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31/10/2017

France: retour des super-riches et classes moyennes en disparition .

 

La politique fiscale d’Emmanuel Macron porterait ses fruits... et l’exode des «riches» serait endigué !

 Cependant, rien n’est fait pour stopper la déliquescence des classes moyennes prophétisée depuis des décennies dans notre pays. Retour sur la mort de cette classe sociale transformée en variable d’ajustement budgétaire et fiscale.

Les "riches" seraient de retour en France! C'est du moins le message véhiculé par BFM-TV dans un Grand angle diffusé mardi 10 octobre.

C'est à première vue une bonne nouvelle, sachant que la France était encore récemment la championne du monde en termes de fuite des millionnaires (hors capital immobilier): ils étaient ainsi 10 000 et 12 000 à quitter l'hexagone respectivement en 2015 et 2016 — plus qu'en Chine — d'après le cabinet de Conseil sud-africain New World Wealth. Et ce sont ces riches qui ont les moyens d'investir:

 

«Ce qu'Emmanuel Macron tente de faire, avec l'ISF recentré sur les valeurs mobilières — le capital qui peut circuler, car c'est ça sa philosophie sociale profonde — ce sont des gens qui pourraient créer des emplois.

Pour l'économiste et juriste Philippe Arondel, le nouvel exécutif français cible «un certain type de métiers bien identifiés». Auteur, notamment, en novembre 2014 d'une étude pour l'Institut de Recherches Economiques et Sociales (IRES) Classes moyennes, un modèle républicain en péril?, Philippe Arondel tient justement à faire cette différence entre les «super-riches» et les autres, tout particulièrement concernant les classes aisées qui demeurent partie intégrante des classes moyennes traditionnelles.

Il faut dire que parmi ces dernières, figurent en bonne position les retraités dits «aisés», qui pour reprendre ses mots sont «les grands perdants des réformes fiscales en cours» évoquant au passage le traitement médiatique réservés à ces ménages, souvent qualifiés de «riches» dès lors que leur pension dépasse les 1.400€. En guise d'illustration il évoque le cas d'un couple de retraités de l'enseignement touchant à eux deux 5.000€ de pension.

«Est-ce qu'on est riche, en France, dans un monde moderne développé, lorsqu'on est enseignant du secondaire et qu'on a cette retraite-là? Or aujourd'hui, dans la réforme fiscale de Monsieur Macron, ce sont ces gens-là qui sont finalement pointés du doigt, alors même que les super-riches sont détaxés. C'est ça la question!»

 

L'argent
 
 
D'ailleurs, remarquons que si la gauche pointe du doigt les mesures fiscales d'Emmanuel Macron, comme la suppression de l'ISF, il s'agit plus précisément d'un recentrage de cet impôt sur la Fortune sur les seules fortunes immobilières, exonérant ainsi les titres mobiliers, notamment les actions. Les propriétaires devront donc continuer à s'acquitter de cet impôt sur leur patrimoine foncier, qu'ils soient agriculteurs ou parisiens ayant vu la valeur de leur appartement tripler ces dernières décennies.

 

Facteur aggravant, le manque de volonté politique pour endiguer le «dumping fiscal» opéré par d'autres États dans un monde de plus en plus ouvert — notamment au sein même d'une Union européenne qui a érigé comme valeur fondamentale la libre circulation des personnes et des capitaux. «À partir du moment où on ne veut pas se poser la question d'une re-régulation, même modérée, en effet pour faire revenir les super-riches […] il n'y a pas d'autre solution que d'adapter notre fiscalité à la fiscalité moyenne en Europe voire même dans le monde», une équation à laquelle on tente de trouver une solution précaire par de « vases communicants» (baisse des charges, hausse de la CSG, etc.), un bricolage qui n'est pas sans mettant en péril notre système de protection social, faisant des classes moyennes de véritables variables d'ajustement des politiques budgétaires.

