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15/10/2016

Syrie : choc frontal entre Moscou et Washington. Qui sont les tireurs de ficelles ?


Après le bombardement d’un convoi humanitaire en Syrie par l’armée américaine (le 20 septembre 2016) et le pilonnage durant cinq longues heures de positions de l’armée syrienne par l’avion états-unienne, violant ainsi le cessez-le-feu signé le 9 septembre, le ton se durcit du côté de Moscou.

Le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, lors d’une interview à la BBC, est définitivement sorti du langage diplomatique pour accuser ouvertement les Etats-Unis de protéger les terroristes du Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra qui est Al-Qaïda) en précisant : « Les Américains n’ont jamais attaqué un seul site du Front al-Nosra »1. Ce qu’a confirmé un commandant du Front Al-Nosra qui a affirmé dans un entretien accordé au journal allemand Koelner Stadt-Anzeiger : « Oui, les Etats-Unis soutiennent l’opposition (en Syrie), mais pas directement. Ils soutiennent les pays qui nous soutiennent. Mais nous ne sommes pas encore satisfaits de ce soutien »2. Il a par ailleurs révélé que le groupe terroriste avait gagné des batailles grâce aux missiles antichars TOW de fabrication américaine qui ont été « donnés directement » à ses troupes, et d’ajouter « grâce à ces missiles, la situation dans plusieurs régions (syriennes) est sous contrôle ». Pour ce qui est de l’armement lourd, il explique « Nos chars et lance-roquettes sont venus de Libye via la Turquie ».

Pour empêcher toute future “erreur” de l’aviation américaine et ainsi protéger l’armée syrienne et les éléments de l’armée russe qui sont sur le terrain, la Russie a déployé en Syrie ses systèmes de défense antiaérienne S-300 et S-400. La réaction de Washington ne s’est pas faite attendre… Le porte-parole du Pentagone, Peter Cook, a mis en garde les Russes : « Il faut que ce soit clair pour les Russes et pour tous ceux qui opèrent en Syrie que nous prenons très au sérieux la sécurité de nos aviateurs », ce à quoi a répondu le porte-parole du ministère russe de la Défense Igor Konachenkov : « nous rappelons que le S-300 est un système uniquement défensif et qui ne menace personne »3.

Il faut préciser que les Russes ont pris la décision de déployer leurs systèmes défensifs suite à des informations selon lesquelles Washington réfléchissait à effectuer des frappes contre l’armée syrienne. Igor Konachenkov a ajouté dans un communiqué : « Il faut être conscient du fait que les systèmes russes n’auront pas le temps de déterminer “en ligne directe” le trajet précis des missiles et leur appartenance. Et ceux qui prétendent qu’il existe des avions invisibles vont au devant de graves déconvenues. »4

Nous sommes peut-être arrivés à un stade de non-retour dans ce face-à-face russo-américain en Syrie. Une confrontation directe de ces deux grandes puissances militaires en Syrie pourrait entraîner une conflagration mondiale. Une question, qui n’est cependant jamais posée, reste en suspens : à qui profiterait cette éventuelle guerre mondiale ? Pour identifier le premier coupable et l’ultime bénéficiaire de la grande guerre peut-être à venir, il convient de revenir à la genèse et aux artisans du conflit en Syrie.


LES ARTISANS DE LA DESTRUCTION DU MOYEN-ORIENT


Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, les dirigeants israéliens et le lobby pro-israélien aux Etats-Unis se sont mis en branle pour utiliser ces attentats comme justification à une série de guerre contre leurs voisins que devaient mener les Américains pour leur compte. Dans une tribune que Netanyahou fit paraître dans le Chicago Sun Times le 7 janvier 2002, on voit très clairement apparaître le fait que le 11-Septembre n’est rien d’autre qu’un prétexte à la reconfiguration du Proche-Orient : « Que l’Amérique renverse le régime des Talibans en Afghanistan, et le réseau Al-Qaïda se désagrégera de lui-même. Les Etats-Unis doivent à présent agir de la même façon avec les autres régimes de terreur — l’Iran, l’Irak, la dictature de Yasser Arafat, la Syrie et quelques autres. »5

En 2002, à la conférence annuelle du puissant lobby pro-israélien AIPAC, dont le thème était « L’Amérique et Israël contre le terrorisme », les discours tournaient autour de la “menace” commune aux Etats-Unis et à Israël représentée par le vieux et fatigué Yasser Arafat (qui allait mourir empoisonné deux ans plus tard), l’ancien employé de la CIA Oussama Ben Laden, les Talibans (armés et soutenus par la même CIA via les Services spéciaux pakistanais), le Hamas, le Hezbollah, l’Iran et la Syrie6.

