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28/01/2016

L' année 2015 est incontestablement une annus horribilis sur le plan démographique.

35 % de naissances allogènes en France,

65 % en Ile-de-France : qui dit mieux ?

 

Au 1er janvier 2016, la France comptait 66,6 millions d’habitants, selon les chiffres du recensement dévoilés ces jours-ci par l’Insee. Avec une baisse très notable des naissances, le pire chiffre depuis 1999, et un nombre de décès au plus haut depuis la Seconde Guerre mondiale, 2015 est incontestablement une annus horribilis sur le plan démographique.  Avec 19 000 naissances de moins, 2015 connaît une aggravation de la « crise des berceaux » qui certes ne date pas d’aujourd’hui mais qui s’est accrue. Le taux de fécondité (ou indice conjoncturel de fécondité) passe sous la barre symbolique de deux enfants par femme. Avec 1,96 enfant par femme, il rejoint le niveau de 2005. Et encore l’on compte là l’ensemble des naissances en France. Si l’on ne prenait en considération que les naissances d’enfants français de souche, on serait plutôt autour de 1,5 enfant par femme.

Il est une façon commode de savoir le nombre d’enfants d’origine extra-européenne qui naissent dans notre pays, c’est le dépistage de la drépanocytose qui est une maladie héréditaire particulièrement répandue dans les populations d’origine africaine subsaharienne, des Antilles, d’Inde, du Moyen-Orient et du bassin méditerranéen et qui est aujourd’hui la première maladie génétique en France et probablement dans le monde. Les maternités françaises réalisent systématiquement des dépistages pour les bébés issus de parents nés dans ces régions du monde. On apprend ainsi que 35 % des nouveau-nés subissent le dépistage de la drépanocytose, et ce taux atteint 65 % (nous disons bien 65 % en Ile-de-France). Et dans son allocution lors des premières journées du Carrefour de l’horloge (nous reviendrons sur cet événement la semaine prochaine), Jean-Yves Le Gallou annonça qu’en 2024 la majorité des enfants nés en France subiraient ce test, c’est-à-dire que la majorité absolue des naissances dans notre pays serait alors étrangère. 2024, ce n’est pas dans 20 ou 30 ans, c’est dans huit ans seulement, c’est-à-dire demain matin ! C’est dire la course contre la montre qui est engagée entre les nationaux et les cosmopolites pour que la France reste majoritairement française. On le voit, le combat est hélas loin d’être gagné d’avance.

 

Si la baisse de la fécondité n’est pas une surprise ni une nouveauté tant nous y sommes habitués depuis plus de quarante ans, ce qui frappe, dans les derniers chiffres de l’INSEE, c’est l’augmentation très significative des décès et la baisse de l’espérance de vie. La France a enregistré 600.000 décès en 2015 : notre pays n’avait jamais connu autant de morts depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce qui n’est pas rien. Avec 41 000 décès de plus qu’en 2014, soit une augmentation de 7,3 %, 2015 fait figure d’année noire. « Les taux de mortalité se sont accrus aux âges élevés principalement du fait de conditions épidémiologiques et météorologiques peu favorables », précise l'Insee qui a identifié trois phénomènes de surmortalité : l’épisode grippal très long des trois premiers mois de l’année, responsable à lui seul de 24 000 morts, l’épisode de canicule qui a entraîné 2 000 décès, et la vague de froid du mois d’octobre à l’origine de 4000 disparitions.

L’espérance de vie à la naissance connaît par ailleurs une baisse notable de 0,4 an pour les femmes et 0,3 an pour les hommes par rapport à 2014. C’est le phénomène sans doute le plus frappant de ce bilan démographique. En 2015, une femme a une espérance de vie de 85 ans et un homme de 78,9 ans, soit un écart de 6,1 ans. Cette diminution est une première en France depuis 1969, même si l’espérance de vie des femmes avait déjà diminué en 2002 et 2012, mais cette fois la baisse affecte indistinctement les deux sexes.

