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05/02/2017

Le bankster Macron .

Alors que le « Pénélopegate » menace gravement la candidature de l’ancien Premier ministre, les affaires semblent glisser sur l’ex-ministre de l’Économie démissionnaire, qui reste le favori des médias. François Fillon et Emmanuel Macron bénéficient-ils du même traitement médiatique ? Analyse.

Le premier semble tout droit sorti de l'œuf et faire de la politique « ni de droite, ni de gauche ». Le second est un vieux briscard encarté depuis quarante ans au principal parti gouvernemental de droite. L'un et l'autre sont extrêmement bien placés actuellement dans les sondages pour devenir le prochain président de la République française. Pourtant, alors que les médias et les juges ont obligé François Fillon à mettre en place une communication de crise suite aux révélations du Canard Enchaîné sur des soupçons d'emplois fictifs de sa femme, rien ne semble inquiéter Emmanuel Macron, qui traîne pourtant déjà plusieurs casseroles, malgré son jeune âge.

 

En deux ans passés au ministère de l'Économie, Emmanuel Macron est accusé d'avoir siphonné 80 % des frais de représentation alloués à son ministère pour recevoir, aux frais du contribuable, l'essentiel des soutiens politiques et financiers qui lui ont permis de lancer « En marche », le parti qu'il entend représenter aux élections présidentielles. Dans leur livre écrit à quatre mains, les journalistes Marion l'Hour et Frédéric Says estiment à 120 000 euros le total des frais de bouches payés en deux ans par le ministère au service des ambitions personnelles de l'ancien banquier qui voudrait devenir président.

 

François Fillon, quant à lui, doit justifier de 500 000 euros de salaire d'attachée parlementaire, versés en six ans à sa femme, sans que personne n'ait eu connaissance d'une quelconque activité au Palais Bourbon de la désormais célèbre « Penny » Fillon.

Aucune loi n'interdit à un député d'embaucher sa femme, ni à un ministre de dépenser comme il l'entend ses frais de représentation. Le problème se situe plutôt au niveau de l'image et de la parole donnée. Lorsque l'on revendique, comme François Fillon, une probité sans faille, ou que l'on prétend, comme Emmanuel Macron, ne pas toucher d'argent public, mieux vaut être irréprochable. Or, l'ancien ministre de l'Économie semble avoir largement puisé dans les ressources de Bercy pour lancer son parti et l'ancien Premier ministre, alors qu'il posait pour Paris Match aux côtés de sa femme, « mère au foyer », comme elle se qualifie elle-même, se retrouve à tenter de prouver que les six ans de salaire qu'elle a touché ne finançaient pas un emploi fictif.

 En fait, la différence principale c'est que Fillon a été l'objet, dès le lendemain de la sortie de l'affaire par le Canard, d'une enquête du Parquet National Financier qui sera chargé d'établir si oui ou non les salaires perçus pendant des années correspondent à un emploi fictif. Le vainqueur des primaires de la Droite et du Centre a par ailleurs fait savoir qu'il ne se présenterait pas aux élections présidentielles s'il devait être mis en examen. Pendant ce temps, l'affaire qui touche Macron ne semble pas avoir beaucoup ému les médias, qui ne lui ont accordé qu'une couverture minimale.

 Mais à deux mois et demi de l'élection, plusieurs zones d'ombre restent à explorer autour de Macron si les journalistes voulaient bien s'en donner la peine. Si certains semblent indiquer qu'ils disposent d'éléments concernant sa vie privée, d'autres pourraient revenir sur son redressement fiscal alors qu'il était ministre ou sur le financement de sa campagne, qui semble bénéficier des largesses des grands de ce monde, dont l'évocation pourrait écorner son image de candidat « hors système ».

 

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