On observe ainsi que s'il y a de plus en plus de millionnaires (en dollars) en France — 580.000, en 2016 selon une étude de Capgemini — il y a aussi de plus en plus de pauvres — 8,9 millions, en 2015 — et prise en étau entre les deux, la classe moyenne semble inéluctablement s'amenuiser, se paupériser, d'où cette question centrale: va-t-on vers leur disparition, comme cela avait été théorisé, il y a plus de deux décennies en France et par la suite dans les pays anglo-saxons par sociologues et économistes? Tous dressent un même constat: dans les vieux pays développés, les classes moyennes sont appelées à subir un phénomène de déclassement et à tirer un trait sur leurs espoirs d'une vie trépidante que seul le 1er décile de la population pourra encore connaitre.

S'il ne croit pas en leur disparition, le pronostic de Philippe Arondel n'en est pas pour autant moins pessimiste, «elles ne disparaissent pas, mais ce qu'elles étaient auparavant est en train de disparaitre». Il décrit une «explosion» du «peloton» des classes moyennes, la cohésion qui faisait d'antan sa caractéristique n'étant plus de mise.

«Vous en avez qui sont déclassés et qui rejoignent les classes populaires — ce sont les classes moyennes inférieures […] vous avez les classes moyennes — moyennes qui résistent encore, mais difficilement et vous avez une fraction des classes moyennes supérieures qui rejoint les plus aisés.»

Exemple flagrant, mis en avant par l'économiste pour symboliser ce déclassement social: l'impossibilité à l'heure actuelle pour des classes moyennes d'acquérir des biens immobiliers dans les centres villes, comme elles en étaient capable il y a encore 20 ans. Des classes moyennes remplacées par une nouvelle classe sociale, qui ne s'est pas imposée via la méritocratie républicaine: les bobos. Une nouvelle classe, encore peu étudiée, issue d'un nouveau corpus de métiers tels que ceux du spectacle, des médias ou du numérique.

Si rien ne semble être fait pour endiguer ce délitement, c'est selon Philipe Arondel principalement par manque de vision politique. En effet, pour celui-ci, «enrayer, endiguer, ce mouvement, supposerait que l'on ait une confiance assez aigue, précise, très fine, du pacte social que l'on veut mettre en place».

Une absence de vision qui aujourd'hui se traduit par la disparition du pacte social, républicain, en vigueur dans les années 50-60 et de son fameux ascenseur social, faisant que tous pouvaient progresser. Un ascenseur social aujourd'hui «bien grippé», Philippe Aronsel insistant sur cette évidence que non seulement nul n'est plus garanti de monter dans la hiérarchie de son entreprise, mais surtout que cette progression sera bien plus longue et fastidieuse:

«Dans les années 60, il fallait à peu près 10 à 12 ans pour quelqu'un qui était au bas de la hiérarchie pour accéder au statut des plus aisés. Aujourd'hui, il y a des calculs qui disent que c'est 35-40 ans, c'est une carrière…»

En cause, notamment, la «dévalorisation rampante» des diplômes nationaux, tels que le baccalauréat, condamnant les candidats à la réussite à prétendre à des cursus particulièrement élitistes. Ainsi, l'économiste craint que la qualité du

«On peut penser que la crise des classes moyennes est aussi le fait qu'il y a un retour sur le marché du travail des héritiers, des gens qui ont "de bonnes origines", et qui vont se confronter à ceux qui sont dans le lot commun de tous les étudiants et avoir un avantage nouveau, alors que dans les années 60, par la méritocratie républicaine, par les postes offerts par l'État providence, dans le secteur public notamment, des gens issus de couches sociales dites défavorisées pouvaient accéder à une certaine hiérarchie.»

 

Un aéroport
Les conséquences de ce déclassement social seraient notamment politiques. «Il va y avoir une alliance de fait, couches populaires — classes moyennes, c'est l'un des débats que l'on a aujourd'hui en France autour de la recomposition politique». Une alliance qui se concrétise par un attrait à l'égard des courants dit «populistes», lesquels pourrait défendre l'idéal de l'État providence, impliquant une forme de protectionnisme, comme le précise notre expert:

 

«Je pense que la crise que nous vivons aujourd'hui, c'est une crise de la mondialisation: libre circulation des hommes, des capitaux et des marchandises, avec dumping social et fiscal. Cela a un impact à la fois sur les classes populaires et sur les classes moyennes. Lorsque vous perdez votre industrie, vous perdez tout une gamme de savoir-faire où l'on trouve notamment des gens des classes moyennes.»