En avril 2002, le think tank néoconservateur américain PNAC (Project for the New American Century) a publié une lettre ouverte signée de plusieurs personnalités juives, William Kristol, Richard Perle, Daniel Pipes, Eliot Cohen, Norman Podhoretz et de non-juifs mais sionistes, William Bennet, R. James Woosley, ainsi que de vingt-huit autres néoconservateurs de premier plan, destinée au président Bush : « Personne ne devrait douter que les Etats-Unis et Israël ont un ennemi commun. Nos deux pays sont la cible de ce que vous (GW Bush) avez à juste titre appelé « l’Axe du mal ». Comme l’a souligné le secrétaire d’Etat à la Défense Donald Rumsfeld, l’Iran, l’Irak et la Syrie “encouragent et financent une culture d’assassinat politique et d’attentats à la bombe contre Israël, tout comme ils ont soutenu des campagnes de terrorisme contre les Etats-Unis”. Monsieur le président, vous avez déclaré la guerre au terrorisme international. Israël est engagé dans la même guerre »7.

Au vu de la chronologie des déclarations, l’on voit mieux que les néoconservateurs américains n’ont en réalité fait qu’appliquer un plan élaboré à l’avance par les stratèges israéliens par leurs épigones américains ou par leurs agents d’influence implantés au cœur de la citadelle du pouvoir américain…

Les promoteurs, aux Etats-Unis, de ce projet de destruction des pays arabo-musulmans au profit d’Israël sont les néo-conservateurs ; mais ne nous y trompons pas, les racines du néoconservatisme sont essentiellement juives8. Notons que le noyau dur des néoconservateurs américains est essentiellement composé de juifs occupant des postes clés dans d’influentes organisations, fondations et institutions politiques à l’image d’Elliott Abrams, Keneth Adelman, Douglas Feith, Richard Perle, Paul Wolfowitz ; dans le milieu journalistique on trouve de même, David Brooks, Charles Krauthammer, William Kristol, Bret Stephens et Norman Podhoretz ; parmi les universitaires néoconservateurs juifs, figurent Eliot Cohen, Aaron Fridberg, Ruth Wedgwood et le très important Bernard Lewis, historien juif pro-israélien (père de la “théorie” du Choc des civilisations vulgarisée par son assistant goy d’origine nippone Samuel Huntington) ; dans le milieu des experts remarquons Max Boot, David Frum, Reuel Gerecht, Robert Kagan, Michael Ledeen (père de la doctrine du « chaos constructif »), Joshua Maravchik, l’ineffable Daniel Pipes, Danielle Pletka, Michael Rubin et Meyra Wurmser.

Le néoconservateur juif Max Boot a dit fort clairement que le « soutien d’Israël est l’un des principes clés du néoconservatisme »9. Comme le font remarquer les universitaires américains de renom John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt : « le néoconservatisme est un sous-ensemble du mouvement pro-israélien. Les juifs américains sont au centre du mouvement néoconservateur, de la même façon qu’ils composent la majeure partie du lobby (pro-israélien) ».10


AUX ORIGINES DE LA GUERRE DE SYRIE


Les buts de guerre américains en Syrie sont calqués sur le plan israélien rédigé en 1982 par le fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères de l’Etat hébreu, Oden Yinon11. Ce plan visait en priorité l’Irak, lequel plan prévoyait de le faire éclater avant de faire subir le même traitement à la Syrie. Les Israéliens, par le biais des Etats-Unis, ont effectivement suivi à la lettre le plan Yinon. Dès que Bagdad est tombée, les dirigeants israéliens ont commencé de préparer la future guerre contre la Syrie en lançant des accusations de programme d’armes chimiques.

Dès la mi-avril 2003, alors que l’Irak venait tout juste de tomber, les dirigeants israéliens commencèrent à inciter les États-Unis à s’attaquer au régime syrien12.

Dans un entretien accordé le 15 avril 2003 au journal Yedioth Aharonoth, le Premier ministre israélien Ariel Sharon expliquait que Bachar el-Assad était un « homme dangereux, incapable de jugement sain ». C’est ce que les Israéliens disaient déjà de Saddam Hussein qui aurait, avec la complicité de Damas, dissimulé des « armes de destruction massive » en territoire syrien juste avant le début des hostilités. Faut-il souligner la profonde absurdité d’une telle accusation ?

Sharon se mit à appeler les États-Unis à exercer une « très forte pression » sur la Syrie pour l’obliger à mettre fin à son soutien au Hamas et au Jihad islamique ; Sharon exigea également du Liban voisin l’expulsion des Gardiens de la Révolution iranienne de la plaine de la Bekaa, la cessation de toute coopération avec l’Iran, l’obligation pour le Hezbollah de se retirer de la frontière israélo-libanaise et le remplacement du Hezbollah par l’armée libanaise, l’élimination de ses missiles à courte portée visant le territoire israélien13.