 

Si les épisodes climatiques expliquent en partie cette mauvaise surprise, il y a bien évidemment d’autres causes qui sont évidemment occultées par l’INSEE. Notre ami Petrus Agricola a toujours prédit que l’espérance de vie finirait dans un premier temps par se stabiliser, puis dans un second par reculer du fait des mauvaises conditions de vie liées à une modernité destructrice de la nature, de l’homme, de l’animal. L’air qu’on respire est pollué, la nourriture que l’on ingère est souvent de mauvaise qualité. Comme le note un article du Point pour une fois lucide « depuis plusieurs années, l’augmentation de l’espérance de vie est due pour l’essentiel à la diminution de la mortalité des plus de 65 ans. Pour les autres tranches d’âge, le taux de mortalité ne baisse pratiquement plus. Et si les personnes âgées vivent longtemps — la France compte plus de 20 000 centenaires, du jamais vu dans l’histoire de notre pays —, c’est le résultat d’une situation très particulière, qui ne se reproduira plus : les plus de 80 ans sont nés entre les deux guerres mondiales, majoritairement à la campagne, dans un environnement peu pollué, avec une alimentation bien plus saine que celle d’aujourd’hui, et un mode de vie beaucoup moins sédentaire. Par ailleurs, ils ont bénéficié, surtout dans la seconde moitié de leur vie, sans conteste, des progrès de la médecine. Malheureusement, les générations suivantes — en particulier celles nées à partir des années 1960, ont été confrontées dès leur naissance à la pollution, aux effets de l’industrialisation, de l’agriculture, à une alimentation de médiocre qualité nutritionnelle et à la sédentarité. Si l’on s’en tient aux chiffres de la Caisse nationale d’assurance maladie, on constate que les maladies chroniques explosent. C’est le cas du diabète, des maladies cardiovasculaires, qui ont progressé 5 fois plus vite que la population, et des cancers, 4 fois plus, avec une incidence chez les adolescents de + 1,5 % par an depuis 30 ans. Ces pathologies sont autant de menaces pour l’espérance de vie qui ne pourra malheureusement, si rien n’est entrepris, que continuer à diminuer. Sachant que le capital santé s’acquiert essentiellement entre la naissance et la fin de l’adolescence, celui des générations futures est donc fortement entamé et on peut douter que les enfants d’aujourd’hui vivent aussi longtemps que leurs parents. »

Sait-on assez qu’un Français sur trois contracte aujourd’hui un cancer ? Quelle est la famille dont un ou plusieurs de ces membres ne sont pas touchés par cette maladie bien souvent mortelle ? Et comment croire que des enfants qui, dès le plus jeune âge, dévorent des hamburgers bien gras dans des McDo, utilisent pendant des heures quotidiennement leur téléphone portable malgré la nocivité des ondes, ne pratiquent aucune activité physique, consomment des boissons et des aliments excessivement sucrés en regardant la télévision ou en surfant sur Internet, vivent dans des mégalopoles surpeuplées et surpolluées, qui connaîtront demain des conditions de travail extrêmement stressantes avec la pression des grands patrons de multinationales, le poids des embouteillages en voiture ou les problèmes récurrents dans les transports en commun, la fatigue de l’utilisation intensive de l’ordinateur, la précarité des conditions de travail, la fragilité chaque jour croissante du couple et du foyer familial du fait de l’individualisme forcené et de la perte des repères moraux et spirituels, feront pour la plupart d’entre eux de vieux os ? D’autant que la qualité de la médecine et de l’hôpital en France ne cesse aujourd’hui de se dégrader avec le poids chaque jour plus important d’allogènes tant parmi les patients que chez les personnels soignants. Décidément, nous ne sommes plus dans le temps des Trente glorieuses (sur lesquelles il y aurait certes beaucoup à dire… et à redire !) mais dans celui des Trente piteuses !

 

 

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