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09/02/2016

François Hollande a totalement échoué, notamment en matière de chômage !

 

Encore un Plan qui passe complètement à côté de l’essentiel. Mais quand la gauche comprendra-t-elle que les entreprises ont besoin de respirer pour pouvoir embaucher ?

Lors de vœux adressés au monde de l’entreprise au Conseil économique, social et environnemental (CESE) le 18 janvier dernier, François Hollande a annoncé une batterie de mesures destinées à avancer sur le terrain de l’emploi. Ces mesures incluent une prime à l’embauche de 2000 euros, un élargissement des baisses de charges « patronales » du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un plan de formation de 500 000 chômeurs, une relance de l’apprentissage, une réforme de l’auto-entrepreneuriat ou encore une ouverture à la négociation sur le droit du travail et l’assurance chômage.

À un an de l’élection présidentielle, alors que François Hollande a échoué lamentablement à faire reculer le chômage malgré ses promesses répétées d’inverser la courbe, ce plan de la dernière chance s’apparente en fait à un cache-misère et à une vaste manipulation statistique pour faire sortir un grand nombre de chômeurs des statistiques de demandeurs d’emploi.

L’exécutif doit faire face à un véritable constat d’échec en matière de lutte contre le chômage, malgré un taux de croissance de l’économie de 1,1 % en 2015. La plupart des politiques publiques en matière d’emploi ont consisté en une augmentation des dépenses, en la création d’emplois publics et d’emplois aidés, et en diverses déductions fiscales pour alléger la facture des entreprises. Ce plan emploi, dont le coût global serait de 2 Milliards , ne fait pas exception. Il est présenté alors que le nombre de demandeurs d’emploi atteint un plus haut historique de 3 590 600 demandeurs d’emploi de catégorie A (sans emploi, recherche active d’emploi) et de 6 175 300 demandeurs d’emploi toutes catégories confondues. Cela représente une augmentation respectivement de 23 % et de 24 % du nombre de demandeurs d’emploi depuis le début du mandat de François Hollande en mai 2012. Si François Hollande fait remarquer avec raison que la mutation de l’économie est extrêmement rapide, ces mesures ne sont absolument pas à la hauteur de la tâche, et ne servent finalement qu’à préparer sa réélection.

Nombre de demandeurs d’emploi

Nombre de demandeurs d'emploi

chiffres Pôle emploi

Le tour de magie statistique du plan de formation

François Hollande a annoncé un plan de formation dont le coût est évalué à 1 Md€, et qui consisterait dès 2016 à former 500 000 chômeurs dans les métiers du numérique et de l’énergie et dans les secteurs où l’offre d’emploi est importante, mais où il manque de personnel qualifié. Si la volonté de former les chômeurs est évidemment une orientation louable, puisque chaque année, entre 140 000 et 150 000 jeunes sortent du système scolaire sans qualification, la formation professionnelle est inutile si elle ne correspond pas aux besoins des entreprises et si la croissance économique est insuffisante.

L’avantage pour l’exécutif d’un plan aussi large de formation est surtout que les 500 000 chômeurs de catégorie A passeront en catégorie D et sortiront donc des statistiques du chômage. À un an des élections présidentielles, on peut donc penser qu’il s’agit d’une manœuvre statistique politicienne pour faire artificiellement baisser le taux de chômage officiel – qui, rappelons-le, est calculé par rapport au nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A à Pôle emploi. De plus, il est tout à fait impossible de mettre en place un plan aussi vaste de formation, car ces 500 000 chômeurs viendraient se rajouter au cortège existant des candidats à une formation, et la dépense publique viendrait se rajouter aux 32 Mds€ déjà dépensés pour la formation professionnelle continue et pour l’apprentissage.

Un plan d’urgence, mais des mesures limitées

La deuxième mesure majeure est la prime à l’embauche de 2000 euros, qui sera accordée sur deux ans pour toute nouvelle embauche dans les entreprises de moins de 250 salariés, pour un salaire entre 1 et 1,3 SMIC, et pour tout contrat signé en CDI ou en CDD de plus de six mois. Mais comme on a pu le constater avec la mise en place du pacte de responsabilité et du CICE, l’effet sur l’emploi a été quasi-inexistant. De plus, l’effet d’une prime à l’embauche ne porte que sur les nouvelles embauches, mais ne permet pas de réduire durablement le poids du coût du travail. La plupart des entreprises préféreront donc embaucher des personnes sur des contrats courts de six mois, plutôt que de prendre le risque d’embaucher en CDI.

Les entreprises n’ont pas besoin d’être subventionnées par l’État pour embaucher. Elles ont avant tout besoin que la productivité du salarié soit suffisamment supérieure au coût global de sa rémunération ; que l’embauche puisse être facilement défaite en cas d’inadaptation ou d’improductivité de l’employé ; que le temps de travail, la rémunération et les autres modalités du contrat de travail soit négociables facilement ; ou encore que leurs opportunités commerciales s’élargissent. Ce plan d’urgence pour l’emploi semble donc ne pas engager les réformes de fond dont les entreprises françaises ont besoin pour embaucher à nouveau. Il semble avant tout destiné à préserver l’emploi actuel du Président de la République…

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