 

100 ans après la « révolution d’Octobre » , la France doit subir Mélenchon et une opposition léniniste !

 

Triste constat. 100 ans après la « révolution d’Octobre » (en réalité, un coup d’Etat bolchévique), l’opposition politique en France est représentée surtout par les Insoumis et leurs alliés. La plupart de leurs propositions font froid dans le dos et nous incite à être plus que vigilants.

Plus d’une trentaine de députés et une quinzaine de sénateurs avec à leur tête l’inévitable Jean-Luc Mélenchon, voilà ce qui compose la seule force à s’obstiner contre les « réformes » annoncées par le gouvernement. La situation serait cocasse si elle n’était pas inquiétante : d’un côté, des petites réformes concoctées par le gouvernement et considérées comme « ultra-libérales » et, de l’autre, des idéologues marxisants.

Ce n’est pas la meilleure façon de sauver l’économie française. D’autant plus qu’on semble sous-estimer les dangers des « mélenchonistes » et autres communistes alors que nous devrions justement tirer les enseignements du génocide communiste qui a suivi Octobre 2017.

 

Faire table rase du sytème politique démocratique :

ça n’est pas autre chose que propose le camp des Insoumis. Il suffit de lire leur « synthèse programmatique ». En voulant faire table rase de tous les systèmes - politiques et économiques – c’est une autre société qui est envisagée. Sans chômage et sans pauvreté. Une société « multilatéralement développée », sans patrons et sans riches, construite sur le « partage » : des richesses, bien entendu, mais aussi du temps de travail et de la vie en en général. Les salariés devront « s’approprier l’entreprise » et « reprendre le pouvoir décisionnel ». Le « revenu universel » effacerait les différences et les inégalités entre les êtres humains. La révolution fiscale serait totale. Pas moins de 14 tranches d’imposition seraient mises en place et un système punirait tous les Français ayant choisi de s’installer dans un autre pays plus clément fiscalement. Dès qu’ils reviendraient en France, ils devraient payer la différence entre l’impôt payé dans leur pays d’accueil et leur pays d’origine sur toute la période d’exil fiscal.
Il va de soi que les nationalisations et la « planification écologique » seront les clés des « réformes économiques » tandis que les services publics actuels deviendraient « citoyens ». La Santé ne peut être que l’affaire de l’Etat qui doit s’en emparer complètement. Pareil pour l’Education au sein de laquelle « l’apprentissage doit être centré sur la pédagogie »…

 

Concernant l’Europe, voici l’alternative :

on la transforme en Europe « citoyenne » ou on la quitte. Il faudrait faire « racheter la dette des États par la banque centrale, pour mettre fin à la pression des créanciers et réorienter le rôle de la BCE afin que ses activités se focalisent sur le développement du plein emploi et instaurer le financement direct des États auprès de la BCE ». De même, il s’agirait de « supprimer la surveillance budgétaire des États, afin que les peuples décident eux-mêmes de la manière dont les impôts et cotisations sociales sont employés ». Il est aussi proposé d’ « instaurer l’harmonisation fiscale et salariale en Europe » et un protectionnisme « solidaire » aux frontières nationales. Bien entendu, la France sortira de l’OTAN et de toute autre organisation « impérialiste ».