En somme, Sharon exigeait que sautent au Levant tous les verrous empêchant Israël de s’étendre ; il voulait la région livrée sur un plateau, sans résistance aucune. Un diplomate israélien a même critiqué les revendications osées de Sharon, l’invitant à être plus discret sur les relations entre Damas et Washington14…

Sharon n’était pas un cas isolé parmi les dirigeants israéliens. Le ministre de la Défense Shaul Mofaz a déclaré à Ma’ariv le 14 avril 2003 : « Nous avons une longue liste d’exigences à l’égard des Syriens, et il nous semble approprié qu’elles soient transmises par l’intermédiaire des Américains. »15. Comme Sharon, le ministre de la Défense demandait à ce que la Syrie rompît ses liens avec le Hamas et le Jihad islamique et que soit démantelé le Hezbollah16.

Deux semaines plus tard, le conseiller pour la Sécurité nationale de Sharon, Ephraïm Halevy, se rendait à Washington pour pousser les dirigeants américains à prendre « des décisions décisives » contre la Syrie. Il ressortit le fameux argument israélien des armes de destruction massive ; selon lui, la Syrie en détiendrait et ces armes seraient aux mains d’un Assad “irresponsable” et “insolent”17.

De son côté, le régime syrien a, sous Hafez (1930-2000) et sous Bachar el-Assad, tout au long des années 1990 et au début des années 2000, cherché la paix avec les Israéliens et les Américains. Mais les Israéliens, qui comme toujours pour donner le change, acceptaient les négociations, les firent systématiquement capoter ou ne donnèrent pas suite.
Par exemple, en décembre 2003, Assad fit une offre de paix, et voici le commentaire qu’en a fait le correspondant militaire de Haaretz, Ze’ev Schiff : « Le plus étonnant dans la proposition du président syrien de relancer les pourparlers avec Israël, c’est la réponse des dirigeants israéliens… Le Premier ministre Ariel Sharon est resté muet. Pas un seul mot n’est sorti de sa bouche… Dans le passé, nous avions toujours nourri l’espérance qu’on nous ferait de telles offres »18.

Cette politique de défiance vis-à-vis de la Syrie promue aux États-Unis par les Israéliens, n’était ni du goût de l’Administration américaine, ni de la CIA et du Département d’État ; ces deux derniers, en particulier, ont souligné que cette politique d’affrontement avec la Syrie était une erreur stratégique. Mais Israël et le lobby pro-israélien ont convaincu l’Administration de les suivre sur cette voie19. Ils ont utilisé le même argument que précédemment avec l’Irak, à savoir que la Syrie était une dangereuse menace pour Israël mais aussi pour les États-Unis20. On se demande bien en quoi la Syrie pouvait représenter un danger pour les États-Unis. Les dirigeants israéliens ne reculent devant aucun mensonge, au contraire ; ces contre-vérités ont de graves conséquences en déstabilisant la région et au-delà.

Après la chute de Saddam, les Israéliens déclarèrent que la Syrie était au moins aussi dangereuse que l’Irak. Le stratège israélien, Yossi Alpher, livrant le point de vue de l’État hébreu sur la Syrie, expliquait que « la Syrie avait un fort pouvoir de nuisance, beaucoup plus fort que celui de l’Irak ». Le Washington Post a rapporté à la mi-avril 2003 que Sharon et Mofaz s’employaient à attiser la campagne contre la Syrie en abreuvant les États-Unis de rapports secrets sur les agissements du président Bachar Al Assad21 et la dissimulation sur son sol d’armes irakiennes22. Israël et son lobby aux États-Unis ont commencé leur campagne anti-syrienne dès 199623. La situation actuelle n’en est que la conséquence directe.

Pour ceux qui s’imaginent que la volonté de faire tomber la Syrie date de 2011 à la suite des “massacres” supposés de la population civile syrienne par Assad, voici de quoi leur faire revoir leur jugement : en avril 2003 (8 ans avant le Printemps arabe et syrien), Paul Wolfowitz, un néoconservateur juif, a déclaré qu’ « un changement de régime était indispensable en Syrie », et Richard Perle, lui aussi néoconservateur juif, dit à un journaliste : « nous pourrions délivrer un message très bref, message de cinq petits mots aux autres régimes hostiles en Orient : “C’est votre tour maintenant” »24.

