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29/11/2016

Il n' y a plus de droite . Ne comptez pas sur Fillon ...

Fillon plébiscité : les électeurs ont la mémoire courte !

 

Aussi stupéfiant, aussi invraisemblable que cela paraisse, François Fillon est devenu en quelques semaines la coqueluche de l’électorat de droite. Son succès arithmétique est impressionnant : il a réuni au premier tour près de la moitié des suffrages des électeurs s’étant déplacés pour participer à la « primaire de la droite et du centre » alors qu’il y avait sept candidats en lice et il a récolté au second tour les deux tiers des voix face à son rival Alain Juppé qui a été littéralement étrillé et qui ne l’emporte que dans “sa” Gironde, dans la Corrèze hollando-chiraquienne, en Guyane, en Polynésie et à Wallis-et-Futuna. Alors qu’il n’y avait pour ainsi dire aucun suspense au soir du premier tour vu l’avance confortable de l’ancien Premier ministre et vu les désistements qu’il a engrangés (Sarkozy, Le Maire, Poisson), la participation a légèrement augmenté d’un dimanche à l’autre, preuve d’un incontestable engouement en faveur de l’ex-élu de la Sarthe.

Et il n’est que de naviguer sur les réseaux sociaux ou de converser avec des voisins ou de la famille pour se rendre compte que sa popularité est actuellement à son zénith dans le peuple dit de droite. La présidente de la Manif pour tous, Ludovic de La Rochère, s’est ouvertement réjouie de sa large victoire, comme le mouvement Sens Commun qui l’a soutenu dès le premier tour. Et l’on ne compte plus les pages Facebook et les forums où des mères de famille et des jeunes femmes se réclamant du catholicisme avouent avoir les yeux de Chimène pour le sexagénaire paré de toutes les vertus : il est beau, il est distingué, il est bien coiffé et bien habillé, il est de droite, conservateur et libéral, presque traditionaliste. Et il n’est pas jusqu’à certains lecteurs de RIVAROL, vieux fidèles de notre hebdomadaire, qui n’avouent une certaine sympathie pour l’ancien chef du gouvernement comme en témoigne notre « droit aux lettres ».

 

Sans nullement mettre en cause la sincérité, la bonne foi et la bonne volonté de toutes ces personnes désireuses d’aider au redressement de notre nation, on reste confondu et abasourdi devant tant de naïveté.

En quoi Fillon est-il si différent de Juppé et de Sarkozy ?

En quoi mérite-t-il davantage notre confiance, notre complaisance ou notre indulgence ? Les uns et les autres ont participé depuis un quart de siècle aux mêmes gouvernements, aux mêmes majorités parlementaires, sont comptables de la situation dramatique de notre pays, ont contribué à augmenter le chômage, la pauvreté, la dette et les déficits publics, l’immigration massive, à détruire par leur vote ou le maintien de lois iniques la famille et la morale naturelle. 

Le débat soporifique du 24 novembre entre les deux finalistes, et retransmis en direct et en intégralité à la fois sur TF1, France 2 et France Inter (les media en ont vraiment fait des tonnes pour cette primaire, plus encore que pour la présidentielle elle-même, c’est ahurissant !) a bien montré que Fillon et Juppé étaient d’accord sur l’essentiel, qu’il ne s’agit entre eux que d’un choc d’ambitions personnelles, que d’une querelle d’ego. D’ailleurs Patrick Stefanini qui fut pendant ces primaires le directeur de campagne de Fillon et que ce dernier s’apprête à nommer directeur général des Républicains est historiquement le plus proche collaborateur de Juppé et l’un de ses intimes.

Fillon et Juppé sont favorables au maintien de la législation actuelle sur l’avortement et sur le “mariage” homosexuel. La seule différence entre eux ? Juppé considère l’avortement comme « un droit fondamental » et Fillon seulement comme « un droit essentiel » car il n’est pas inscrit dans la Constitution. Le maire de Bordeaux est favorable à l’adoption plénière par les “couples” homosexuels alors que le député de Paris milite pour une adoption simple par les invertis et vante « l’amour homosexuel » ! Voilà où en est en 2016 la “droite” française ! Et le Front national mariniste ne vaut pas mieux puisqu’il est lui aussi un sectateur du « droit à l’avortement » (les déclarations publiques de Marine Le Pen, de Florian Philippot et de Sophie Montel sont sans équivoque sur la question) et un soutien du Pacs qu’il entend encore aggraver. Les proches du numéro deux du FN ont d’ailleurs violemment critiqué la décision de quelques édiles de droite qui ont exigé le retrait d’affiches gouvernementales où l’on voit des invertis s’embrasser (voir la chronique de Robert Spieler en page 3).