« Il faut rendre le pouvoir au peuple », c’est ce que disait Lénine à la foule en octobre 2017. « Tout commence par le pouvoir des citoyens » rappelle le programme des Insoumis. La « refondation républicaine » doit passer par le fait de « rendre au peuple son pouvoir politique ». Comment ? La démocratie n’est pas le bon système. Il faudra une nouvelle Constitution, une Assemblée constituante dont les membres devraient remplir plusieurs critères pas encore clairement définis. Origine sociale « saine » ? C’est ce qu’avaient instauré les bolcheviks sous le prétexte de vouloir « donner le pouvoir au peuple ». C’est ce que fait le Venezuela de Maduro !…

C’est l’ « homme nouveau » qui est donc voulu par ces « nouveaux communistes » omniprésents dans les médias qui les voient comme les principaux opposants au gouvernement. Après 100 ans et plus de 100 millions de morts, la France n’a vraiment rien compris de l’Histoire ?

 

 

30/10/2017

Ces communistes qui furent Commissaires politiques du Viêt Minh dont BOUDAREL, le monstre français du camp 113 .

 

 

 

Dès le déclenchement de la deuxième guerre mondiale l’Indochine fut envahie par l'armée japonaise qui occupait déjà la Chine et qui avait proclamé en 1938 sa volonté d'éradiquer toute présence d'homme blanc en Extrême-Orient, allant jusqu’à introniser, à son départ, le 2 septembre 1945, le gouvernement communiste Hô Chi Minh.

Lors des hostilités avec la France, le Viêt Minh effectua de nombreuses prises d'otages, incluant des civils. Beaucoup de prisonniers militaires français passèrent dans des camps d'internement situés dans les régions sous contrôle indépendantiste et furent soumis à une tentative de « rééducation marxisante » par des commissaires politiques au nombre desquels des communistes étrangers et français faisaient montre d’un zèle excessif… Ainsi le PCF, par la voix de ses responsables, Maurice Thorez, Jacques Duclos, le couple Joliot-Curie… joua un rôle essentiel, non seulement dans la conception, mais aussi dans l'exécution du lavage de cerveau.

Le sort des prisonniers dans ces camps de rééducation fut longtemps méconnu du grand public. L’affaire Georges Boudarel contribua à le rappeler à l'opinion dans les années 1990.

Militant du parti communiste français, progressiste et marxiste, Georges Boudarel naquit en 1926. En avril 1948, il s’embarqua pour l’Indochine comme  professeur de philosophie et anima l'antenne indochinoise du PCF, le groupe culturel marxiste auquel Jean Chesneaux, l’historien communiste affilié au Viêt Minh, appartint.

Le 17 décembre 1950, refusant d’être incorporé dans l’armée française et considéré comme « insoumis » puis déserteur, il rejoignit le Viêt Minh et se rendit après une longue marche au Tonkin où, en 1953, il fut nommé commissaire politique dans un camp de rééducation de prisonniers, le camp 113.

Situé près du village de Nam Nahm, à 25 km à l'ouest du kilomètre 32 de la RC2 (60 kms au sud de la frontière chinoise et 30 kms au sud-ouest de Bắc Giang) ce camp, insalubre, connut très vite une intense mortalité… Son cimetière débordait de cadavres que les grosses pluies d'automne déterraient. Les rats pullulaient et s'attaquaient aux mourants à l'infirmerie. Dès lors, la situation sanitaire devint telle qu’il fallut évacuer ce camp et le reconstruire 30 kilomètres plus à l'est, au nord de VINT-THUY, non loin de la RC2, près de LANG-KIEU.

Quelque 320 prisonniers, survivants d’un triste bétail pensant, abandonnés à leurs délires, à leurs rêves et à leur rancœur, tous d’origine européenne, officiers, sous-officiers et soldats, croupissaient dans ce camp dans des conditions  d’alimentation, d’hygiène et de prophylaxie infâmes. A l’infirmerie, véritable antichambre de la mort, des squelettes vivants agonisaient, vaincus par la faim, la maladie et rongés par la vermine, sous un essaim de grosses mouches vertes. Ils étaient, en effet, vidés par la dysenterie, minés par le paludisme, l’avitaminose, les ascaris, la peau rongée par les champignons de la dartre annamite, de la bourbouille et du hong-kong-foot. Parmi ceux qui n’avaient  plus aucune réaction et qui allaient mourir le soir même ou dans la nuit, certains avaient les lobes d’oreilles et la base des narines entamés par les rats.

