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Politique française à l' étranger - Page 5

  • L’Amérique cherche à affaiblir la Russie, et le faire par les mains de l’Europe!

    Le « surveillant » de l’Europe
     
     « Les Etats-Unis ont aligné l’Europe par rang de taille » - a écrit il y a quelques jours dans un commentaire le journal d’affaires allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten. Le périodique a commenté d’une manière aussi caustique l’information qui s’était infiltrée dans la presse, suivant laquelle la Maison Blanche a en fait coupé court à la tentative de l’UE d’amorcer un abandon graduel de la guerre des sanctions contre la Russie. 
    Un projet de document pour « discussion » à ce sujet a été préparé par le Service des activités extérieures de l’UE avec à sa tête Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
    Il est curieux que The Wall Street Journal américain ait eu connaissance de ce document. Cette édition exprime en fait la politique de la Maison Blanche. On ignore comment un document à usage interne de la Commission Européenne ait pu tomber entre les mains des journalistes américains. Mais quoi qu’il en soit, l’objectif a été atteint – l’initiative européenne a été tuée raide, selon le journal.
    Le maître de la Maison Blanche Barack Obama a appelé la chancelière allemande Angela Merkel. Lors de l’entretien ces mêmes jours entre le président américain et David Cameron, les interlocuteurs ont relevé la nécessité de maintenir tous ensemble la pression sur la Russie. Le reste était sans surprises.
    Même les pays européens qui se prononçaient avant pour une approche plus pondérée se sont exprimés en faveur de la poursuite des sanctions, notamment la Hongrie et la République Tchèque. Les ministres d’Autriche, d’Espagne et du Luxembourg ont essayé de montrer davantage d’indépendance, mais leurs voix ont été couvertes par un chœur antirusse uni. D’après l’ex-sénateur italien Luigi Marino, en portant la main à la visière devant les Etats-Unis et en introduisant des sanctions contre la Russie, l’Europe a causé des préjudices à elle-même.
    Le vice-président de l’Académie des problèmes géopolitiques Vladimir Anokhine n’y voit rien d’extraordinaire.
    Tout est logique. L’Amérique cherche à affaiblir la Russie, et le faire par les mains de l’Europe. En même temps, souffrant très peu des sanctions antirusses, elle tente en ce cas d’étrangler l’Europe en tant que son concurrent, et non alliée. Lors de la « Semaine verte », foire agricole internationale en Allemagne a été formulée une demande à l’adresse de la Russie d’adoucir les mesures de rétorsion prises par elle. Ou bien on s’y est ravisé ou bien on nous tient pour des imbéciles. Ils doivent comprendre que les sanctions n’apportent rien de bon à l’Europe.
    Dans le monde criminel il y a le terme de « surveillant ». C’est un chef criminel jouissant d’autorité, régulant toutes les sphères du business criminel. Ayant affiché une nouvelle fois, dans son récent discours devant le Congrès, la « supériorité » de l’Amérique et sa résolution d’agir à titre unilatéral, c’est-à-dire sans regarder les normes du droit international, le patron de la Maison Blanche s’est en fait adjugé le rôle d’un tel « surveillant », en ce cas de l’Europe. Mais combien longtemps encore l’Europe va-t-elle obéir à celui qui est prêt à violer tranquillement les lois ?

  • L' amateurisme de la politique française en Syrie


     

    Le 24 septembre 2014, à l'occasion du débat à l’Assemblée Nationale sur l’intervention française en Irak, Manuel Valls a martelé avec la plus grande vigueur, que le président syrien Bachar Al-Assad « ne peut absolument pas être un partenaire dans la lutte contre l’organisation de l’Etat Islamique » (…) «  Avec  le président de la République, nous avons fait le choix de nous concentrer sur l'Irak et de continuer à soutenir l'opposition modérée au régime de Bachar Al-Assad. (...) Nous sommes résolus, avec nos partenaires, à leur apporter un soutien civil et militaire accru ».