Disons-le clairement, il n’y a plus de droite en France. Plus aucun mouvement d’importance ne défend la morale naturelle et le Décalogue. Plus aucun n’est capable de tenir un discours clair et ferme sur le massacre des enfants à naître ou sur l’accouplement des sodomites et des saphiques. Comment espérer dans ces conditions un quelconque redressement national alors que la crise que nous vivons est morale avant même d’être politique, économique ou sociale ? Mais cela n’empêche pas les media et de nombreux électeurs “conservateurs” de voir en Fillon le candidat de la famille, parce qu’il veut supprimer la condition de ressources pour l’obtention des allocations familiales, de la nation parce qu’il fut séguiniste et vota contre Maastricht (alors qu’il approuva et fit voter le traité de Lisbonne), de la droite décomplexée alors qu’il a toujours défendu l’alliance avec le centre, pourfendu « l’extrême droite » et que rien, lors de ses nombreux passages au gouvernement où il occupa successivement les portefeuilles ministériels les plus importants et les plus prestigieux, de l’Education nationale aux Affaires sociales en passant par Matignon où il resta cinq ans, n’indique la radicalité droitière dont il est aujourd’hui crédité.

Ajoutons que Fillon s’est toujours aplati devant le CRIF, que, lors de son allocution, en 2011, devant cet aréopage tout-puissant, il s’était félicité ouvertement de l’emprisonnement pour un an du révisionniste Vincent Reynouard, mettant cette arrestation à l’actif de son gouvernement. N’oublions pas non plus que le porte-parole de Fillon, Valérie Boyer, est l’auteur d’une proposition de loi punissant jusqu’à cinq ans de prison ferme la contestation des génocides juif et arménien et de la traite des esclaves.

 

Le drame de la condition humaine, c’est de chercher toujours des hommes providentiels, même quand manifestement il n’y en a pas et de donner sa confiance à n’importe quel charlatan. Il est vrai que l’homme a besoin d’espoirs mais cela n’autorise pas à se bercer d’illusions sur les personnalités, les partis, les situations. Aujourd’hui les uns voient en Fillon le sauveur de la nation, d’autres imaginent Marine Le Pen dans ce rôle. Las, les uns et les autres font fausse route. Il n’est rien à attendre de l’ancien Premier ministre de Sarkozy non plus que de celle que Frédéric Mitterrand, en fin connaisseur, a appelée « la madone à pédés ». De même que beaucoup de nationaux ont cru en De Gaulle en 1958 avant de déchanter, mais un peu tard hélas, arguant alors du fait qu’il aurait changé, qu’il avait compris, qu’il en finirait avec un régime décadent, de même beaucoup s’enthousiasment-ils aujourd’hui aussi imprudemment pour Fillon. A en croire les sondages actuels qui le placent en tête du premier tour de la présidentielle, quels que soient les cas de figure, et qui lui promettent une victoire triomphale le 7 mai prochain, à en juger également par l’engouement en sa faveur des électeurs de droite, il semble probable que l’ancien Premier ministre réussisse en 2017 la performance qu’avait accomplie dix ans plus tôt Nicolas Sarkozy : apparaître comme un véritable homme de droite, un homme d’Etat et ainsi siphonner au passage l’électorat frontiste d’autant plus disponible que Marine Le Pen multiplie les discours gauchistes, mélenchoniens et se garde bien de mettre au cœur de sa campagne la question centrale de l’immigration et du Grand Remplacement (auquel elle ne croit pas), non plus d’ailleurs que les sujets liés à la défense de la vie et de la famille. Il est vrai qu’il est difficile pour elle de mettre l’accent sur ces thèmes lorsqu’on traite comme elle le fait depuis deux ans son propre père de 88 ans auquel elle doit tout.

La démocratie est vraiment une pantalonnade, une farce, un cirque permanent!  Il est triste que tant de compatriotes, pourtant rançonnés, trahis, trompés, méprisés, en voie d’être remplacés, contribuent par leurs votes à légitimer et à pérenniser un système mensonger, mortifère, destructeur, intrinsèquement pervers et à placer follement en lui toutes leurs espérances. 

 

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