Dans un endroit retiré, des latrines avaient été creusées où grouillaient des millions d’asticots qui donnaient naissance à des multitudes de mouches, vecteurs de toutes les maladies et véritable « pont aérien entre ce lieu et les cuisines » selon le mot même de Boudarel. Le taux de mortalité variait entre 25 et 40 décès par mois, et même plus, selon les saisons.

C’est en ce lieu sinistre que Boudarel, surnommé « Dai Dông », mit au point ses sévices chaque jour plus raffinés et excella dans le lavage de cerveau imprégné des doctrines du marxisme-léninisme et de l'internationalisme prolétarien.

Dans ce « mouroir », sa spécialité : « La mise à mort sans toucher » consistait :

- à abreuver de cours de « rééducation politique » des hommes blessés, malades, éreintés, affamés

- à obliger les moribonds à se lever pour assister à ces séances, qui contribuaient à les achever

- à exploiter la pratique clé la « critique et de l’autocritique » pour créer un détestable climat de méfiance, de discorde et de délation

- à remettre au Vietminh des médicaments parachutés par la Croix Rouge Française et à les refuser aux malades abandonnés sans soins

- à réserver aux évadés repris un sort qui menait à une fin quasi certaine

- à établir lui-même la liste des « libérables », c’est-à-dire en s’attribuant le droit de vie et de mort

- à pousser la cruauté jusqu’à renvoyer au camp des prisonniers déjà sur le chemin de la libération : Certains en mourront de désespoir

- à détenir un record de mortalité, avec 1 à 8 décès par jour.

Boudarel étant devenu le « conseiller technique » pour l’action psychologique, les chefs des 130 camps Viêt Minh appliquaient avec zèle, sur ses indications, les séances de tribunal populaire destinées à juger ceux qui étaient considérés comme « fautifs ». Les prisonniers subissaient des traumatismes importants dus au viol psychologique de l’endoctrinement, des séances d’autocritique et d’encouragement à la délation.

Par ailleurs, en dépit de leur extrême faiblesse, tous ceux qui pouvaient tenir debout participaient aux corvées et aux activités du camp.  « Si pas travailler, pas manger ! » Telle était la devise du surveillant général.

Ils furent, ainsi, victimes « d'agressions psychologiques découlant d'une doctrine monstrueuse, appliquée par un État pratiquant une politique d'hégémonie idéologique et d'intolérance active ». Tous les éléments du génocide constituant le crime contre l'humanité furent réunis, tel que le définit la Convention des Nations Unies du 9 décembre 1948 : « Atteintes graves à l'intégrité physique et mentale du groupe ; soumission intentionnelle de celui-ci à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle »… ce qui accrédite la théorie de Guglielme Ferrero : « Quand ils ne se servent pas des armées pour établir la tyrannie, les tyrans détruisent les armées afin de n’être pas détruits par elles ».

Parmi les punitions – identiques dans tous les camps- l’une des plus terribles était le séjour prolongé dans la sinistre « cage à buffles » sous une maison sur pilotis où le prisonnier, attaché à un poteau dans une eau putride sans pouvoir se protéger des piqûres d’insectes, était supplicié jusqu‘à la folie et la mort.

Durant l'année de son activité au camp 113, Boudarel reconnut lui-même un taux de mortalité atteignant les 70 %. Sur les 320 prisonniers Français, 278 moururent de mauvais traitements et de torture physique et psychologique. Dans ce cloaque pestilentiel, il avait fait sien « L’Enfer » de Dante, première partie de la « Divine Comédie » : « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »… 

Lorsqu’ils débarquèrent à Marseille, les survivants, squelettes ambulants ou morts-vivants portés sur civière, furent la cible des jets de boulons, de crachats et d’injures par des dockers communistes de la CGT rendant, de la sorte, vivants ces vers du Capitaine Borelli, Officier de Légion : « Quant à savoir si tout s’est passé de la sorte, et si vous n’êtes pas restés pour rien là-bas, si vous n’êtes pas morts pour une chose morte, Ô mes pauvres amis, ne me le demandez pas ! »

Inculpé de trahison Georges Boudarel fut condamné à mort par contumace en juin 1953. En 1964, il quittera le Vietnam pour Moscou où il prendra le nom de « Boris », puis Prague où, jusqu'en 1967, il exercera ses talents d'apparatchik communiste dans une filiale du Kominform, la Fédération syndicale Mondiale (FSM).