    Au cours de cette intervention, le Premier Ministre a aussi assuré que « la France poursuivra ses frappes aériennes en Irak jusqu'à ce que l'armée irakienne reprenne le contrôle de la situation sur le terrain face à l'Etat islamique ».

    Le lendemain, lors du « Conseil de défense » qui s’est tenu à l’Elysée, il a été décidé « d’accroître l’aide militaire aux opposants syriens ». Les mêmes causes produisant les mêmes effets, François Hollande -aujourd’hui, en Syrie- commet les mêmes erreurs que Nicolas Sarkozy -hier, en Lybie- s’affirmant ainsi, l’un et l’autre, piètres stratèges militaires…

    L’exemple irakien n’aura servi à rien… L’implosion de ce pays et le chaos qui s’en suivit après la déroute de son armée poussèrent bon nombre de soldats perdus et désœuvrés à rejoindre les rangs des djihadistes… La chute de Kadhafi (supposée libératrice), favorisée par l’intervention militaire française, a plongé également ce pays dans un chaos indescriptible au profit des islamistes de Cyrénaïque aussi sanguinaires et aussi terrifiants que ceux de l’Etat Islamique.

    Comment faire comprendre qu’en voulant s’ériger en « justiciers » dans le renversement de dictateurs, on ne fait que bousculer la fourmilière d’où émerge inéluctablement le pire ? Comment faire comprendre qu’en éliminant les Saddam Hussein et les Kadhafi (en attendant Bachar Al-Assad), on a jeté dans les bras des terroristes islamistes les foules arabes ? Comment faire comprendre qu’armer l’opposition syrienne modérée n’aidera, en rien, à combattre l’Etat Islamique ?... Tout au contraire !… Et les contradictions, les atermoiements de la politique française n’apportent que plus de confusions dans une situation, déjà, par trop compliquée…

    Que l’on se souvienne !… Il y a peu de temps encore, afin de réprimer le « génocide perpétré par les forces gouvernementales sur la population syrienne (sic) », le couple Hollande / Fabius, occultant le fait que les djihadistes en faisaient tout autant, était prêt à bombarder –par « souci humanitaire »- la Syrie de Bachar El Assad dans le but de « soutenir les rebelles syriens »… parmi lesquels évoluent, tout de même, les jeunes paumés de nos banlieues en mal de reconnaissance.

    Ces « jeunes » qui demeurent encore aux yeux de nos « moralistes » -idiots de service- « la chance pour la France », partent par centaines pour tuer et se faire tuer en Syrie et en Irak. Leurs « exploits » sont diffusés partout sur les réseaux sociaux et sur Internet, de même les horreurs qu’ils commettent et dont ils tirent fierté, ce qui incite leurs camarades « restés au pays » à leur emboîter le pas.

    Profondément apatrides, aux mœurs barbares, après les divers clips d’égorgements, décapitations et mutilations multiples dont ils s’enorgueillissent, la chaîne d’information BFMTV nous a livré un aperçu de leur bestialité en diffusant les images de ces « jeunes français désœuvrés » traînant derrière un pick-up aux cris d’« Allah Akbar ! » des cadavres de soldats de l’armée régulière syrienne. Images glaçantes et terrifiantes. Et ce sont ces barbares que la France voulait soutenir en bombardant la Syrie par « souci humanitaire » !...

    L’Etat Islamique supplantant dans l’horreur les atrocités commises par les forces gouvernementales, la « coalition » dut enfin, se résoudre à déclencher des frappes aériennes sur les bastions djihadistes… ce que la France refusa de faire « pour ne pas risquer la vie de ses ressortissants (terroristes) (sic) » A mourir de rire !...

    Dans la rubrique « contradictions, conspirations et tractations secrètes », d’autres pays ne sont pas en reste…

    Washington a décidé d'entraîner et d’armer en Arabie Saoudite 5 000 combattants recrutés parmi les rebelles de l'opposition syrienne modérée, « ce qui n’aidera certainement pas à éliminer la menace que constituent les djihadistes du groupe radical Etat islamique (EI) », a déclaré à RIA Novosti Julien Barnes-Dacey, chercheur au Conseil européen des Affaires Etrangères.

