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06/11/2014

La désinformation systématique des sondages sur les Catholiques .

 

 
Les Catholiques français semblent intéresser les instituts de sondage. On pourrait éventuellement s’en réjouir, mais encore faut-il regarder attentivement ce qui est dit à leur sujet. Ainsi, fin octobre 2014, l’IFOP vient de réaliser une enquête d’opinion. Le but était de consulter les Catholiques sur différents thèmes à la mode : contraception, avortement, remariage, homosexualité. Des thèmes chers à la gauche sociétaliste et à l’idéologie libérale-libertaire.
A première vue, les conclusions que l’IFOP tire du sondage sont sans appel. A lire les tweets de l’IFOP, l’Eglise catholique serait en décalage total par rapport à ce que pensent les Catholiques. Ainsi on peut consulter les tweets suivants publiés le 29 octobre 2014 :
Tweet IFOP
D’après l’IFOP, « l’Eglise doit faire évoluer ses positions ». C’est quasiment un ordre, martelé dans chaque tweet. Et toujours d’après l’IFOP, cet ordre viendrait des Catholiques eux-mêmes. C’est le diktat que l’IFOP veut nous vendre et que nous allons examiner de plus près dans la suite de l’article.
Comme il apparaîtra progressivement, le sondage dit en réalité exactement le contraire de ce qu’affirme l’IFOP. Cette situation rappelle un autre sondage récent publié par Odoxa, dont la conclusion prétendait que Marine Le Pen était rejetée par les Français, alors que les données du sondage lui-même montraient en réalité que celle-ci bénéficie de la cote d’adhésion et de soutien la plus élevée de toutes les personnalités testées dans le sondage. Une conclusion aberrante en totale contradiction avec ce qui dit le sondage lui-même, si on se donne la peine de le lire d’un peu plus près.
 
Un sondage reposant en réalité sur les non-pratiquants
 
L’IFOP nous informe que le sondage concerne 1761 personnes se déclarant catholiques, sélectionnées à partir d’un échantillon plus vaste de 3003 personnes représentatives des Français en général.
 
Eventuellement, on peut regretter que l’IFOP n’ait pas cherché à distinguer, parmi les 1761 réponses, celles qui seraient plutôt Catholiques de tendance traditionnelle des autres Catholiques, car on peut penser ou imaginer que les réponses des Catholiques « tradi » ne sont sans doute pas exactement les mêmes. Mais peu importe, le plus important n’est pas là.
L’IFOP distingue les Catholiques pratiquants des non-pratiquants, une distinction évidemment utile et tout à fait pertinente. Ce qui est gênant, voire une forme de malhonnêteté, c’est que l’IFOP ne précise pas combien il y a de Catholiques pratiquants et de non-pratiquants dans les réponses. La proportion entre l’une et l’autre catégorie peut néanmoins être déduite des tableaux fournis. Il apparaît alors qu’il y a environ 7 fois plus de réponses émanant de non-pratiquants que des Catholiques pratiquants.
En d’autres termes, la première conclusion à tirer, c’est que le sondage de l’IFOP reflète de façon écrasante, dans un ratio de 1 à 7, l’opinion des non-pratiquants. D’ailleurs, l’IFOP reconnaît dans ses propres conclusions que la « demande » [sic] « d’adaptation du discours » de l’Eglise « émane en priorité des non-pratiquants ».
Screenshot - adaptation du discours - Ifop
 
La première interrogation de principe que l’on est en droit de formuler est la suivante : concernant ce que doit faire ou ne doit pas faire l’Eglise Catholique, combien pèse un sondage basé sur l’opinion des non-pratiquants ? Pourquoi ne pas interroger aussi des Musulmans ou des Bouddhistes ? Pourquoi faudrait-il que l’Eglise et les Catholiques pratiquants se plient aux désidérata des non-pratiquants ?
 
De l’omission au mensonge pur et simple
 
A ce point, nous avons déjà établi deux faits :
- l’IFOP a omis de donner la proportion et le nombre des pratiquants et non-pratiquants,
- le sondage de l’IFOP reflète de façon écrasante l’opinion des non-pratiquants.
Mais, là où l’on passe carrément de l’omission et de la tentative de manipulation au mensonge pur et simple, c’est que l’IFOP va jusqu’à prétendre que les Catholiques pratiquants iraient aussi dans le sens des non-pratiquants. Ainsi L’IFOP déclare : « les Catholiques pratiquants [...] sont aussi favorables à des évolutions, mais de manière moins nette et moins massive. »
Les données du sondage fournies par l’IFOP indiquent pourtant exactement l’inverse sans aucune ambiguïté. Entre mars 2009 et octobre 2014, à savoir en 5 ans, le pourcentage de Catholiques pratiquants qui souhaitent que l’Eglise catholique maintienne ses positions a augmenté :
- de 24 à 33 %, en ce qui concerne la contraception,
- de 31 à 49 %, en ce qui concerne l’avortement, (+18 % en 5 ans!)
- de 28 à 29 %, en ce qui concerne le remariage des divorcés,
- de 48 à 53 %, en ce qui concerne l’homosexualité.
Autrement dit, sur tous les sujets testés dans l’enquête, les Catholiques pratiquants sont de plus en plus massivement et de plus en plus nettement hostiles à des modifications de la doctrine de l’Eglise, contrairement aux affirmations de l’IFOP. En particulier, on notera que les Catholiques pratiquants hostiles à l’avortement sont en passe de devenir majoritaires (un bond de 31 à 49 %, +18 % en 5 ans). Peut-être le sont-ils d’ailleurs déjà, si on prend en compte la marge d’erreur ?
 
Conclusion
 
L’évolution qui transparaît dans le sondage est donc à l’exact opposé des conclusions de l’IFOP à la fois sur son site et dans ses tweets.
La réalité est que l’IFOP essaye de noyer dans le brouhaha sondagier des non-pratiquants l’évolution claire et nette des Catholiques pratiquants vers le maintien et la défense des positions adoptées par l’Eglise Catholique jusqu’à présent.
Un exemple caractérisé de bobard et de désinformation, qu’il faut sans doute mettre en perspective par rapport aux tentatives de déstabilisation du synode récent à Rome.
 

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