Compte tenu de ces données, de la constante agressivité d’Israël envers la Syrie et de son soutien ouvert aux terroristes, il est évident que, in fine, la guerre peut-être à venir entre la Russie et les Etats-Unis, qui devrait débuter en Syrie, aura pour seul bénéficiaire l’Etat d’Israël. Son objectif étant — comme à la fin de la Première Guerre mondiale avec la Grande-Bretagne — de faire réaliser son projet dément par les Etats-Unis qui sont censés détruire le régime et l’armée syrienne et chasser la Russie de la région, afin d’ouvrir définitivement la voie au Grand Israël qui doit s’étendre jusqu’à l’Euphrate, c’est-à-dire sur le cadavre de la Syrie.

Quand la grande catastrophe mondiale aura eu lieu, il ne faudra pas oublier qui sont les véritables responsables.


Jean TERRIEN.

_____

1. Lavrov : Les Etats-Unis protègent un groupe jihadiste en Syrie : <http://aa.com.tr/fr/monde/lavrov-les-etats-unis-prot%C3%A...>.

2. Russia Today, 27/09/2016.

3. 20 minutes, Syrie : L’armée russe déploie des systèmes de défense antiaérienne S-300, 05/10/2016.

4. Sputnik news, Moscou annonce ses intentions d’abattre tout missile menaçant en Syrie, 06/10/2016.

5. Benjamin Netanyahou, Three Pinciple Key to Defeat of Terrorism, Chicago Sun Times, 7 janvier 2002.

6. Dana Hearn, AIPAC Policy Conference, 21-22 April 2002, Journal of Palestine Studies 31, n° 4, été 2002, pp. 66-79.

7. Letter to President Bush on Israel, Arafat, and the World on Terrorism, Project for the New American Century, 3 avril 2002, en ligne sur www.newamericancentury.Org/bushletter-040302.htm

8. Voir : Murray Friedman qui explique que le néoconservatisme est une invention juive dans The Neoconservative Revolution : Jewish Intellectuals and the Shaping of Public Policy. Voir aussi l’article de Gal Beckerman dans le journal de la communauté juive new- yorkaise The Forward, The Neoconservative Persuasion, 6 janvier 2006.

9. Max Boot, What the Heck is a Neocon ?, Wall Street Journal, 30 décembre 2002.

10. Walt et Mearsheimer, La politique étrangère américaine et le lobby pro-israélien, 2007, La Découverte.

11. Oded Yinon’s A strategy for Israel in the Nineteen Eighties, 1982. Nouvelle traduction à partir de l’anglais, Le Plan sioniste pour le Moyen-Orient, Sigest, Paris, 2015.

12. Seymour Hersh, The Syrian Bet, art. cit. ; Molly Moore, Sharon Asks U.S. Pressure Syria on Militant, Washington Post, 17 avril 2003 ; Ori Nir, Jerusalem Urges Bush ; Next Hezbollah, Forward, 11 avril 2003 ; Ori Nir, Sharon Aide Makes the Case for U.S. Action against Syria, Forward, 18 avril 2003 ; Marc Perelman, Behind Warnings to Damascus : Reassessment of Younger Assad, Forward, 18 avril 2003 ; et Daniel Sobelman et Nathan Guttman, PM Urges U.S. to keep on Syria, Calls Assad « dangerous », Haaretz, 15 avril 2003.

13. La citation de Sharon et sa liste d’exigences sont tirées de Daniel Sobelman et Nathan Guttman, PM Urges U.S. to Keep Heat on Syria. Voir également Molly Moore, Sharon Asks U.S., art. cit. Cité par Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 299.

14. Herb Keinon, Sharon Criticized for Public Declaration on Syria-U.S. Tension, Jerusalem Post, 16 avril 2003.

15. Cité dans Ori Nir, Sharon Aide Makes the Case, art. cit. Voir également DeYoung, U.S. Toughens Warning, art. cit. ; et Molly Moore, Sharon Asks U.S.

16. Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 299.

17. Dans le journal Forward, cité par Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 299.

18. Ze’ev Schiff, The Peace Threat from Damascus, Haaretz, 8 décembre 2003. Voir le détail des offres de paix de la Syrie dans Walt et Mearsheimer, op. cit., chap. 9.

19. Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 298.

20. Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 298.

21. Rapporté par Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 300.

22. Cité par Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 300. Voir note 51, p. 475.

23. Voir : Walt et Mearsheimer, op. cit., p. 300.

24. Wolfowitz cité dans Nathan Guttman, Some Senior U.S. Figures Say Syria Has Crossed the Red Line, Haaretz, 14 avril 2004 ; Perle cité dans Michael Flynn, The War Hawks : The Right Flexes Muscle with New U.S. Agenda, Chicago Tribune, 13 avril 2003.

 

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