques et de défense comportant des composants américains. Une loi d’un État étranger qui s’avère particulièrement contraignante pour les entreprises françaises et européennes, telles qu’Airbus, Thales ou MBDA.

    Un aspect de cette opération de rachat sur lequel mettait en garde tant Laurent Izard que 17 députés (dont 14 issus de la majorité) de la Commission de la Défense nationale des forces armées. Ces derniers, menés par Jean-Charles Larsonneur, député LREM du Finistère, ont interpellé fin novembre le Premier ministre sur ce dossier, estimant qu’une «approche souveraine» devait prévaloir. Un argument de la menace que fait peser sur nos intérêts économiques l’extraterritorialité américaine qui devrait d’autant plus peser au sommet de l’exécutif que la France tient à réduire les dépendances de l’industrie de l’armement aux composants américains. Pourtant, il semble n’en être rien.

     

    Le logo d'Alstom
     
     
    Mi-septembre, c’était Jean-Louis Chauzy, président du Conseil économique, social et environnemental régional (CESR) d’Occitanie, qui écrivait à Bruno Le Maire, estimant que «laisser le champ libre à un fonds nord-américain serait une erreur». À ses yeux, avoir «un peu» de patriotisme économique, «face aux États-Unis et à la Chine» n’est «pas un gros mot». Le président du CESR d’Occitanie brandissait alors une autre menace: celle du dépeçage pur et simple de l’entreprise par ses nouveaux propriétaires, prenant pour exemple le cas de Molex, entreprise de connecteurs électriques de la région de Toulouse, rachetée par des Américains, qui s’étaient emparés des brevets avant de délocaliser l’usine.

     

    Un risque également mentionné par Laurent Izard, qui rappelle que face à ce type d’opération, des «garde-fous» juridiques existent pourtant, à commencer par le décret Montebourg, renforcé par la très récente loi Pacte. Pour l’heure, l’État a seulement demandé à l’Américain de laisser monter la société française de gestion d’actifs Tikehau Capital à 10% du capital de Latécoère, au titre du contrôle des investissements étrangers en France (IEF), une demande du gouvernement français à Searchlight qui pour l’heure reste lettre morte.

    N’est-il pas étonnant qu’à l’heure où le gouvernement budgétise 10 milliards d’euros, mettant en garantie la vente de ses participations dans de grands groupes publics (ADP, Engie, FDJ), afin de constituer un fond pour financer la création de Start-ups innovantes, celui-ci ne trouve pas un centime pour empêcher que des fleurons français innovants, reconnus dans leur domaine d’expertise, ne se fassent racheter par des fonds étrangers?