    Pour sa part, Sergueï Douz, sur La Voix de la Russie et sur RIA Novosti se livre à l’analyse suivante : « Les Etats-Unis ont lancé des raids aériens contre les positions des commandos de l’Etat islamique en Syrie. Selon les experts, l’imprévoyance et le contenu contradictoire de la stratégie américaine rendent impossible le succès de l’opération. Selon plusieurs experts, en se décidant à une telle démarche, les Américains saisissent une nouvelle occasion d’écraser le régime de Bachar Assad » (...) « La politique proche-orientale des Etats-Unis est en quelque sorte folle. L’armée régulière syrienne est l’unique, excepté les Kurdes, à s’opposer à l’EI. Armer l’opposition syrienne que les Etats-Unis considèrent comme modérée et infliger des coups aux troupes régulières syriennes signifie raffermir les positions de l’EI. Les Américains devraient changer d’attitude et réunir les efforts avec Damas ».

    En Syrie, « l’opposition syrienne » est disparate et les armes qu’on lui fournit atterrissent inéluctablement dans les rangs des djihadistes.

    Dans une lettre adressée aux dirigeants des factions politiques de la Chambre des représentants des Etats-Unis, le député Syrien, Jihad al-Lahham, appelle ses homologues américains à ne pas armer les « opposants modérés » au régime de Bachar al-Assad dès lors que ces mêmes armes sont revendues aux islamistes, information que le New York Times avait déjà donnée en 2013, révélant en cela que des « brigades fictives de l’Armée Syrienne n’étaient rien d’autre que des révolutionnaires qui revendaient ces armes »…

    Pour accréditer cette thèse, le journal croate Jutarnji List, rapporte dans son édition du 9 mars 2014, qu’en l’espace de quelques mois, près de 3 000 tonnes d’armements les plus sophistiqués parmi lesquels, missiles, blindés, véhicules tout terrains ont été envoyées depuis Zagreb par 75 vols cargos opérés par des  compagnies turques  et  jordaniennes « pour lutter contre le régime d’Assad ».  C’est  l’Arabie  saoudite  qui payait pour le transport de ces armes, organisé par les Etats-Unis…

    Mais il y a plus grave !... Des blindés de la société turque Otokar sont également livrés aux « rebelles syriens modérés » pour venir, au final, enrichir l’armement de l’Etat Islamique. L’agence de presse kurde DIHA a publié des témoignages sur le soutien militaire direct de la Turquie aux djihadistes de l’EI. Selon ses sources, l’armée turque a envoyé dans un train au moins dix tanks et une grande quantité d’armes et munitions. Le train aurait déposé sa charge dans le village arabe de Sibkiran, information reprise par le journal turc Cumhuriyet qui cite le commandant des YPG (branche armée du PYD, Parti de l’union démocratique du Kurdistan) Sipan Hamo : « La plupart des armes lourdes qui sont entre les mains de l’EI proviennent de la Turquie ». Quant au quotidien turc Birgun, il a révélé de son côté l’existence d’un hôpital djihadiste de 75 lits en plein Antep, une ville turque frontalière avec la Syrie… On comprend mieux désormais pourquoi la Turquie a refusé l’accès de ses bases aux avions de la coalition internationale qui mènent des frappes contre des cibles djihadistes en Syrie et en Irak et a assisté, indifférente, au massacre des peshmergas kurdes à Kobané, aux pillages et aux viols. L’Etat Islamique n’est ni sa priorité, ni son souci… Elle est en guerre contre les Kurdes et compte précisément sur les djihadistes –devenus alliés de circonstance- pour éradiquer ce problème et faire tomber du même coup Bachar El Assad.

    Dans cet univers de contradictions, conspirations, palinodies, trahisons et lâchetés multiples, cette maxime de Valéry Larbaud « leur hypocrisie est un raffinement d’outrage à la vertu ! » nous rappelle à la triste réalité. Dans un tel contexte, l’EI a encore de beaux jours devant lui…