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12/11/2014

Les leçons de l' affaire Jouyet-Fillon .

Fillon-Sarkozy : le combat des lilliputiens

 

Décidément sous la présidence de François Hollande il ne se passe quasiment pas une semaine sans qu’il y ait un nouveau scandale d’Etat mettant en cause ses proches. C’est désormais le secrétaire général de l’Elysée Jean-Pierre Jouyet qui est mis sur la sellette, ainsi que François Fillon. Résumons rapidement les étapes de ce dossier qui montre une fois de plus les méthodes et les mœurs détestables des politiciens de leur “Ripoublique”. Tout commence le 5 novembre avec la diffusion dans Le Nouvel Observateur des bonnes feuilles du livre Sarkozy s’est tué, écrit par les journalistes du Monde Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Selon eux, François Fillon a sollicité une accélération des poursuites visant Nicolas Sarkozy auprès de l’Élysée, à l’occasion d’un déjeuner avec le secrétaire général de l’Élysée. Les deux hommes se connaissent bien, puisque Jouyet a été « ministre d’ouverture » sous le gouvernement Fillon, comme secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, preuve une fois de plus de la connivence entre la droite et la gauche du Système et de la porosité entre les différents partis de l’Etablissement qui font la même politique, obéissent aux mêmes lobbies, sortent des mêmes écoles et fréquentent les mêmes cénacles. Dès le lendemain, Fillon qui, rappelons-le, fut pendant cinq ans Premier ministre de Sarkozy, de mai 2007 à mai 2012, ce qui rend sa démarche auprès de Jouyet, si elle est confirmée, particulièrement abjecte, dément catégoriquement, soutenu par le troisième homme du déjeuner, son ancien directeur de cabinet Antoine Gosset-Grainville. De même pour le secrétaire général de l’Élysée, qui réfute également auprès de l’AFP avoir parlé aux journalistes.

 

Mais patatras, dès le 8 novembre, Le Monde apporte de nouveaux éléments et dit détenir un enregistrement au cours duquel le proche collaborateur de François Hollande confirme l’entreprise de François Fillon. L’ancien Premier ministre annonce alors qu’il va porter plainte. Son collaborateur Jérôme Chartier parle carrément de “complot” devant les caméras de télévision. À l’Élysée comme au PS on observe de Conrart le silence prudent. Les amis de Nicolas Sarkozy se montrent, eux aussi, discrets. Nouveaux rebondissements dimanche 9 novembre : les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme assurent tenir leurs preuves à la disposition de Thémis : « On a l’enregistrement (au cours duquel Jouyet leur confirme que Fillon lui a demandé de “taper” (sic !) sur Sarkozy), il est béton. Cet enregistrement, nous le produirons en justice si la justice le réclame », indique, faraud, Gérard Davet à l’AFP. Sans doute inquiet par l’existence de cet enregistrement, Jean-Pierre Jouyet fait alors volte-face. Dans un texte lu à l’AFP, il explique : « Les déclarations et les articles de presse, que je déplore, me conduisent à apporter les précisions suivantes. J’ai déjeuné le 24 juin dernier, à titre privé, avec François Fillon et Antoine Gosset-Grainville, une relation commune. Nous avons abordé de nombreux sujets concernant le pays et la situation politique. François Fillon m’a fait part de sa grave préoccupation concernant l’affaire Bygmalion. Il s’en est déclaré profondément choqué. C’est ce que j’ai indiqué aux journalistes du Monde qui m’ont interrogé. Il a également soulevé la question de la régularité du paiement des pénalités payées par l’UMP pour le dépassement des dépenses autorisées dans le cadre de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. J’ai fait part à mes interlocuteurs du fait que la présidence de la République ne pouvait rien s’agissant de cette procédure relevant de la justice. J’ai également rappelé que, depuis mai 2012, il n’y a plus aucune intervention de la présidence de la République dans une procédure judiciaire. »

Dans le camp Fillon on accuse le coup. Fichu pour fichu, Fillon sait que s’il avoue ses ambitions politiques s’envolent. Il se voit donc contraint de tout nier en bloc, ce qui paraît a priori peu crédible, sauf à penser que les deux journalistes ont menti et qu’il n’existe aucun enregistrement. L’ex-Premier ministre accuse donc directement sur TF1 Jean-Pierre Jouyet de mensonge et nie avoir évoqué la questions des pénalités de la campagne de Sarkozy avec le secrétaire général de l’Élysée. Il nie également avoir requis une accélération des procédures judiciaires. Le député de Paris estime faire face à une machination visant à « abattre Fillon et Sarkozy d’une seule balle » et promet qu’il rendra « coup pour coup ». « Si Monsieur Jouyet n’a pas prononcé ces paroles, il devrait lui-même porter plainte contre les journalistes du Monde » a estimé un Fillon blanc comme un linge.

 

Et comme si cela ne suffisait pas, le Journal du dimanche révèle que le ministère de l’Economie avait donné en novembre 2013 son aval au paiement par l’UMP, à la place de Nicolas Sarkozy, des pénalités pour le dépassement de ses comptes de campagne. Mais revirement, une semaine seulement après le fameux déjeuner entre Fillon et Jouyet : une enquête préliminaire pour « abus de confiance » est ouverte au sujet de la prise en charge des pénalités, ce qui laisse à penser que, conformément à la demande de Fillon de “taper” sur Sarkozy de crainte d’un retour victorieux de ce dernier sur la scène politique, le secrétaire général de l’Elysée est bien intervenu auprès du président et/ou du gouvernement pour que Sarkozy soit directement mis en cause dans cette affaire sur le plan judiciaire.

On voit une nouvelle fois que les politiciens, à l’instar des mafieux et des malfrats, ne répugnent devant aucun coup bas, ne rechignent devant aucun mensonge, aucune lâcheté, aucune trahison lorsqu’il y va de leurs intérêts personnels, de leur carrière et lorsqu’il s’agit de mettre à terre un concurrent jugé dangereux. Toute l’histoire de la pseudo-droite sous la Ve République est une succession de coups tordus entre Chirac et Giscard, Chirac et Balladur, Chirac et Barre, Chirac et Sarkozy, Sarkozy et Juppé, Sarkozy et Fillon. Et l’on pourrait en dire de même à gauche, notamment avec Mitterrand et Rocard. Et la liste n’est évidemment pas exhaustive. Pour être honnête, c’est également vrai au Front national avec Jean-Marie Le Pen et Bruno Mégret, Marine Le Pen et Bruno Mégret, Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, sauf que ces derniers n’ont pas été jusque-là aux affaires.

 

La démocratie corrompt tout, l’ambition détruit tout. Mais ces manœuvres et règlements de compte minables, pathétiques entre ces lilliputiens de la politique sont d’autant plus dérisoires et sordides que le vrai pouvoir est depuis belle lurette ailleurs que dans les mains des politiciens de l’UMPS. Il est à Bruxelles, à Tel Aviv et à Washington. Il est au Congrès juif mondial et à toute une série d’organisations supranationales et mondialistes. Par conséquent, les calculs mesquins d’un Fillon ou d’un quelconque autre faquin, coquin ou aigrefin de la classe politique n’ont finalement aucune espèce d’importance. Tous ces menteurs professionnels ne sont rien, ne valent rien, qu’ils retournent tous au néant dont ils n’auraient jamais dû sortir. La France ne s’en porterait que mieux !

 

 

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