Après les accords de Genève, ce tortionnaire, bénéficiant de la loi d'amnistie gaulliste du 18 juin 1966 qui stipulait : « sont amnistiés de plein droit tous crimes et délits commis en liaison avec les évènements consécutifs à l’insurrection vietnamienne, et antérieurement au 1er octobre 1957 », revint en France et fut aussitôt coopté au CNRS par ses amis communistes et syndicalistes de l’Education Nationale pour y préparer une thèse de troisième cycle d’histoire à l’université Paris VII Jussieu. Il devint maître de conférences à Jussieu et ces mêmes communistes et syndicalistes feront ensuite valider ses années « d’expérience » en Indochine pour favoriser sa carrière…

Durant ces années, il fréquenta assidûment les milieux trotskistes, en particulier la ligue d’Alain Krivine et comptera parmi ses amis et « protecteurs » Gisèle Halimi, Suzan Sontag, Marianne Schaub, Laurent Schwartz, Marcel Kahn, Madeleine Rebérioux… tout le gratin de la gauche intellectuelle qui sera à l’origine de la création de la « Ligue Contre-Révolutionnaire ».

Le 13 février 1991, lors d'un colloque au Sénat sur le Vietnam auquel Boudarel participait, il fut reconnu et apostrophé par Jean-Jacques Beucler, ancien secrétaire d’État à la Défense et lieutenant en Indochine. Blessé sur la redoutable RC4, il fut fait prisonnier et interné de 1950 à 1954 dans le camp 113. Se plantant devant Boudarel, il l’apostropha en ces termes :

« Vous êtes un individu qui a trahi son pays pour se mettre volontairement, au service de l'ennemi et qui a spécialement maltraité ses compatriotes sur le plan matériel et sur le plan moral. Puisque vous bénéficiez sans doute d'une amnistie collective, nous ne pouvons pas vous poursuivre en justice mais nous tenons à vous dire publiquement, en mémoire des Morts pour la France en Indochine, que nous éprouvons à votre égard, le plus profond mépris, il faut que l'assistance sache à quel ignoble bonhomme elle a à faire. Vous êtes un criminel de guerre ! Vous avez du sang sur les mains. Votre présence à cette tribune est indécente ! ».

L’affaire fit grand bruit, d’autant plus que Boudarel adopta une attitude provocatrice, affirmant ne rien regretter et allant jusqu’à se moquer publiquement de ses anciennes victimes.

« Je consens que mon frère soit mort ; c’est la loi commune. Ce qui me révolte, c’est l’arrogance de ses assassins » écrivait Christopher Marlowe, dans « Edouard II »… Cette révolte, les anciens d’Indo la burent jusqu’à la lie…

D'autres témoignages furent déposés ensuite contre Boudarel qui fit l'objet en 1991 d'une plainte pour crimes contre l’humanité déposée par d'anciens prisonniers français du camp 113. Contre toute attente, articles et pétitions en faveur de Boudarel ne manquèrent pas dans le camp « progressiste » (Jean Lacouture, Pierre Vidal-Naquet qui soutiendra les tueurs du FLN en Algérie…) et la justice rejeta l‘accusation de crime contre l’humanité portée par une association d’anciens combattants, au motif que les faits étaient couverts par la loi d’amnistie de 1966...

Suprême dérision : Soutenu par l’ensemble de la gauche intellectuelle, il échappa également à toute sanction dans le cadre universitaire.

A 65 ans, l’ancien commissaire politique du camp 113 put en toute légalité faire valoir ses droits à la retraite. Il mourut paisiblement dans son lit le 26 décembre 2003 à l’âge de 77 ans...